• Edito

    Accord « cache-échec » de la situation environnementale mondiale à Durban

     Ne nous cachons pas la réalité ! Il était évident que Durban serait occulté par Nice et la crise de l’Euro. Qui se soucie aujourd’hui réellement du réchauffement climatique quand la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal… entrent en récession et pressent le citoyen comme un citron pour éponger les dettes accumulées durant ces dernières décennies. Comme le disait notre inénarrable Président, « L’écologie, ça commence à bien faire », ce que l’on pourrait traduire par « on a des choses sérieuses à traiter, s’il vous plaît !».

     Dans un tel contexte, le sommet de Durban, pour éviter  la déconfiture de Copenhague, devait viser le « service minimum », c’est-à-dire la reconduite après 2012, du protocole de Kyoto pour ceux qui le veulent bien, aucune disposition contraignante accompagnant l’accord. Ce qui fut fait. Le Canada en profita pour « s’éclipser », arguant de difficultés économiques particulières (sic), accompagné dans cette fuite piteuse par la Russie et le Japon, les Etats-Unis continuant leur « bouderie » irresponsable en restant réfractaire à tout engagement.

     La Question du Fonds Vert, destiné à aider les pays en développement à faire face au changement climatique, n’a donc pas été tranchée, ce n’était pas le moment ! Rendez-vous est pris pour l’année prochaine au Qatar, le plus grand émetteur de CO2 par habitant au monde. Tout un symbole.

     L’ONG Oxfam a fort lucidement conclu : « le monde se dirige tout droit vers un réchauffement climatique de 4°C ». Les hommes (terme générique) sont décidemment inconscients. Ils s’inquiètent encore de  l’ameublement de leur maison alors que celle-ci commence à brûler. Quand comprendrons-nous l’urgence d’agir !

     L’année 2012 sera « chaude ». Bonne année à tous !

     Tananarive, Le 2 Janvier 2012

    Jean-Daniel Chaoui, Candidat législatives 10ème circonscription

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    Brèves 10ème circonscription.

     Attentat au Liban : Juppé accuse la syrie

    Le Ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a estimé qu'il y avait "de fortes raisons de penser" que la Syrie est responsable de l'attentat qui a blessé cinq casques bleus au Liban. Il a toutefois précisé ne pas en avoir la preuve. Cinq soldats français avaient été blessés vendredi 9 décembre par une puissante explosion survenu près de la ville de Tyr, dans le Sud-Liban. Leur vie n'est pas en danger.

     Syrie : le silence du Conseil de sécurité de l'ONU dénoncé

    Le Conseil de sécurité de l'ONU "est moralement responsable de ce qui se passe en Syrie" a affirmé avant-hier l'Ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud, pointant du doigt le refus de la Chine et de la Russie de voter une résolution contre le régime de Bassard Al-Assad. Une accusation "immorale", a rétorqué la Russie. Selon l'ONU, la répression a fait plus de 5000 victimes depuis mars.

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    Le gouvernement poursuit une politique xénophobe vis-à-vis des étudiants étrangers

    Taxe sur les étudiants étrangers : l’Être et le Guéant

    Malgré la promesse de Claude Guéant de réviser sa Circulaire du 31 mai, le Gouvernement vient d’inscrire dans le budget 2012 une nouvelle taxe sur les étudiants étrangers…

    En psychiatrie, on appellerait ça une névrose obsessionnelle. Après la circulaire du 31 mai 2011 relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle, dite « Circulaire Guéant », bras armé d’une politique du chiffre en matière d’immigration légale, après le décret  du 6 septembre 2011 (pris pour l’application de la loi  du 16 juin 2011 relative à l’immigration, l’intégration et la nationalité et relatif aux titres de séjour) qui augmente de 30% les ressources exigées pour obtenir un titre de séjour étudiant, le Gouvernement a créé dans la loi de finances pour 2012, promulguée hier, une nouvelle taxe sur les étudiants étrangers…

    Gratuit jusqu’en décembre 2008, le renouvellement d’un titre de séjour étudiant est actuellement soumis à une taxe comprise entre 55 et 70 euros. A partir du 1er janvier, la taxe variera entre 200 et 385 euros. A cela s’ajoute une nouvelle contribution de 110 euros payable dès le dépôt de la demande et non remboursable même en cas de refus.

