• Campagne Présidentielle 2012 / Nicolas Le PEN / Pourquoi la stratégie « Front contre Front » de Mélenchon n’a pas marché / La droite m'effraie, la gauche m'inquiète ! / Pour le milliardaire et

    Campagne Présidentielle 2012

    Nicolas Le PEN

     Le titre récent du "Wall street journal" concernant "Nicolas Le Pen" posait clairement  la question de savoir si, désormais, Marine Le Pen est la seule représentante de l'extrême droite et si elle n'était "débordée" par le Président sortant. Retraçons le parcours qui nous amena, progressivement, en cinq ans de quinquennat, à ce titre du grand quotidien américain de "Nicolas Le Pen".

      La création du "Ministère de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du développement solidaire" introduisit naturellement le débat sur "l'Identité nationale" en novembre 2009. L'objectif de l'UMP était de sédentariser durablement  les électeurs du Front National (FN) après la réussite du "phagocytage" du FN par le candidat Sarkozy lors de la présidentielle de 2007. Le "ton" du quinquennat était donné. N. Sarkozy entendait s'approprier les thèses et les discours xénophobes du FN.

     La suite ne fut que la mise en place régulière de cette stratégie confiée à Brice Hortefeux d'abord, puis à Claude Guéant ensuite et parfois assumée par N. Sarkozy lui-même.

    Quelques florilèges des discours et actions frontistes de l'UMP : 

    * "L'envolée" de N. Sarkozy lors du discours de Grenoble en juillet 2010, sur les Room et les gens du voyage, coupables de non-assimilation.

    * Les déclarations de C. Guéant sur les enfants d'immigrés qui font baisser le niveau dans les écoles, sur les civilisations qui ne se valent pas, sur le droit de vote des étrangers et dernièrement le débat sur la viande Halal...

    * Le durcissement des conditions de séjour des étrangers légaux en France concernant l'accès au RSA et aux régimes sociaux...ainsi que le regroupement familial.

    *  L'obsession des mariages blancs qui conduit à multiplier les difficultés d'entrée en France pour les conjoints étrangers de citoyen français.

    * Les modifications des conditions d'entrée et de séjour des étudiants étrangers en France : augmentations de 50% des conditions de ressources et suppression de la possibilité d'exercer un premier emploi en France.

    * Les discours sur la déchéance de la nationalité, la remise en cause de la bi-nationalité, l'amalgame entre exilés fiscaux et français de l'étranger qui fait le lien entre nationalité et fiscalité comme si les Français de l'étranger ne payaient pas des impôts.

    * La remise en cause des accords de Schengen dont l'objet est de renégocier les conditions d'entrée des étrangers en Europe et en France...

     La liste n'est pas exhaustive. La droite Sarkoziste surprend par cette inclinaison xénophobe prononcée qui était habituellement l'apanage du FN. Si l'objectif électoraliste est évident, N Sarkozy et son entourage donnent cependant l'impression de s'enliser dans l'obsession de la distinction entre Français et entre étrangers, une obsession "ignorante et destructrice des valeurs fondamentales de la République" selon Patrick Weil (p.210 dans "80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards", Grasset, janvier 2012). Il ajoute que cette obsession de l'origine "est la marque de fabrique de cette présidence...Quand c'est un Président de la République en fonction qui cherchent à délégitimer, par des discours répétés, la présence dans la nation française d'un certain nombre de ses concitoyens...cela contribue à la désintégration de la nation."

     Nicolas Le Pen est bien prêt à tout pour conserver le pouvoir, y compris à épouser les thèses xénophobes du FN dont nous avons vu, avec Patrick Weil, qu'il n'en était pas si éloigné par ses convictions et ses choix politiques. Le 22 avril et le 6 mai doivent permettre de tourner cette page noircie de notre République française.

