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    Prostitution : Pourquoi pas la pénalisation du client ?

     

    Débat sur le projet de loi instituant « la pénalisation du client »   dans l’usage de la prostitution.

    Il y a tout juste 65 ans, la loi “Marthe Richard” fermait les maisons closes. Durant de nombreuses années, la France a  ensuite mené une politique abolitionniste visant, tout à la fois, à protéger les personnes prostituées et à décourager les pratiques prostitutionnelles. En 2003, la position française s’est troublée avec l’entrée en scène de la logique sarkozyste et sécuritaire et l’incrimination du racolage passif aux effets catastrophiques sur la situation sanitaire et sociale des personnes prostituées. Aujourd'hui, suivant une approche toute différente, le rapport de la mission parlementaire sur la prostitution, présidée par la députée Danielle Bousquet  propose de pénaliser le client.

     

    Contribution 1

     

    Je m'amuse toujours (les bons jours) à déplorer la propension excessive des politiques à confondre les problèmes, les causes et conséquences de ces problèmes, et se vautrer complaisemment dans le traitement symptomatique de ces problèmes, c'est-à-dire traiter les conséquences (Sarkozy est un champion dans ce domaine), effets d'annonce garantis, mais résolutions des problèmes, ZERO RESULTAT.

     

    La prostitution, le plus vieux métier du monde : déjà cela devrait forcer à une certaine humilité quant à l'approche du problème lui-même.

     

    La prostitution est en effet un bon exemple.

     

    Effet d'annonce, "on va pénaliser le client". Effet garanti, c'est le buzz depuis deux semaines…Se pose la question des libertés individuelles (plus boire, plus fumer, plus conduire vite si je veux, bientôt plus baiser qui je veux, fais chier merde (je résume sa pensée de certains et je pratique leur dialectique) ! Que la mère Bachelot aille s'occuper du stockage de ses invendus...avant qu'on la prenne en grippe.

     

    Ceci dit, soyons sérieux.

     

    Dans la prostitution, il y a (au minimum) deux problèmes : la prostitution et le proxénétisme. Déjà, confusément on sent que ce n'est pas la même chose, malgré le fait établi du lien qui les unit, sans prostitution, pas de proxénétisme, avec le proxénétisme,  de la prostitution.

     

    Quelles sont les causes de la prostitution (classées en vrac, sans hiérarchie) :

     

    - la misère matérielle (pour les femmes),

    - la misère sexuelle (pour les hommes, on ne rit pas mesdames, çà existe),

    - la misère matérielle (pour les hommes)

    - les traumas psychologiques (pour les hommes, Caubère l'a bien exprimé)

    - les traumas psychologiques (pour les femmes aussi)

    - un choix de vie (temporaire ou définitif, mais est-ce un choix lorsqu'il résulte des causes qui précèdent?).

     

    Au fait, il y a aussi des hommes qui se prostituent, mais ma petite liste peut s'appliquer client-cliente, prostitué-prostituée, hétéro-hétéro, LGBT-LGBT, je n'ai oublié personne j'espère.

     

    On pourra me dire, mais les call-girls, ce n'est pas pareil : oui c'est vrai, ce n'est pas pareil, c'est beaucoup plus cher, mais les réseaux mafieux s'y intéressent aussi (eh oui, c'est beaucoup plus cher...) et le fait d'améliorer le packaging ne change pas fondamentalement la nature du produit (du délit?) : vous remarquerez qu'il était difficile d'éviter l'écueil de la vulgarité en faisant des digressions faciles du style une pute dans la soie c'est toujours une pute, mais vous voyez je ne l'ai pas dit.

     

    Donc, les problèmes évoqués plus avant sont liés à des causes sociétales qui méritent une approche sociétale pour les résoudre ou en atténuer les effets pour le moins. Les réponses sont : lutte contre le chômage, augmentation du pouvoir d'achat, accès à la psychanalyse pour les personnes défavorisées, régularisation des sans-papiers (précarité peut aussi dire prostitution)

     

     

    contribution 2

     

    La pénalisation du client c'est vraiment regarder le problème par le petit bout de la lorgnette. On ne va ajouter que de la précarité à la précarité, sans rien résoudre. Au contraire, le fait d'augmenter la précarité va également augmenter la prostitution organisée par les proxénètes et les réseaux mafieux.

    Le vrai problème c'est l'exploitation d'êtres humains (de l'esclavagisme, oui, osons le mot) comme le rappelle les différentes commissions de travail (combien en 30 ans?). J'attends que l'Europe s'organise efficacement (= volonté politique, budget, moyens) pour lutter contre les réseaux de prostitution et tous les syndicats du crime en général.

     

    Que ceux qui ironisent sur le risque (excitation) supplémentaire que représenterait la Pénalisation du client, se rendent compte que la peine en question c'est la(e) prostitué(e) qui la subira tous les jours dans la détérioration (s'il était encore possible...) de ses conditions d'existence.

     

    Alors veut-on simplement voir moins de prostituées sur la voie publique, parce que cela dérange notre bonne conscience de bien nourris, et emmerder les clients, dont beaucoup ont une condition sociale peu enviable, et leur soutirer le peu d'argent dont ils disposent au nom d'une morale qui n'a rien à faire à cet endroit ? Moi j'appelle çà du Sarkozysme. On peut faire un parallélisme troublant avec la pénalisation du toxicomane...car il est plus facile de faire de la répression sur ceux et celles qui sont sans défense face à la société que de s'attaquer aux racines du mal. J'en parle d'autant plus facilement que jamais je n'ai fait de ma vie "commerce" avec une prostituée, mon code moral est que je trouve cela dégradant pour moi-même (payer pour...) Mais c'est facile de dire cela quand on a la chance de vivre dans des conditions satisfaisantes, affectivement et matériellement.

     

    Alors je pense qu'il faudrait un peu plus de compassion pour les êtres humains (même s'ils sont imparfaits aux yeux de certains), et un peu plus d'efficacité dans la résolution des vrais problèmes.

     

    Stéphane, Luxembourg

     

     

    Contribution 3

     

     De mon point de vue, traiter les causes et les conséquences ne doit pas empêcher, bien au contraire, de traiter les problèmes.