    Alors qu’une politique intelligente d’attractivité universitaire supposerait d’investir ou au moins d’inciter les meilleures étudiants étrangers à venir étudier et travailler en France, c’est exactement le contraire qui se passe.

    Depuis la décision de Nicolas Sarkozy d’octroyer la gratuité de l’enseignement aux Français expatriés, les frais de scolarité des lycées français à l’étranger ont explosé pour les élèves étrangers. Pour venir étudier en France, il leur faut ensuite, depuis septembre 2011, justifier de 615 euros minimum de ressources mensuelles pour obtenir un titre de séjour étudiant.

    Les demandes et les renouvellements de titres de séjour seront ensuite, à partir du 1er janvier 2012, surtaxés à chaque nouvelle année scolaire. Une fois diplômé, le matraquage continue : s’il arrive à obtenir auprès des directions régionales de l’emploi son changement de statut, l’étudiant devenu salarié devra demander à son employeur de verser une taxe, réévaluée par la circulaire du 11 mars 2011 (relative aux taxes liées à l’immigration et à l’acquisition de la nationalité) à 50 % de la rémunération brute mensuelle, dans la limite de 2,5 fois le SMIC la première année, et de 160 euros les années suivantes.

    Ces taxes servent-elles à financer les universités, la recherche, les instituts culturels français ? Sont-elles affectées au désendettement ? Non, elles servent à payer les factures l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), une agence publique dirigée par Arno Klarsfeld, ancien avocat brillant, reconverti dans le sarkozysme primaire, qui a succédé en 2011 à Dominique Paillé, ancien porte-parole adjoint de l’UMP, reconverti dans l’écriture de romans d’anticipation. Et l’OFII sait habilement dépenser cette manne financière : sa dotation lui sert en bonne partie à payer les aides au retour volontaire de migrants roumains, puis à acheter sur place des troupeaux de moutons à ces paysans sans terre – une politique totalement inefficace, condamnée par le Conseil de l’Europe…

    Pour des raisons électoralistes et idéologiques, le Gouvernement était prêt à sacrifier une génération entière d’étudiants étrangers – avant la mobilisation du Collectif du 31 mai, relayée par les syndicats d’étudiants, de salariés, le patronat, les universités, les Grandes écoles, les lycées français à l’étranger, les associations de défense des étrangers, les associations de défense des droits de l’Homme, les chercheurs, les intellectuels, les partis politiques, etc.

    Malgré le revirement récent le mal est fait et l’image de la France à l’étranger est déjà écornée. Cela se traduit déjà par les chiffres de préinscrip-tion d’étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur en France. A moins d’un coup de barre fort dans la direction opposée, cet effet risque d’être durable.

    Les revendications du Collectif du 31 mai sont simples : un retrait immédiat de la circulaire et l’association systématique de toutes les parties prenantes à la définition de nouvelles règles. A terme, il faudra prévoir une autorisation provisoire de séjour automatique d’un an à la fin des études, afin de laisser le temps à l’étudiant de trouver un travail ou de créer son entreprise en France. Un titre de séjour de cinq ans renouvelable pour les étudiants qui deviennent salariés pourrait ensuite être créé.

    De plus, la simplification et la dématérialisation de toutes les démarches administratives pour les étudiants étrangers est indispensable. Il n’est pas admissible que des étudiants en période de partiels dorment la nuit devant les préfectures pour pouvoir déposer leurs dossiers. Il faudra ensuite supprimer les taxes servant à financer des administrations dont la seule raison d’être est de percevoir ces taxes.