    Jean-Daniel Chaoui, Conseiller à l'Assemblée des Français de l'Etranger (AFE)

    Candidat élection législatives 2012 pour la 10ème circonscription des Français de l'étranger. 30/04/2012

    8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

    Pourquoi la stratégie « Front contre Front » de Mélenchon n’a pas marché

    Vendredi 27 Avril 2012

    « Nous avons porté l'essentiel du combat contre le Front national », déclamait dimanche le candidat du Front de gauche. Mais cela n'a pas suffi, au vu du score obtenu par l'extrême droite au premier tour du scrutin présidentiel. Pour David Djaïz, l'écart entre Mélenchon et Marine Le Pen s'est joué sur la bataille culturelle.

     Durant les dernières semaines de la campagne présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir s’attaquer prioritairement au Front national en menant le combat culturel, Front (de gauche) contre Front (national). Les résultats du premier tour sont décevants au regard de cet objectif puisque, avec 17,9% des voix et près de 6,5 millions d’électeurs, Marine Le Pen devance largement son adversaire principal, qui ne recueille que 11,1% des suffrages exprimés.

    Pris dans l’absolu, le score de Mélenchon est un beau score : il a démultiplié le score réalisé par Marie-Georges Buffet en 2007 à la même élection, et surtout grâce à une campagne très réussie, très esthétique (colorée notamment par de nombreuses références historiques et littéraires), il a remis sur les rails une certaine tradition de la gauche, tout à la fois frondeuse (pour ne pas dire révolutionnaire), républicaine et sociale.

    Pour autant l’écart avec Marine Le Pen est important et mérite quelques tentatives d’explications. Pourquoi Jean-Luc Mélenchon a-t-il échoué à ramener dans le giron de la gauche les catégories populaires, qui continuent de voter massivement pour le FN ? Quatre raisons, en vérité reliées et interdépendantes, mais isolées ici pour le bien de l’analyse, nous paraissent expliquer cet échec partiel.

     Manque de temps

    Jean-Luc Mélenchon a affirmé vouloir mener une bataille culturelle contre Marine Le Pen à trois mois du premier tour. La stratégie était la bonne : c’est bien l’imaginaire collectif que la gauche doit reconquérir à l’hégémonie de la droite, par l’action militante et syndicale, par l’éducation populaire, par la formation politique. Mais cela ne peut se faire que sur le temps long et dans un climat apaisé.

    Une victoire de François Hollande à la présidentielle desserrerait l’étau et permettrait aux différentes composantes de la gauche de mener ce combat culturel, après avoir gagné le combat électoral.

     Silence face au sentiment d’insécurité culturelle

    Jean-Luc Mélenchon a offert des réponses plutôt convaincantes à l’insécurité économique et sociale des Français comme le montrent plusieurs enquêtes. Malheureusement, et comme le rappelle Laurent Bouvet dans un texte publié le 24 avril dans le Monde, sa campagne a été beaucoup moins percutante s’agissant de l’insécurité culturelle, à quoi l’on pourrait ajouter l’insécurité affective qui est un déterminant important du vote FN.

    L’insécurité a bel et bien été le thème central de cette campagne, tellement massif et protéiforme que les commentateurs ne s’en sont pas rendus compte. Cette insécurité a pris mille visages et n’est plus la seule insécurité « policière » qui avait occupé la campagne de 2002 : il y a l’insécurité économique (peur du chômage et des délocalisations dans un contexte de crise de la mondialisation), l’insécurité sociale (peur de la casse des services publics et des commerces de proximité), l’insécurité culturelle-identitaire (peur de l’immigration et de la dissolution de l’identité française-occidentale) et enfin l’insécurité la plus difficile à appréhender pour le sociologue, l’insécurité affective, qui est le sentiment de voir ses points de repères habituels se dissoudre ou se rétrécir dans un monde où tout s’accélère. Force est de reconnaître que le Front de gauche n’a pas su répondre à ces deux dernières formes d’insécurité qui sont moins discursives mais qui pourtant surdéterminent les autres.

     Impression d’incohérence voire de contradiction

    Si Jean-Luc Mélenchon n’a pas réussi à articuler une réponse forte à ces quatre insécurités, c’est d’abord parce qu’il est difficile pour la gauche de les traiter en bloc. Au besoin de protection économique et sociale, la gauche ajoute toujours une composante d’émancipation collective (protection des plus démunis et des exclus, égalité, universalisme) qui ne répond pas (plus) au sentiment d’insécurité culturelle et affective exprimé par les plus fragilisés de nos compatriotes.