    Pour les causes et les conséquences : lutter contre le chômage, pour l'augmentation du pouvoir d'achat, pour la santé physique et psychologique des personnes défavorisées et pour la régularisation des sans papiers sont des objectifs que je m'attache à défendre sans faiblir lors de mon mandat.


    Pour les problèmes : poser la question de la pénalisation du client des prostituées ne me semble pas tabou, ni une façon d'écarter les causes et les conséquences. Toute proportion gardée, il me semble que chercher un vaccin pour une affection n'empêche pas d'intervenir aussi sur les maux qu'elle provoque directement.


    Claudine Lepage, Sénatrice.

     
    Contribution 4

     

    Je suis interloquée par la quantité d'interventions "hors sujet" parues sur le forum. Je ne crois pas qu'il s'agisse de prohibition, d'atteinte à la liberté, mais seulement au nom d'une certaine égalité pour laquelle nous nous battons tant et qui est le panache blanc du PS, pénaliser " les deux" points. La sexualité pratiquée entre deux adultes consentants, sans marchandage, me parait on ne peut plus normale. Mais il ne s'agit pas de cela...Il ne s'agit pas non plus de tenter d'éradiquer la prostitution mais de mettre ceux qui la pratiquent dans un sens comme dans l'autre sur un pied d'égalité! Mais hélas la prostitution recouvre tout un monde dont certains n'ont peut-être pas fait l'usage: la prostitution homosexuelle, et la prostitution enfantine- Les clients sont quasi tout aussi nombreux que pour la prostitution hétéro qui va de la courtisane des siècles passés à la prostituée des bas fonds en passant par  la call-girl et autres noms plus sophistiqués. Epouser un beau parti d'un coté ou de l'autre sans aucun affect, est aussi une forme de prostitution. Alors rien n'est si simple, mais il faut bien commencer par quelque chose: la pénalisation du client, quelle que soit la forme que revêt l'échange. Pour le moment c'est de cela qu'il s'agit. Je vous renvoie au blog de Claudine Lepage, sénatrice des Français de l’Etranger, et de son texte remarquable et sensible. Et puis pour ceux qui aiment  les prostituées, tranquillisez-vous, le plus vieux métier  du monde a encore de beaux jours devant lui, et le risque de se faire pincer pimentera un peu la chose. C'est-y pas chouette tout ça?

    Suzanne, Amérique du Sud.

    Contribution 5


    L’article de Philippe Caubère, que je copie tout en bas de cet échange pour ceux qui n’ont pas accès à Libération et qui est disponible ici : http://actu.societe.free.fr/?post=1282, va à  l’encontre de la tendance actuelle au tout-répressif. A la tendance aussi à publier des lois inapplicables, celle-ci en particulier n’ayant pour conséquence que d’envoyer un peu plus ce trafic (ce commerce ?) dans la clandestinité la plus nocive pour les prostituées elles-mêmes. On préfère ne pas voir ce qui de toute façon se fera, plutôt que de protéger vraiment celles  qui en ont besoin.

     
    Quant à prendre l’avis des personnes concernées, je doute que l’on ait demandé aux prostituées ce qu’elles en pensaient. Il s’agit plutôt d’une posture morale et moralisatrice qui
    correspond parfaitement à l’air du temps, une croisade morale, nous dit Pascal Bruckner.

    Comment pouvons-nous interdire une relation, quelle qu’elle soit, entre deux adultes consentants ? Pénaliser les clients de prostituées: «C'est faire fi du consentement entre deux
    personnes majeures» , pense l’anthropologue Marie-Elisabeth Handman.
    Et ça m’étonnerait fortement que cette loi s’applique aux grands dirigeants qui s’offrent des call-girls ou autres escort girls à 5000 euros la rencontre pour faciliter la signature de contrats,
    je n’ose pas dire juteux...

    Avec Bayrou, je pense que “la prohibition n'a aucune chance de  marcher”, dans ce domaine comme avec les drogues.

    Thierry, Bresil


    http://www.liberation.fr/societe/01012331686-


    moi-philippe-caubere-acteur-feministe-marie-et-client-de-prostituees
    Je viens de lire dans le Libé du 1er avril (comme une sorte de mauvaise blague) qu’allait être déposée par Mme Roselyne Bachelot une proposition de loi visant à pénaliser les «clients de prostituées» d’une lourde peine s’inspirant du « modèle suédois », c’est à dire une amende (lourde aussi, j’imagine), plus 6 mois de prison. Cette proposition, je cite encore: « ne fait guère débat chez les parlementaires, à gauche comme à droite. Elle est soutenue par la plupart des associations féministes… etc. ». C’est donc sous la bénédiction générale et dans le silence de tous qu’une telle abjection va s’abattre sur nous, - huit ans après celle qui, interdisant
    toute forme de racolage, consista à jeter dans la clandestinité, la précarité, la misère et l’enfer toutes les personnes se prostituant et au désespoir, ainsi que dans cet autre enfer,
    celui de leur solitude ou de leur propre couple, tous ceux qui profitaient de leur secours, de leur savoir, de leurs «services». Au fait, quelle bénédiction ? Celle d’une église ? De toutes ? D’associations religieuses ou morales intégristes ? Pas du tout. Celle de l’état français impartial et laïque, toutes tendances politiques confondues, soutenu, pire du pire, par toutes les associations, -et là, je ne puis que mettre des guillemets, « féministes» !