    Voici pour 2012 des propositions clés en main pour facilement diminuer les dépenses de l’Etat, stimuler la croissance et faire de nouveau rayonner la France à l’étranger. Aux candidats républicains de s’en saisir.


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  • Edito n°124 : touche pas à mon défilé du 14 juillet !

     

     

    Eva Joly, fraîchement investie comme candidate à l’élection présidentielle de 2012 par Europe Ecologie-Les Verts, bouscule les traditions en remettant en cause le bienfondé du défilé militaire du 14 juillet. Elle se voit accusée de ne rien comprendre à la France compte-tenu de sa bi-nationalité et de son acquisition « récente » de la nationalité française.

     

    Disons clairement, en préambule, que les propos du Premier ministre François Fillon ne sont pas dignes de sa personnalité et de sa fonction ; Il n’existe pas, dans notre république, différentes façons d’être français permettant d’insinuer, comme l’aurait dit Coluche, que certains seraient plus Français que d’autres. Marine Le Pen s’était déjà fourvoyée dans cette voie en déclarant qu’Eva Joly était française depuis peu de temps. Rien d’étonnant de la part de la Présidente du FN, cela correspond au discours xénophobe frontiste. Mais la réaction de François Fillon démontre que la droite Sarkoziste n’a pas renoncé à courir derrière le FN, espérant par là-même maintenir son influence électorale sur l’extrême droite comme en 2007. Après la remise en cause de la bi-nationalité par une partie de l’UMP, cela confirme la constance d’une dérive droitière du Sarkozisme.

     

    Quant au défilé militaire du 14 juillet, peut-on considérer, comme semble le dire la candidate écologiste, qu’il ne représente pas les forces vives de la nation qui devraient symboliser la fête nationale ? Disons d’emblée que la réflexion a du sens. La nation se nourrit principalement de la société civile et de la société économique, de sa jeunesse, de ses organisations politiques, syndicales, associatives… tous les acteurs qui font la France d’aujourd’hui. Et l’idée de la France repose sur plusieurs grands corps (Armée, Education, Culture, Services publics …), ses représentations symboliques (drapeau, hymne, Président, gouvernement et représentants élus…), ses monuments emblématiques (la Tour Eiffel, le château de Versailles, le musée du Louvre mais aussi le musée de la Villette ou le quartier de la défense…)

     

    Pour autant, le lien quasi filial entre la nation et l’armée reste, à mon sens, prépondérant. Garante de la sécurité et de la sauvegarde de la Nation, l’armée française a, depuis plusieurs années, élargi ses interventions pour se projeter vers des missions de régulations internationales en coordination avec les démocraties du Nord. Le 14 juillet est un moment de communion entre la nation et son armée et l’intervention d’Eva Joly m’apparaît maladroite et inappropriée dans un contexte où les pertes de soldats des derniers jours intervenues en Afghanistan appellent au rassemblement et au recueillement.

     

    Ouvrir la réflexion, pourquoi pas ! Remettre en cause le défilé militaire, cela ne me semble pas d’actualité !

     

    Jean-Daniel Chaoui

    La Rochelle, le 16 juillet 2011

     Candidat du PS législatives 2012 dans la 10ème circonscription des Français de l’étranger

     

     

     

     


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  • Edito,

     

    Madagascar dans « l’œil de la Sadc »

     

    Depuis plus de deux années, Madagascar est exclu du concert des nations. Selon les procédures internationales actuellement en usage, se sont les organisations régionales qui sont mandatées par l’Union Africaine pour résoudre les crises politiques en Afrique. Madagascar fut donc confié à la Sadc, organisme dominé par la puissante Afrique du Sud.

     

    La SADC sera-t-elle plus efficiente à résoudre la crise malgache que la Cedeao le fut pour la crise ivoirienne. On peut de plus en plus en douter. Deux années de tergiversations ont abouti à la rédaction d’une feuille de route par le négociateur, le mozambicain Léonardo Simao, feuille de route qui sera étudiée lors du prochain sommet des chefs d’Etat de la Sadc le 20 mai prochain. Sera-telle ratifiée par les édiles politiques ? Rien n’est moins sur !

     

    La communauté internationale est en effet très divisée entre ceux qui veulent aller de l’avant avec la configuration politique qui s’est finalement imposée, celle de la HAT (Haute Autorité de Transition) et organiser des élections au plus vite permettant de relégitimer l’ensemble du personnel politique (le plan A) et ceux qui veulent absolument parvenir à un consensus général réintégrant dans le jeu politique les ex-présidents Ratsiraka et Ravalomanana actuellement en exil, le premier en France et le second au Lesotho (le plan B).

     

    Incapable de surmonter ses divisions, c’est paradoxalement cette communauté internationale qui bloque maintenant  la sortie de crise. C’est un secret de polichinelle que les partisans du plan A rassemblent la France, les pays francophones et les organisations francophones alors que le plan B regroupe les pays anglo-saxons derrière les Etats-Unis, une guerre « picrocholine » dont Madagascar fait les frais, bloc francophone contre bloc anglophone.

     

    Alain Juppé semble avoir décidé de suivre personnellement le dossier malgache, c’est une bonne chose. Alors messieurs, le 20 mai, donnez enfin sa chance au peuple malgache en allant de l’avant.

     

    Jean-Daniel Chaoui

    Candidat législatives 2012

    10èm circonscription

    16/05/2011

     

    La Communauté de développement d’Afrique australe (ou SADC, acronyme de l'anglais Southern African Development Community) est une organisation qui vise à promouvoir le développement économique de l'Afrique australe. Elle a succédé le 17 août 1992 à la Conférence de coordination pour le développement de l'Afrique Australe, fondée le 1er avril 1980.

     

    États membres

    Les 9 États fondateurs sont: Drapeau : Angola Angola Drapeau : Botswana Botswana Drapeau du Lesotho Lesotho Drapeau : Malawi Malawi Drapeau : Mozambique Mozambique Drapeau : Swaziland Swaziland Drapeau de Tanzanie Tanzanie Drapeau : Zambie Zambie Drapeau : Zimbabwe Zimbabwe

    Le total des membres est passé à 15 avec les adhésions de: Drapeau : Namibie Namibie - 31 mars 1990

    Drapeau : Afrique du Sud Afrique du Sud - 30 août 1994 Drapeau : Maurice Maurice - 28 août 1995 Drapeau : République démocratique du Congo Rép. dém. du Congo - 8 septembre 1997 Drapeau de Madagascar Madagascar - 18 août 2005 (suspendu suite aux évènements de mars 2009) Drapeau : Seychelles Seychelles - 8 septembre 1997 - 1er juillet 2004, 2008

    La candidature du Rwanda a été rejeté en 2005 pour des questions de procédure


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  • La RGPP, Révision générale ou

    Restriction générale des politiques publiques ?

     

    Contre la casse du service public à l’étranger

     

    Exiger pour nos communautés un environnement administratif et éducatif de proximité et de qualité.

     

    La « cure d’amaigrissement » imposée aux services publics par le tandem Sarkozy-Fillon depuis 2007 a aujourd’hui atteint de plein fouet nos communautés à l’étranger. Présentée sous le vocable faussement moderniste de « Révision Générale des Politiques Publiques », la diminution des moyens budgétaires et des personnels affectent maintenant profondément nos services et nos représentations : remise en cause de la présence consulaire dans des grandes villes où résident pourtant plus de 2000 compatriotes, fragilisation des établissements scolaires par des mesures de désengagement prises unilatéralement par l’Agence ayant en charge notre présence éducative (AEFE), réduction des personnels dans les services entrainant surcharges et parfois incapacité de faire face à l’attente des compatriotes…

     

    Habilement mise en scène par un discours visant à persuader chacun que tout cela serait inéluctable, « on ne peut faire autrement nous disait un ministre de passage, l’Etat doit faire des économies », cette politique mine progressivement la vie citoyenne des Français de l’Etranger. Elle affecte particulièrement les plus vulnérables, contraints à l’impossible, faire trois mille kilomètres pour renouveler un passeport, passer un entretien, instruire un dossier, attendre une aide sociale… pour les usagers, la RGPP conduit à un éloignement (géographique et fonctionnel) et des fermetures des services publics ; des missions publiques privatisées ou abandonnées ;

     

    Disons-le clairement : ce n’est ni notre vision du service public, ni notre ambition pour les Français des l’étranger. Il y a des principes de base à rappeler : pour que les consulats nous reçoivent il faut des agents, pour que nos enfants aillent à l’école, il faut des enseignants, l’égalité des citoyens est garantie par nos services publics. La droite, qui semble l’avoir oubliée, nous fourvoient dans des mesures de substitutions inacceptables, privatisant en  transférant les coûts sur les usagers. Ainsi en est-il des prises de rendez-vous dans les consulats, de l’engagement des enseignants français titulaire de l’Education Nationale par les APE-employeurs (Association de Parents gestionnaires des écoles homologuées), du transfert de l’action sociale aux associations de bienfaisance ou de solidarité… Les conditions de travail se dégradent, les pressions s'accentuent sur des personnels surchargés. Les activités sont menacées dans leurs diversités et leur richesse. Mal défendu par les ministres précédents, le MAEE a été l’une des principales victimes de cet outil devenu strictement budgétaire pour justifier a posteriori le non-remplacement de 1 fonctionnaire sur 2 partants à la retraite.

    Au moment où, lors du conseil des ministres du 9 mars 2011, le gouvernement a présenté un nouveau « rapport d’étape » de la révision générale des politiques publiques (RGPP) et annoncé son intention de poursuivre l’adoption des nouvelles mesures sur la période 2011 à 2013 et, ainsi, de renforcer la destruction des missions, des services, des opérateurs, des administrations et des effectifs de la fonction publique de l’Etat (FPE), nous affirmons qu’une autre politique est possible, que d’autres choix sont envisageable pour les Français de l’étranger. Nous avons le droit à conserver nous-aussi nos « mairies-consulats » et nos écoles.

    Jean-Daniel Chaoui, Candidat du Parti Socialiste, 10èmè circonscription.


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  • Edito : la révolution dans le monde arabe entre craintes, peur et espoir.

     

    Les démocraties du Nord se sont accommodées sans état d’âme des régimes dictatoriaux qui se sont installés dans les pays arabes, quand elles ne les ont pas favorisés.  L’actualité récente a démontré la proximité de la classe dirigeante française avec le Président Ben Ali ; le Président Moubarak jouissait d’une excellente audience, particulièrement de la part des USA et d’Israël ; Kadhafi fut reçu « en grandes pompes » par le Président Sarkozy voilà deux années à Paris.

     

    Cyniquement instrumentalisés par les puissances occidentales, ces régimes ont (avaient pour ceux qui sont emportés par le mouvement démocratique en cours), quatre rôles essentiels : établir une première ligne de défense contre l’immigration africaine, faire rempart à l’islamiste radical, contrebalancer l’influence du Hamas et du Hezbollah par rapport à la recherche d’une solution au conflit israélo-arabe, garantir l’approvisionnement en pétrole des démocraties occidentales.

     

    L’effondrement de « cette ligne Maginot » que représentaient la Tunisie, l’Egypte et la Lybie (et probablement d’autres pays très prochainement), produit une onde de choc parmi les dirigeants politiques européens en particulier :

     

    * La muraille s’étant subitement éboulée et la voie s’étant libérée, des milliers de personnes, poussées par la misère économique et l’espoir d’une vie meilleure, envahissent l’île de Lampedusa à quelques heures de navigation des côtes Tunisiennes. Ce phénomène devrait s’élargir dans les mois qui viennent. La droite européenne essaie de s’emparer de cette situation pour surfer sur la crainte qu’elle suscite et chasser ainsi sur les terres de l’extrême droite. Berlusconi, englué dans des affaires « peu reluisantes », tente d’y trouver un lieu de revalorisation. Nicolas Sarkozy ne résista pas, dimanche dernier, à la tentation, passant plus de temps à parler du « risque migratoire » que de l’élan démocratique qui bouleverse le mode arabe et dont la France n’a toujours pas pris la mesure  à ce jour : triste médiocrité de notre diplomatie sous l’ère Sarkozy.

               

    * Le second point qui inquiète l’opinion est l’émergence des nouveaux pouvoirs qui vont s’installer à Tunis, au Caire et à Tripoli. La prévalence du danger que représente l’islamique radical sur toute autre considération a été instrumentalisée par les dictateurs déchus et a servi d’éteignoir à toute expression démocratique depuis des années : comment concevoir que des pays puissent rester des décennies sous l’Etat d’urgence comme en Egypte ou en Algérie ! L’activisme d’Al Qaida a fait le reste pour entretenir une phobie générale. C’est accorder peu de confiance au mouvement démocratique qui a explosé et aux acteurs politiques qui le portent. Notre pays devrait, de part ses relations particulières avec cette région du monde méditerranéen, engager son crédit et des moyens pour accompagner et aider la réussite de ce mouvement de libération qui traverse le monde arabe. Après le désastre de l’épisode Alliot-Marie, Alain Juppé représente une ultime chance de rétablir la France dans son rôle historique.

     

     

                Quels effets pour « le conflit Israélo-arabe » ? Je pencherai plutôt vers l’optimisme raisonné. Les bouleversements en cours devraient permettre de sortir de l’immobilisme qui caractérise la situation actuelle, tant du côté israélien que du côté palestinien, sous réserve que le gouvernement israélien s’intéresse réellement à la recherche d’un accord global plutôt qu’à consolider ses positions.

     

    L’aspect pétrolier me semble peu opératoire, pour le présent, la Lybie seule ayant une production significative. Il prendra une importance primordiale pour peu que l’épidémie démocratique se propage vers la péninsule arabique et les émirats mais il pèse indiscutablement sur le mouvement en cours à Bahreïn.

     

    Saluons avec force l’explosion démocratique qui bouleverse le monde arabe. La révolution libyenne est en train de démontrer « par l’extrême » que tout est possible. Les conséquences en seront considérables dans toute l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient.

     

    Ainsi va le paradoxe de nos démocraties d’entretenir des potentats locaux pour protéger nos intérêts nationaux dont chaque citoyen français est bénéficiaire, sans trop se préoccuper du respect des valeurs qui fondent notre société. Ainsi va la Francafrique et bien d’autres relations internationales. Professons l’idée qu’une autre relation est possible et qu’elle doit être recherchée. La démocratie n’est-elle pas une valeur universelle ?

     

     

    Jean-Daniel CHAOUI

    Candidat du Parti Socialiste

    Elections législatives 10ème circonscription.

    Français de l’Etranger

     

     

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    Ressouder une Afrique éclatée, à partir de la diaspora

     

     

    Pourquoi la question du panafricanisme s’est-elle posée hors du continent?

     

    Elle répondait certes au besoin de ressouder une Afrique éclatée, segmentée par la colonisation, ayant perdu ses royaumes ancestraux dans un découpage artificiel. Mais en réalité elle existait bien avant la question coloniale et s’était posée antérieurement, à partir de l’esclavage, les descendants d’anciens esclaves portant la question du retour à la Terre natale.

    Le panafricanisme a donc été la réponse à une double souffrance, non seulement le découpage de la Terre-Mère, par la colonisation, mais aussi le découpage de l’Etre, par l’esclavage. En réalité, la rencontre de l’Europe et de l’Afrique jusqu’à aujourd’hui ne s’est jamais faite, parce qu’elle s’est toujours faite par la négation de l’autre, esclavage d’abord, puis colonisation. La structure sociale existante a été démembrée, les gens en ont été dépossédés.

    Or, fait paradoxal : c’est sur la terre de l’ancien colonisateur qu’est née cette quête politique et culturelle de la reconstruction de l’identité africaine. Dans un vieil article de Liaisons, ancien journal des intellectuels de l’Afrique Centrale, on trouve cette interrogation par rapport au colonisateur : « Pourquoi est-ce que ce n’est pas le même homme, celui qu’on a connu chez nous et l’homme que l’on retrouve quand on vient chez lui, si accueillant, bienveillant ? ». Comment comprendre cette non-rencontre historique, alors que la rencontre de l’autre, dans sa dimension d’humanité, est possible ensuite sur son propre terrain ? Comment la jonction se fait-elle ?

    En tout cas, les cinq congrès panafricains se sont tous tenus sur le sol européen. Et ce sont les figures les plus avancées de l’anticolonialisme, formés dans les métropoles, qui ont repris aux Indépendances le flambeau du panafricanisme : parmi elles, Houphouët-Boigny, qui a voulu ouvrir la Côte d’Ivoire à toute l’Afrique de l’Ouest, en en faisant le modèle du pays panafricain, mais son parti du Rassemblement démocratique africain (RDA) a échoué. Ou d’une autre manière Kwame Nkrumah (Ghana), qui avec une idée de fonder des « Etats-Unis d’Afrique », avec Sékou Touré (Guinée Conakry), ont jeté les bases de l’Organisation de l’Union Africaine (OUA). Sans compter encore, en métropole, la Fédération des Etudiants d’Afrique noire et le Parti Africain des Indépendances, militants du fédéralisme.

    Il y avait donc une sorte d’idéal territorial. Mais aujourd’hui, c’est l’échec sur le terrain, on a assisté à la fin des processus démocratiques en Afrique, et on assiste maintenant à une nouvelle émergence des particularismes et des revendications autochtones, voire tribales. Le panafricanisme s’oriente vers quelque chose d’autre, se redéfinit vers une nouvelle notion, moins territoriale, plus identitaire : quelque chose de supra-africain.

     

    Une redéfinition aujourd’hui de la relation panafricanisme/diaspora

     

    Le panafricanisme semble se recomposer autour de deux influences:

    le rôle politique de la diaspora : les diasporas sont devenues les lieux de la contestation des gouvernements en Afrique. Les Africains d’Europe sont en effet exercés à la diversité, à la liberté d’action. Pour preuve, il leur est d’ailleurs parfois plus facile d’exercer un mandat politique sur le sol européen (être élu maire ou député) que dans leurs propres pays d’origine.

    son rôle économique : la diaspora, restée fidèle aux structures parentales, représente un soutien économique souvent considérable, plus élevé que toutes les aides officielles au développement. Comment, par exemple, un pays comme le Congo Brazzaville aurait-il pu survivre à la guerre civile et à neuf mois sans salaires, s’il n’y avait eu les économies de la diaspora et les transferts par les agences de Western Union, un tel flux financier que les gouvernements ont voulu imposer ces transferts ?

    on peut enfin parler, chez les élites les plus avancées, vivant aux Etats-Unis ou en Europe, d’un processus de réinvention du politique, de réappropriation de l’identité africaine, qui permette de se revendiquer de sa différence tout en s’incluant dans son pays d’origine.

     

    Patrice Yengo, La Lettre de la CADE n° 138 - Février 2011


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