    C’est ce qui a brouillé le discours de Jean-Luc Mélenchon pour de nombreux électeurs, qui ont eu l’impression qu’il était à la fois protecteur en matière économique, et laxiste en matière d’immigration, d’identité nationale, ou de lutte contre la délinquance.

    Les tentatives très louables de Jean-Luc Mélenchon de proposer un discours original sur l’immigration ont été franchement infructueuses. A l’opposé, le discours de Marine Le Pen, sans composante émancipatrice, a donné l’impression d’une plus grande cohérence et « compacité », répondant d’un bloc aux quatre insécurités.

    Marine Le Pen a paru proposer un ensemble homogène de remparts, contre la finance, contre l’Europe de Bruxelles, contre l’immigration, contre la solitude des « oubliés » et des « invisibles ». Surtout, elle n’a pas été embarrassée par la dimension collective, voire collectiviste, portée par le Front de gauche. Quand la détresse atteint son paroxysme et que le terreau culturel n’est pas favorable, il est hélas très difficile de faire de la composante émancipatrice un sérieux argument de campagne pour toucher les classes populaires.

     

    Anticommunisme et Antisocialisme des classes populaires

    La droitisation de l’imaginaire collectif très bien décrite par Gaël Brustier et Jean-Philippe Huelin dans Voyage au bout de la droite touche particulièrement les classes populaires depuis trente ans. Parallèlement, l’imaginaire de gauche est en déclin, pour de nombreuses raisons : effondrement du PC et de sa contre-culture, ralliement d’une partie des socialistes au néo-libéralisme, etc. 

    Entre un discours protecteur individualiste, celui de Marine Le Pen, et un discours protecteur collectiviste et universaliste, celui de Jean-Luc Mélenchon, les classes populaires (principalement les ouvriers et les jeunes sans diplôme) préfèrent celui de Marine Le Pen. L’idée de communauté (mon village, ma « race », ma religion et, plus étonnant, « ma République ») a remplacé celle de société dans la représentation commune. Comme le redit Alain Mergier dans une interview aux Echos parue le 23 avril « dans les classes populaires, l’antisocialisme domine ».

    En temps de crise, Hobbes a raison contre Rousseau : le pessimisme anthropologique et l’individualisme sont plus porteurs. La reconstruction d’un imaginaire alternatif prendra du temps.

    Pour la permettre, ou du moins lui créer des conditions favorables, une victoire de François Hollande le 6 mai prochain est indispensable

     

    8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

    La droite m'effraie, la gauche m'inquiète !

    Le Monde.fr | 27.04.2012 à 10h58 • Mis à jour le 27.04.2012 à 11h20

    Par Dominique de Villepin, ancien premier ministre

    La campagne du premier tour a été indigente. Celle du second devient indigne. L'instrumentalisation de faits divers, l'improvisation de bien des propositions, le débauchage sans vergogne de voix extrémistes, tiennent aujourd'hui lieu de débat. Les lignes rouges républicaines sont franchies une à une.

    Je veux le dire aujourd'hui avec gravité. C'est une route sans retour. La dérive électoraliste qui s'est engagée est un processus incontrôlable et sans fin. Une concession en entraînera toujours une autre. Un gage à l'extrémisme toujours un plus grand encore. Une digue rompue en fera céder une autre. Halte au feu !

    Je ne peux cautionner cette dérive.

    Le combat contre la logique des idées simples, de la peur et de la force, c'est l'engagement de toute ma vie politique au nom d'une certaine idée de la France. C'est la même spirale qui a entraîné la guerre en Irak et qui nourrit l'islamisme au nom du choc des civilisations. C'est la même spirale qui entraîne le Proche-Orient vers un désespoir toujours plus profond. La division n'a pas de fin. La haine n'a pas de fond. C'est cette conviction qui avait conduit Jacques Chirac à tracer des limites claires entre la droite républicaine et l'extrême droite. C'est cette conviction qui m'a conduit, cinq ans durant, à alerter contre les risques de dérive, de stigmatisation et de division.