    Marié pour la deuxième fois, très proche encore et toujours de ma première femme, m’autorisant depuis toujours, amantes, amoureuses ou petites amies (avec tous les ennuis que ça implique…), acceptant naturellement la réciproque (et les ennuis… etc.), je ne représente pas vraiment le prototype du mec frustré, sexuellement ou sentimentalement. Je n’ai pourtant jamais cessé depuis l’âge de 24 ou 25 ans d’avoir des relations -et des rapports- avec des personnes se prostituant. Serait-ce que je serais doté -ou affligé- d’une sorte de libido hors-normes? Je ne le crois pas (hélas, pourrais-je rajouter…). En revanche je sais que ce que je trouve avec une prostituée est une chose unique, que je ne trouverai jamais avec aucune autre personne, dans aucune relation dite « normale ». Il faut bien essayer, au moins de dire, sinon
    comprendre, pourquoi des hommes vont « voir les putes» avant de les punir. Non ? Ne pas vouloir les écouter, encore moins les entendre, se contenter de faire appel à la loi, à l’état, au
    législateur, je ne sais quoi de cet ordre-là, pour pouvoir plus vite et mieux les châtier, les sacquer, les humilier, c’est tout de même un acte d’une extrême indigence, d’une extrême pauvreté, d’une extrême lâcheté. Non ? J’ai vécu longtemps sous la coupe et la dictature d’une femme qui elle non plus ne voulait rien savoir, - ce n’était pas les putes à cette époque-là, c’était les femmes en général, le sexe en particulier. Cette femme, cette pauvre femme, c’était ma mère. Intelligente, brillante, charmante, amoureuse, généreuse, féministe avant l’heure, elle nous apprenait, à ma sœur et à moi, que les femmes devaient être les égales des hommes, qu’elles devaient travailler, être indépendantes, ne pas dépendre d’un homme etc. Mais dès qu’il s’agissait de sexe et de plaisir, elle devenait folle, méchante, abrutie, assassine, moyen-âgeuse. Son discours, d’éclairé, progressiste et anticonformiste, surtout à l’époque, devenait
    obscurantiste, obscène et mortifère. Et j’ai dû, tout au long de ma longue, si longue adolescence en subir les effets, les tourments, le martyre.

    Penser que ce discours imbécile est devenu celui, officiel, du « féminisme» d’aujourd’hui, gauche et droite réunis (c’est rare) me stupéfie, me consterne et m’insupporte. Car le but que poursuit cette proposition de loi n’est pas, comme le prétendent cyniquement ceux qui l’ont initié ou celles qui le défendent, de mettre à l’abri les prostituées. Pour eux, ces femmes n’existent pas, réduites à une sorte de sous-race composée uniquement de «victimes», des hommes évidemment, souteneurs, violeurs et clients mis désormais sur le même plan.
    Sans voix, sans parole, sans pensée ni jugement, on leur dénie tout autre droit que celui de se taire, se soumettre et rejoindre le camp des bien-pensants et ceux de redressement. Non, le but de cette loi n’est pas sûrement de défendre qui que ce soit -grossier mensonge !- mais bien de satisfaire les instincts du «bon» peuple, celui des électeurs, dans l’espoir bien entendu de pouvoir un jour, peut-être, obtenir leurs voix.

    Interdire, réprimer, ostraciser, humilier, frapper au plus intime, au plus secret, au plus fragile, dégrader enfin à travers le désir et le sexe, l’homme, la femme et en jouir. Et
    faire jouir. En toute tranquillité, toute bonne conscience. Voilà la vérité. J’avais de l’estime pour madame Bachelot. Mais je me souviens, comme d’une drôle d’histoire, d’un conflit
    qui l’avait opposé à un animateur de télévision qui, lors d’une soirée - où d’ailleurs, l’on se demandait un peu ce qu’elle foutait là… Que font les hommes ou femmes politiques dans de  telles galères ?- s’était moqué de son rire, lui prêtant une connotation sexuelle. Sa réaction, très violente, dramatique même -elle était allée jusqu’à refuser les excuses publiques de
    cet animateur- m’avait paru compréhensible et légitime. L’ayant vu l’autre soir à la télévision, les mâchoires serrées, le visage fermé, déclarer sa faveur pour ce texte répressif, dégradant, attentant de plein fouet aux libertés publiques, celle de se prostituer, comme celle de payer un service sexuel à un adulte consentant, j’ai pensé soudain que Laurent Ruquier avait du mettre le doigt (si j’ose dire…) sur un vrai problème. Que je connais. Ma mère avait le même. Il m’a fallu quelques années (et que je la joue dans de nombreux spectacles) pour le comprendre et l’assumer. Ma mère était une obsédée. Une vraie. Gravement perturbée, que sa frustration agitait parfois jusqu’à la démence, déclenchant en elle des accès d’une violence affreuse, castratrice et terriblement prédatrice. Pour ses enfants, pour son mari et surtout pour elle-même. Elle en a tout perdu, jusqu’à la vie. Je n’ai pu non plus faire semblant de ne pas voir dans les féroces demi-sourires de ces quelques « féministes» de gauche déclarant sur ce même écran leur satisfaction au sujet de cette loi qui allait, je les cite « apprendre un peu aux hommes qu’on ne paye pas une femme pour lui faire l’amour» les symptômes de ce mal.

    Un roman parle de cela. Celui, admirable, de Christine Angot, Les petits. Encore que dans un roman on ne «parle» pas «de», on écrit et qu’il ne s’agit pas d’un témoignage mais d’un récit, elle décrit une chose secrète, taboue, presque inavouable : la violence des femmes. On parle
    beaucoup – quoiqu’encore pas assez, c’est l’un des plus graves problèmes de notre société – de celle qui leur est faite. Du coup, c’est terrible, on ne peut plus parler de ce que Christine  Angot, avec un très grand courage -qu’elle paye aujourd’hui, comme autrefois Flaubert, devant les tribunaux- décrit sans pitié, avec la froideur et le savoir-faire d’un chirurgien de
    l’âme et de la société, la plaie la plus secrète, quelque part la plus abominable : la dégradation, la dérive et finalement la faillite d’un « féminisme» qui, s’inspirant du fameux «modèle
    suédois», -celui-là même qui permet à une journaliste adulte et responsable ayant accepté une relation sexuelle sans préservatif d’en faire envoyer l’auteur en prison- se consacre aujourd’hui à la pratique de cette nouvelle chasse à courre dont l’homme est le gibier, qu’il soit célèbre comme Julian Assanges, Bertrand Cantat ou Roman Polanski, ou inconnu (tel le soldat) comme moi, réduit que je suis désormais à ce statut pénal de «client de prostituées».

     

    Donc, je m’explique : ce que j’ai trouvé et que je trouve encore au bout de tant d’années auprès des personnes qui ont choisi de louer (et sûrement pas de vendre) leur corps et leurs talents pour de l’argent n’a rien à voir avec ce qu’une relation dite « normale» peut offrir de bonheur, d’amour et de plaisir ; comme d’ailleurs de souffrance ou de désespoir. Car l’amour, le bonheur et le plaisir se paient cher, tout le monde le sait ; dans son cœur comme dans sa vie. Les livres, les films ou les pièces de théâtre - ces laboratoires, les seuls où cette matière humaine si complexe est décrite, autopsiée, parfois même comprise - en sont pleins. On s’en  nourrit. Seule la relation sexuelle avec une personne qui demande de l’argent pour cela peut se prétendre et s’affirmer comme réellement gratuite. Si ce n’est cette somme d’argent,  librement et ouvertement échangée, si faible d’ailleurs au regard du «service» rendu – et que je déteste cette formulation ! Le sentiment n’est pas forcément exclu de l’échange, mais mis à l’écart ; il ne fait pas partie de la transaction, il ne « compte » pas. Donc, la souffrance non plus. Le ou la prostitué(e) ne fait que dévoiler et assumer le rapport d’argent et de commerce tapi sous n’importe quel rapport amoureux ou sexuel, - du dîner offert à la personne qu’on drague, ou qu’elle se fait offrir, jusqu’à -bien pire et plus banalisée- l’estimation de la situation sociale et financière de celle, homme ou femme, prétendant au coït ou au mariage. La prostituée -ou la personne qui décide de se livrer pour un moment à la prostitution- nous libère de ce chantage, de ce non dit, nous en délivre. On peut -enfin !- baiser gratuit.

     

    Cette proposition de loi, bien sûr, ne parle pas de cela. Mais des « réseaux». Ah, ces réseaux, comme ils sont bienvenus ! Comme il est plus facile - et rentable à tous points de vue : électoral, moral, télévisuel - de proscrire et interdire une activité humaine aussi nécessaire, vitale ; et sacrée, car son objet est la jouissance et donc, que ça vous plaise ou non, le bonheur  un bonheur simple, court, éphémère comme un orgasme, oui, mais aussi comme ce bref sentiment de liberté qui, le temps d’un instant, nous émeut, nous encourage en plein milieu de ce fleuve de soumission, d’esclavage, de servitude, qu’il nous faut chaque jour traverser, où chaque jour qui se lève nous retrouve à moitié noyés. Ah, oui, certes, il est plus facile de s’en prendre à ce moment de vie que de traquer vraiment, policièrement, militairement, ces fameux  réseaux, - bien réels, c’est un fait, il ne viendrait à l’esprit de personne de le nier ; mais je n’écris pas ce texte pour parler de cela, tout le monde le fera, ne fera que ça et bien mieux que moi. Comme il sera moins dangereux et surtout plus amusant pour les policiers comme pour les télés de prendre en chasse ces malheureux « clients» hagards, vulnérables et culpabilisés, pantalon sur les pieds, ainsi que leurs partenaires, les plus malheureuses encore prostituées,  doublement, triplement, infiniment humiliées ! On voit déjà l’aubaine pour M6 ou certaines émissions de France 2. Comme ils vont pouvoir en tirer tous les divertissements qu’autorisent -et encouragent pour sa publicité- cet État moraliste et immoral, ce proxénète officiel et donneur de leçons.

    Comment est-il possible qu’en 2011 en France, des caméras de télévision aient le droit de filmer des policiers en train de pourchasser, interpeler, malmener, invectiver des êtres humains qualifiés pour l’occasion d’ « individus » ou « délinquants» et que ce spectacle infâme, indigne, obscène et dégradant puisse être livré gratuitement, comme une sorte de  pornographie légale, une corrida humaine autorisée, des jeux du cirque tolérés, aux familles françaises bien-pensantes pouvant ainsi se repaître en toute hypocrisie du spectacle du malheur et de la punition des autres ? Comment est-il possible que soit proposée et protégée une telle prostitution?

     

    Je ne finirai pas cette chronique sans redire aux «filles» combien je les aime et les respecte, qu’elles sont mes sœurs, mes frangines, mes pareilles, - j’en suis une : sur la scène, la mienne, celle du théâtre (à une époque ce fut aussi celle de la rue), moi aussi je fais jouir. Avec mon corps, avec ma voix, avec mes mots ; et même avec ma vie. Pour un prix dont je m’efforce qu’il soit toujours le plus bas possible, quand j’essaie de donner en échange la prestation la meilleure. Autrement dit, j’essaie d’être une bonne pute, et si possible la meilleure sur le marché. Je ne finirai pas non plus sans leur redire que ce n’est pas cette loi scélérate qui m’effraiera, me culpabilisera, ni ne m’empêchera de revenir les voir où qu’elles seront, se planqueront, se terreront, pour les aimer encore et les payer pour ça. Il est un film qui, mieux que tous  les autres, incarne la France dans le monde entier, son cœur et son esprit. Il raconte une histoire d’amour, la plus belle, la plus ancienne, éternelle, entre un acteur et une putain. Joué par Jean-Louis Barrault et Arletty, il s’appelle Les Enfants du Paradis.  
    Libération - Société :

    http://www.liberation.fr/societe/01012331686-moi-philippe-caubere-acteur-feministe-marie-et-client-de-prostituees



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  • Nouvelles de la 10ème circonscription

     

    LIBAN

    Rassemblement contre le confessionnalisme

    Plusieurs centaines de personnes ont manifesté le 27 février à Beyrouth contre le système confessionnel au Liban. « La révolution est partout… Liban, c’est à ton tour ! » ont scandé les manifestants, en majorité des jeunes, en référence aux mouvements de révolte qui agitent le monde arabe.

    Reprenant le leitmotiv des soulèvements qui ont secoué la Tunisie, l’Egypte, la Lybie ou le Yémen, le peuple veut faire tomber le régime. Ils ont parcouru sous une pluie torrentielle les rues de Beyrouth, jusqu’au Palais de Justice, encadrés par la Police et l’Armée. Certains soldats les regardaient d’un air amusé, d’autres les prenaient en photo. Plus de  2 600 personnes avaient annoncé leur participation à cette marche, mais il semble que la pluie ait dissuadé beaucoup de militants. Allez les Libanais, révoltez vous contre le confessionnalisme. « Nous voulons un Etat civil », « Confessionnalisme, sang, guerres civiles, », « Révolution contre le féodalisme, contre la ségrégation », criaient les protestataires. « Le confessionnalisme est mauvais pour la santé, nous vous prions de vous en abstenir »,  Tyrans au Liban, votre tour viendra pour sûr, proclamaient leurs pancartes. Le système libanais est un mélange complexe de partage du pouvoir basé sur des quotas communautaires et sur une tradition de démocratie consensuelle. Depuis l’indépendance  en 1943, il garantit une parité entre musulmans et chrétiens minoritaires dans la région. Il est toutefois accusé d’être à l’origine de tous les maux du pays comme la corruption, le gaspillage, le clientélisme et surtout une guerre civile destructrice (1975-1990) et crises à répétitions. Les Libanais doivent se soulever, ils continuent de suivre les leaders de leur confession même s’ils crèvent de faim, s’indigne Ali, ingénieur de 28 ans au chômage. « Ici, nous n’avons pas un seul dictateur, mais une bonne vingtaine », dit Amer Saidi, étudiant en sciences politiques, qui se dit « laïc ». Selon les experts, ce combat, même s’il prenait de l’ampleur sera longue haleine, en raison de la complexité du système qui garantit un équilibre délicat entre les 18 confessions chrétienne et musulmanes du pays.

    Le Monde du 27/02/2011


     

    KOWEIT

    Le Gouvernement a présenté sa démission

    Le Gouvernement du Koweit a présenté  hier sa démission à l’Emir, a annoncé le ministre d’Etat aux Affaires du cabinet, Roudhane al  - Roudhane, sur fond de nouvelle crise politique entre l’exécutif et le législatif dans ce riche émirat pétrolier du Golfe.

    « Le Gouvernement koweitien a présenté sa démission aujourd’hui lors d’une réunion extraordinaire », a  indiqué le ministre dans une brève déclaration publiée par l’agence officielle Kuna. La démission survient après que des députés ont soumis au Parlement des  demandes d’audition de trois ministres, tous membres de la famille régnante des Al-Sabah, pour diverses affaires dont une de corruption. Les députés libéraux  Adel al Saraawi et Marzouk al – Ghanem ont demandé la semaine dernière à interroger le vice Premier ministre pour les Affaires économiques, cheikh Ahmad Fahad Al- Sabah, pour  une affaire de corruption liée à des  contrats de 900 millions de dollars au total. Pour sa part, le député chiite Fayçal al –Duwaisan a déposé une demande d’audition du ministre de l’Information et du Pétrole, cheikh Ahmad Abdallah Al-Sabah, alors qu’un autre parlementaire chiite, Saleh Ashour, a demandé à soumettre le ministre des Affaires étrangères, cheikh Mohamed Al- Sabah, à un interrogatoire parlementaire. La démission du gouvernement intervient aussi alors que se poursuit une campagne animée par l’opposition, réclamant la mise à l’écart du Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al – Ahmad Al – Sabah, un neveu de l’émir. Il s’agit du 6è Gouvernement de cheikh Nasser à démissionner depuis qu’il a été nommé à la tête du cabinet il y a cinq ans en pleine crise politique entre l’exécutif et la Chambre. Durant cette période, le Parlement a été dissous à trois reprises, donnant lieu à chaque fois à des élections  législatives anticipées, les dernières ayant lieu en mai 2009.

    Le Monde du 31/03/2011



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  • Bouleversements régionaux au Proche-orient

    Analyse de Joseph Bahout

     

    «Il est fort à parier que la question de la paix soit remise au lendemain»

     

                «Ces mouvements populaires qui auraient pu être porteurs d’une aspiration à un mode plus pacifié, ne vont pas, dans le court terme imprimer une avancée au processus de paix. Je crois bien au contraire qu’ils figent ce processus dans une nouvelle période de refroidissement pour les années à venir». Cette analyse est livrée par Joseph Bahout, politologue et professeur à Sciences po Paris dans un entretien accordé à AlBalad.

                Les révolutions arabes ont-elles été manipulées de l’extérieur comme les observateurs politiques ont de plus en plus tendance à le dire ou sont-elles véritablement authentiques ?

     

     

                Au niveau de la réalité des faits, aucun observateur n’a les moyens de le vérifier. Ceci étant, dans toute action collective et dans tout mouvement social, il y a une part de spontanéité et de revendications réellement portées par des segments sociaux, mais il y a aussi des forces politiques locales et externes qui cherchent à s’engouffrer dans ces mouvements pour lui imprimer une direction ou une autre. Est-ce que l’on appelle cela manipulation ou non. Personnellement c’est un mot que je prendrai avec précaution. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’à partir du moment où ces révolutions se sont installées dans les pays arabes que la surprise du moment tunisien est passé, les forces organisées, qu’elles soient politiques internes ou externes, sont beaucoup plus en éveil et essaient de capter ces mouvements sociaux dans un sens ou dans l’autre. Le tout est de savoir s’ils ont les moyens de canaliser les revendications ou si cela reste à l’état de tentatives. Dans le cas égyptien, il est vrai que dans un premier temps, les slogans étaient uniquement confinés à des thèmes de politique intérieure, la dignité, la démocratie, la liberté ou les revendications économiques... On a très peu entendu parler de thèmes relatifs à la cause palestinienne, au conflit israélo-arabe, à l’Occident et à l’impérialisme. Mais ce n’est pas parce que ces catégories ne sont pas immédiates qu’elles sont pour autant inexistantes. Aujourd’hui on se rend compte de plus en plus que ce genre de thématique va revenir au devant de la scène politique et probablement devenir l’objet d’un débat réel en politique intérieure égyptienne ou ailleurs. Je crois qu’il ne faut surtout pas oublier que ces révolutions ont trois mois d’âge et que l’on ne peut pas encore complètement se prononcer sur le contenu, d’autant plus que le moment révolutionnaire est à peine passé, et c’est maintenant que l’on va voir s’affronter les programmes, les discours politiques au sens réel du terme.

     

                L’intervention militaire en Libye a fait exploser les contradictions dans les rangs des puissances occidentales. Les buts de cette intervention sont très flous, et l’argument invoqué officiellement ne justifie pas que la coalition internationale ait pris cette décision pour la Libye mais pas pour le Bahreïn, la Côte d’Ivoire ou Gaza.

                Là encore, on peut supputer et voir des intentions cachées. Aujourd’hui, force est de constater que les Occidentaux sont allés dans cette question libyenne sans trop savoir quel était le but de l’opération.

                Dans tous les cas, lorsque l’on voit les contradictions dans lesquelles se trouvent les Etats européens d’un côté, les Etats-Unis de l’autre, la cacophonie au sein de l’OTAN, quand on constate que le but de la guerre n’est pas encore tout à fait clair, du moins officiellement pour nous observateurs, je crois que l’on est assez alarmés par le fait que cette affaire libyenne fut assez mal mise sur les rails.

                Maintenant, il est évident que lorsque des populations civiles sont menacées d’extermination comme l’ont dit les Etats occidentaux, il y avait peut être une urgence humanitaire. Mais la question demeure tout à fait réelle, pourquoi en Libye et pas ailleurs comme au Bahreïn, en Côte d’Ivoire ou à Gaza. Là, je crois que l’on touche les questions classiques des deux poids deux mesures, du cynisme en politique, des ressources, et au fond la question d’Israël qui est une sorte d’exception sur la scène internationale, il faut le dire et l’avouer c’est un pays qui fait exception au droit international.

     

    Le printemps arabe aurait-il sonné la fin d’une vision stratégique occidentale axée uniquement sur le réalisme politique ?

     

                Le réalisme en politique, qui n’est pas seulement la marque de l’Occident et du XXe siècle puisqu’il est une des bases de la vie politique en matière de relations internationales, restera probablement de mise. Il est évident que certaines leçons, ne serait-ce qu’en termes d’intérêts bien compris, aient été tirées par certains Etats occidentaux. Ils ont sans doute compris l’intérêt de ménager tous les spectres de la société, de ne pas exclure certains segments lorsqu’ils ont des dialogues d’intérêts ou des pactes de complicité avec des régimes parfois inacceptables. Je crois qu’aujourd’hui les gouvernements occidentaux éviteront cet écueil et s’adresseront probablement à tout le monde y compris à ceux qui étaient dans l’opposition, ceux qui entreront demain dans l’opposition et les islamistes. Ce tabou est en passe de tomber. Mais je ne pense pas que cela signifie la fin du réalisme. D’autre part, il est normal que les Etats occidentaux comme d’autres Etats fassent leurs intérêts bien compris. Je ne vois pas très bien comment cet état de fait pourrait changer. On ne va pas passer, parce qu’il y a eu des révolutions dans le monde arabe, à un monde idéal et idéel.

     

                Justement, comment l’administration américaine pourrait-elle maintenir la même relation avec les Etats arabes que par le passé. Avec l’émergence des opinions publiques dans la donne politique, on voit mal comment ils sauvegarderaient une relation visant la sécurité exclusive d’Israël et l’exploitation des ressources pétrolières.

                Ils vont probablement continuer à maintenir un lien fort avec les Etats arabes alliés. Je ne vois pas les Etats-Unis abandonnant l’Arabie saoudite ou les Etats du Golfe demain. Mais je crois qu’ils auront tendance à ne pas se fermer au dialogue avec d’autres forces, ils risquent de formuler des critiques avec beaucoup plus de franchise contre leurs alliés qui adoptent parfois un comportement inacceptable et c’est ce que l’on entend depuis quelques semaines de la part de l’administration américaine sur la nécessité de réformer en profondeur. Aujourd’hui, il n’est plus secret que les relations entre Washington, Riyad et les Etats du Golfe se sont détériorées, ne serait-ce que parce que ces Etats reprochent aux Etats-Unis d’avoir laissé tomber un allié comme Hosni Moubarak. Les Américains ont aussi compris, et c’est une énorme leçon d’humilité qui a été assénée par les événements tunisiens et égyptiens, que finalement ils ne contrôlent pas la totalité des événements dans cette région du monde. Je crois qu’ils auraient souhaité garder Hosni Moubarak au pouvoir, mais à partir du moment où cela été devenu impossible cyniquement et réalistement, ils se sont accommodés de son départ. Je ne pense pas que les grandes puissances aient encore des projets bien pensés à l’avance mais ils ont au moins la faculté de s’adapter aux évolutions et de mettre en adéquation leur pragmatisme avec les changements. Donc, oui le réalisme persistera, oui il y aura toujours une dose de cynisme mais les grandes puissances auront probablement ne serait-ce que par intérêt, davantage tendance à ouvrir les portes du dialogue avec des forces sociales et politiques qui étaient exclues auparavant.

     

    Quelle est la position d’Israël vis-à-vis de ce printemps arabe ?

     

                Il y a plusieurs points au niveau israélien. Israël est très gêné par ces évolutions d’abord au niveau discursif et idéologique. Il a toujours voulu vivre sur l’idée présentée au monde occidental qu’il était la seule démocratie dans cette région d’autoritarisme, d’obscurantisme et de violences politiques. Cette image aujourd’hui est en passe d’être ébréchée et maintenant, le monde voit que les sociétés arabes ne sont pas génétiquement ou culturellement imperméables à la démocratie. Cette situation dérange considérablement Israël, bien entendu avec le nota bene que ce qui se passe en Libye et ce qui peut mal se passer ailleurs risque de faire réagir Tel-Aviv qui confortera sa position de dire les pays arabes ne sont pas faits pour la démocratie. Le deuxième point qui gêne Israël dans cette affaire c’est que les Etats qui sont mis à mal par la contestation sont ses alliés, on peut même le dire pour la Syrie qui n’est pas un allié de Tel-Aviv mais un Etat avec lequel elle s’est habituée à vivre. Israël, comme beaucoup d’Etats qui vivent dans la crainte et une psychologie d’enfermement sécuritaire, a peur du changement parce qu’il a peur de la nouveauté. Pour Israël, c’est une porte ouverte à de nombreux risques et vous entendrez beaucoup de responsables israéliens dire qu’aujourd’hui, la classe politique est bunkerisée, c'est-à-dire qu’ils sont dans un état d’esprit où le monde qui les entoure est un monde hostile, ils ne le comprennent pas, ils ne savent pas dans quelle direction ils s’orientent, ils le craignent et donc ils ont tendance à un immobilisme très fort. Le troisième point, c’est que dans le contexte actuel, il est fort à parier que la question de la paix et la question des négociations, soient remises au lendemain sous prétexte justement que le monde bouge et qu’ils ne peuvent pas prendre de risques supplémentaires. Je pense que cela signifie paradoxalement, que ces mouvements populaires (dans les pays où ils ont réussi car il ne faut pas oublier que par endroits ils ont mené au chaos comme en Libye) qui auraient pu être porteurs d’une aspiration à un mode plus pacifié ne vont pas dans le court terme imprimer une avancée au processus de paix. Je crois même bien au contraire qu’ils figent ce processus dans une nouvelle période de refroidissement pour les années à venir.

     

    Justement Julien Salingue met en avant l’idée que les évolutions régionales sont en faveur non plus seulement de la création d’un Etat palestinien qu’il explique être une revendication pragmatique d’un autre temps, mais pour une solution qui satisfasse l’ensemble des droits nationaux palestiniens, notamment le droit au retour et à l’autodétermination. Vous semblez en total désaccord avec lui ?

     

                Je ne pense pas qu’Israël est dans un état psychologique qui lui permet d’être généreux. Déjà en temps normal il est très loin de l’être en termes de conditions d’avancées vers une paix réelle et aujourd’hui il va l’être encore moins. Donc je ne vois vraiment pas comment à l’heure actuelle cet Etat palestinien pourrait exister au sens propre du terme. Il y aura peut-être une proclamation unilatérale, une reconnaissance de nombreux Etats dans le monde mais je ne vois pas un Etat achevé dans le sens d’un processus d’entente avec Israël qui est sûrement dans une politique où toute avancée pour lui est très coûteuse et donc il ne la fera pas. Le droit au retour et à l’autodétermination ne sont plus aujourd’hui des questions qui sont posées pour le leadership israélien. Il ne faut pas non plus oublier un détail important c’est que la coalition actuelle au pouvoir en Israël est historiquement la coalition la plus à droite et la plus intransigeante en terme de conditions de paix. Je vois mal comment cela pourrait changer avec en plus ce climat d’incertitude qui entoure Israël.

     

     


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  • LA REFORME NECESSAIRE DE L’ASSEMBLEE DES FRANÇAIS DE L’ETRANGER

    Une Collectivité territoriale d’outre-frontière

    Le Conseil Supérieur des Français de l’Etranger avait été créé à la fin des années 1940. Il avait pour vocation de conseiller le gouvernement sur tous les projets de nature législative et réglementaire intéressant les quelques deux millions de nos compatriotes installés à l’étranger. Une importante réforme de sa composition eétait intervenue en 1981, suite à l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République: l’élection de ses membres au suffrage universel direct. Cette réforme n’avait cependant pas touché les compétences de l’institution elle-même qui, outre son pouvoir de conseil, n’a compétence décisionnelle que sur l’élection des 12 Sénateurs des Français hors de France et sur une partie des administrateurs de la Caisse des Français de l’Etranger. Etaient également membres du Conseil Supérieur les 12 Sénateurs et 21 personnalités désignées par le Ministre des Affaires Etrangères.

    Depuis la première élection au suffrage universel direct en 1982, la participation électorale décroît régulièrement. Cette forte abstention est avant tout la conséquence de l’absence de compétences décisionnelles du CSFE face aux réels besoins de nos compatriotes (sécurité sociale, aide sociale, droits, éducation, formation professionnelle, etc.). Pourquoi en effet se mobiliser et voter pour une institution qui n’est que consultative et dont les avis et vœux sont au demeurant largement ignorés ? C’est le constat effectué régulièrement au contact du terrain par les délégués au CSFE, les Sénateurs et les sections Français du Monde- ADFE et FFE.

     

    En 2000, lors de la préparation du Projet du PS, une série de contributions ont été présentées par des militants de la FFE, suggérant de transformer le CSFE en une organisation de type « collectivité locale », avec transfert de compétences par l’Etat. Plus largement, ces contributions suggéraient aussi d’élire des Députés des Français de l’Etranger, afin de pouvoir disposer d’une représentation dans les deux chambres du Parlement et non au Sénat seulement. Ces propositions ont été intégrées dans le Projet Fédéral par le vote des militants de la FFE, et dans le Projet National du PS lors d’une Convention Nationale en janvier 2002. Elles formaient la base des propositions du candidat Lionel Jospin en direction des Français hors de France au printemps 2002.

     

    Parallèlement, une Commission temporaire de la Réforme du CSFE avait été formée au sein du CSFE en septembre 2000. Les propositions du Projet Fédéral du PS formèrent l’essentiel des positions défendues par les membres ADFE. Ont fait l’objet de la réforme : la création d’une Commission de l’Union européenne, la mise en place d’un bureau de 5 personnes à la tête de chaque commission et une nouvelle composition du Bureau Permanent du CSFE qui intègre les bureaux des commissions et les leaders des groupes politiques du CSFE. Il n’y a plus de membres désignés, mais nomination de 12 « personnalités qualifiées » au plus, sur la base d’une liste de fonctions préalablement arrêtée (comptant par exemple les présidents des associations représentatives des Français hors de France). Contrairement aux actuels membres désignés, ces « personnalités qualifiées » n’auront ni droit de vote, ni titre de membre. Le CSFE lui-même fut renommé Assemblée des Français de l’Etranger.

     

    Toutes ces modifications furent validées par le Ministre des Affaires Etrangères, Président en titre de l’AFE, et un accord fut établi sur la réforme de la carte électorale.

     

    Le projet de transformer l’AFE en une « Collectivité territoriale d’outre-frontières », regroupant les Conseillers et présidé par l’un d’entre eux, Collectivité qui gérerait l’aide sociale, la sécurité sociale, l’enseignement, la formation professionnelle, l’action culturelle de proximité et quelques autres compétences, demeure porter par la fédération socialiste des Français de l’Etranger. Dans la logique des lois Deferre de 1982 et 1983 verrait enfin le jour une assemblée élue, dotée de compétences décisionnelles, de ressources financières, de personnels et d’un siège propres, que seule finalement l’absence d’un territoire distinguerait statutairement des Conseils Régionaux, Généraux et Municipaux. L’évolution institutionnelle serait remarquable.

     

    Jean-Daniel CHAOUI

    Candidat 10ème circonscription législatives 2012


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  • Feuille de route pour 2012

     

    Le Parti Socialiste et la gauche ont largement remporté les élections cantonales, dernier rendez-vous avec le  suffrage universel avant le printemps 2012. Notre Parti dirige désormais près des deux tiers des départements, Après avoir conquis aux élections municipales de 2008 trois quarts des villes de plus de 100 000 habitants et aux élections régionales de 2010, 21 régions métropolitaines sur 22.

     

    Derrière ces succès, il y a la reconnaissance de l’action locale menée par les exécutifs de gauche. Il y a aussi la sanction de la droite au pouvoir. Rarement dans l’histoire de notre pays un gouvernement aura en effet été aussi impopulaire et discrédité dans l’opinion publique. Il existe aujourd’hui en France un besoin irrépressible de changement de politique, de pratiques gouvernementales et de morale du pouvoir.

     

    Ce besoin de changement ne garantit pourtant pas à la gauche le succès électoral l’an prochain. Face au désarroi et à la désillusion de millions de Français, le Front National prospère comme jamais. Le coup de barre à droite décidé par Nicolas Sarkozy et Jean-François Copé, entre islamophobie et instrumentalisation de l’ébranlement du monde arable, loin de profiter à l’UMP, bénéficie à Marine Le Pen et à ses amis.

     

    C’est dans les propositions et la fidélité à nos valeurs que nous construirons la victoire en 2012 L’alternance nationale se jouera sur un projet reposant sur une dizaine de mesures phares, marquant la rupture avec les gouvernements de droite et apportant réponses aux principales préoccupations des Français. Il ne sera point besoin d’en promettre tant et plus. Ce projet est à construire avec la Convention des Conventions ce printemps. Puissent le score du Front National et l’abstention ces deux derniers dimanches nous faire prendre la mesure de l’effort à accomplir. Il s’agit de convaincre, pour gagner et pour changer notre pays. Convaincre que l’avenir s’écrit avec les socialistes, non dans le refus de vote ou le choix de l’extrême, si loin de la République. Un projet, un(e) candidat(e), un mouvement en marche pour remettre dans un an la France sur le chemin du progrès pour tous, voilà notre feuille de route pour 2012.

     

    Pierre-Yves Le Borgn'

    Premier Secrétaire Fédéral

    Fédération des Français de l’Etranger

     

     

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    Guaino: "La France ne veut pas suspendre Schengen"

    Par LEXPRESS.fr, publié le 25/04/2011 à 10:54

    Selon le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, il s'agit de "revoir les clauses de sauvegarde" pour rétablir des contrôles aux frontières dans certains cas.

     

    Marche arrière ou rattrapage? Henri Guaino, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, a déclaré dimanche que "la France ne voulait pas suspendre Schengen", l'accord de libre circulation des personnes en Europe, mais "revoir les clauses de sauvegarde dans des situations particulières". 

    Il a affirmé que "l'espace Schengen, c'était de confier à chacun la protection des frontières extérieures (de l'Europe)", qu'il fallait "revenir à l'esprit de ces accords" et "faire en sorte que les flux soient régulés". 

    "La France veut pas suspendre Schengen", a-t-il affirmé, ajoutant que Paris voulait "revoir les clauses de sauvegarde de façon à, dans des situations particulières, pouvoir établir des contrôles aux frontières nationales quand il y a des situations exceptionnelles". Pour lui, cette solution est "raisonnable". 

    Il a estimé qu'il y avait eu vendredi de la part de l'Elysée "une expression un peu rapide" qui avait été ensuite "sur interprétée". 

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    Crise migratoire en Italie : les vraies réponses seront européennes

     

     

     

     

    Écrit par Richard Yung   

    Vendredi, 22 Avril 2011

     

    Jeudi 21 avril 2011
    Une délégation de la commission des affaires européennes du Sénat s’est rendue à Rome les 18 et 19 avril 2011. Le président de la commission, M. Jean Bizet (UMP, Manche) était accompagné de M. Denis Badré, vice-président, (UC, Hauts-de-Seine) et de M. Richard Yung (Soc, Français établis hors de France).

    Les conséquences migratoires de la situation en Tunisie et en Libye ont été au cœur de discussions approfondies avec les parlementaires italiens, notamment avec Mme Rossana Boldi, présidente de la commission permanente du Sénat des politiques de l’UE et Mme Margherita Boniver, présidente du Comité Schengen.

    Face aux bouleversements politiques sur la rive Sud de la Méditerranée, l’Italie est particulièrement exposée et figure au premier poste des frontières de l’espace Schengen. Elle doit pouvoir compter sur un soutien fort de l’Union européenne et sur la solidarité des Etats membres, tout en faisant preuve de la plus grande responsabilité pour ne pas fragiliser les acquis et le bon fonctionnement de l’espace Schengen.

    L’Union européenne doit montrer sa solidarité vis-à-vis de  l’Italie :

    • en fournissant plus de moyens matériels et humains aux frontières Sud de l’Europe, notamment dans le cadre de Frontex ;
    • en appuyant fermement la négociation d’accords de réadmission efficaces avec les partenaires de la rive Sud ;
    • en contribuant à une réponse humanitaire robuste pour gérer un afflux possible de réfugiés en provenance de Libye.

    A moyen et long termes, la délégation estime que cet événement démontre l’urgente nécessité pour l’Union européenne de mettre au centre de ses préoccupations la politique de voisinage au Sud.

    La délégation de la commission des affaires européennes du Sénat est confiante que le XXIXème Sommet franco italien qui se réunira à Rome, le 26 avril 2011 permettra d’approfondir le dialogue et de souligner le rôle majeur que la France et l’Italie jouent au sein de l’UE sur les questions méditerranéennes.


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