• Energie Nucléaire

    Hollande : "Réduire notre dépendance au nucléaire d’ici à 2025"

    François Hollande, député PS de la Corrèze et candidat à la présidentielle, détaille sa position sur la question du nucléaire

    Sondage exclusif Ifop/JDD : les Français veulent une sortie progressive du nucléaire

    "Fukushima a relancé la question de la sécurité des centrales nucléaires. Un audit sur les centrales françaises est en cours. Celles qui présenteront le risque le plus minime face à un choc de même ampleur devront être fermées. Le deuxième principe que je défends est la diversification des sources d’énergie, ce qui exige une montée plus rapide que prévue par le Grenelle de l’environnement des énergies renouvelables. Enfin, nous devons engager la transition énergétique pour répondre aux exigences d’émissions de CO2 et économiser drastiquement l’énergie par un changement des modes de production, de consommation et de transport. L’isolation des logements et les véhicules propres doivent être notre priorité.

    Tous les socialistes défendent l’idée qu’il faut baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité en France. La décision allemande est un événement, certains s’en félicitent, d’autres le regrettent. Je veux rappeler que nous ne sommes pas dans la même situation qu’outre-Rhin : en Allemagne, 22% de la production vient du nucléaire, en France, 75% de l’électricité est d’origine nucléaire. Ma position, en tant que candidat à l’élection présidentielle, est claire : la France doit faire le même effort que l’Allemagne en 15 ans, soit réduire de 75 à 50% notre dépendance au nucléaire d’ici à 2025. Je montre ainsi une volonté et une cohérence dans le temps. Je ne propose pas de définir des échéances à 30 ou 40 ans, mais de poser un engagement pour les 15 prochaines années. Les écologistes ont le droit d’être pour la sortie du nucléaire, mais nous avons le devoir de dire ce que nous ferons ensemble pour le prochain quinquennat."

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    Lauvergeon : "Fukushima? Un rappel à l’ordre"

    Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva, s’étonne de l’inertie de l’Etat japonais, rejette le low cost et mise sur la sûreté pour continuer à vendre du nucléaire. Extraits de l'interview qu'elle a accordée au JDD.

    Dans vos pires cauchemars, Fukushima était-il possible?

    Les dix jours qui ont suivi l’accident de Fukushima ont été les plus difficiles de toute ma vie professionnelle. À une catastrophe naturelle aux conséquences dramatiques, s’est ajoutée, sous nos yeux, une catastrophe nucléaire. Personne n’aurait imaginé qu’un État aux structures aussi sophistiquées que le Japon puisse être incapable de venir au secours d’une centrale. Un tel Etat au tapis, vous l’auriez imaginé, vous? Cela fait partie des leçons de Fukushima.

    Le risque zéro n’existe pas plus dans le nucléaire qu’ailleurs. Est-il, dès lors, raisonnable de continuer dans cette voie?

    Le risque zéro, effectivement, n’existe pas. C’est pourquoi le nucléaire post-Fukushima doit reposer sur toujours plus de sûreté, de sécurité et de transparence. Ce n’est pas négociable. Avec les électriciens, un peu partout dans le monde, nous travaillons à adapter les centrales existantes aux leçons de Fukushima.

    La réplique post-Fukushima en Europe est très forte. L’Allemagne vient de décider de sortir du nucléaire d’ici à 2022.

    Ce n’est jamais que l’application d’une décision prise par Gerhard Schröder en 2002. Angela Merkel a fait une brusque volte-face pour des raisons politiques. Le reste de l’Europe réagit différemment. (...) Par quoi l’Allemagne va-t-elle remplacer son nucléaire? Du charbon? Du gaz? ça veut dire plus de CO2! Des énergies renouvelables? Elles sont intermittentes et on ne sait pas stocker l’électricité. L’Allemagne devra donc importer de l’électricité venue de pays ayant tous des programmes nucléaires. Où est la logique?

    Le nucléaire low cost est-il mort à Fukushima?

    Ces dernières années, la mode du nucléaire pour tous et dans n’importe quelles conditions m’a inquiétée. Je l’ai dit. Certains, en France, nous ont reproché notre EPR trop cher parce que trop sûr, nos "ceinture et bretelles" en matière de sécurité. Fukushima est un rappel à l’ordre. On ne pourra développer du nucléaire qu’avec les normes de sûreté les plus élevées. Le président Sarkozy a obtenu une déclaration forte du G8 dans ce domaine. Plus personne ne peut faire la promotion du low cost/low safety.


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