    Je ne supporte pas l'hystérie générale qui s'est emparée de l'élection dans laquelle le peuple français est pris en otage par six millions d'électeurs en colère. Aujourd'hui, tout se passe comme s'il n'y avait en France que des électeurs du Front national. Comme s'il n'y avait pas d'autres questions que le halal, l'immigration légale, les horaires de piscines municipales. La compétitivité, l'éducation, l'agriculture, l'innovation : disparues. L'Europe, le chômage, les déficits sociaux, la délinquance ? Lus jusqu'à l'absurde à travers les lunettes déformantes et rétrécissantes du FN. Les responsables politiques ne cessent de se laisser creuser l'écart entre le discours et les actes, nourrissant la rage et le désenchantement. Le FN n'est que le produit dérivé de ce mensonge généralisé.

    C'est mon devoir de responsable politique d'assumer aujourd'hui l'exigence de mon héritage gaulliste en disant le poison mortel qui menace la droite : celui du reniement de ses valeurs, celui du sacrifice de ce qui fait notre identité. C'est mon devoir vis-à-vis des électeurs de la majorité qui, comme moi, s'interrogent, doutent du bien-fondé d'une telle politique, mais qui veulent croire que dans cette majorité il y a des hommes et des femmes dont la conscience reste en éveil et qui ne cesseront de se dresser pour que l'intérêt général prévale, pour que la dignité de notre pays l'emporte.

    Ne nous abîmons pas. Chacun de nous doit prendre ses responsabilités pour faire revenir notre monde politique à la raison et retrouver un chemin d'espérance, de réconciliation et de refondation. A la force et à la peur, nous ne pouvons, citoyens libres, qu'opposer le droit, la raison et l'humanité.

    La véritable réponse à cette dérive, ce sera de reconstruire un avenir pour notre pays.

    Aujourd'hui, c'est vrai, la droite m'effraie, mais la gauche m'inquiète. Le 6 mai, quoi qu'il arrive, sera la victoire d'un homme, mais pas la victoire de la France. Tout sera à faire. Tout sera à réinventer. Nous aurons une tâche formidable devant nous: la réconciliation des Français.

    Aucun des deux projets ne sera à même d'apporter les réponses nécessaires à une crise d'une gravité exceptionnelle. Alors faisons vivre deux exigences.

    La première exigence, c'est de regarder plus loin que cette élection pour affronter les grands défis à venir. Notre réponse au chômage, au déclin industriel, au défi énergétique, notre réorientation vers une économie de la connaissance par une éducation nationale plus juste et plus efficace, notre place en Europe, nous ne les trouverons pas dans l'idéologie. La clé de ces urgences, c'est le rassemblement, c'est l'action, c'est le sens du devoir.

    La deuxième exigence c'est, au-delà du bulletin de vote, au-delà du choix d'un nom, d'assumer jour après jour notre citoyenneté, avec vigilance et responsabilité face à tous les grands choix de notre nation.

    Mon rôle n'est pas de dire pour qui voter, car chacun doit prendre ses responsabilités. Les citoyens ne sont ni des moutons ni des enfants turbulents. Le 6 mai, que chacun vote en pensant à la France et à ce qu'elle a toujours porté de meilleur, à ses valeurs de respect, de dignité et d'humanisme, parce que, en conscience, il faut bien choisir.

    Et le 7 mai, tout restera à faire, il faudra se rassembler pour agir. C'est dans cette ligne que je m'engagerai dans la voie du redressement de notre pays.

    Dominique de Villepin, ancien premier ministre

    8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

    Pour le milliardaire et propriétaire du Point, François Pinault: "Sarkozy perd les pédales. Il est cuit !"

    Le Monde publie, cet après-midi, un article qui rapporte des propos très durs du milliardaire et propriétaire du Point, François Pinault, contre le Président de la République.

    Le Monde écrit:

    *Le milliardaire tire ses salves en direction du président sortant dont il moque la dernière formule : "Présomption de légitime défense, c'est comme au Far West, il faut dégainer le premier ! Il perd les pédales. Les gens proches de lui pensent qu'il pourrait encore gagner. Il est cuit! C'est comme dans le bunker de 1945.""


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :