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     Point de vue

    Terra incognita…

    Le 25 mai 2011

    « La France n’est pas une équation, elle est une mission. » François Mitterrand.

    Le mois dernier le think-thank politique Terra nova publiait un rapport intitulé « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? ». Ce rapport a donné lieu à de nombreux commentaires. Mais au-delà de la caricature, cette réflexion traduit les problèmes de fond d’une gauche française aujourd’hui à la croisée des chemins.

    Mon post n’est pas un contre-argumentaire. Il nécessiterait plus de temps que je ne peux en octroyer à ce blog. Mais il s’inquiète de cette tentative de remise au goût du jour de cette « troisième voie », décalée de la réalité du pays et de ses aspirations.

    Ce rapport interroge en effet une situation politique aux apparences de grand paradoxe ; « la social-démocratie est en crise … elle n’a pas pu capitaliser politiquement sur la grande crise de 2008 ».

    Deux explications sont avancées pour expliquer cette donne actuelle. Le logiciel politique des partis sociaux-démocrates n’est plus adapté à un capitalisme devenu transnational et financier mais surtout l’assise sociologique de la gauche a évolué.

    La première carence de ce rapport est de traiter séparément ces deux observations.

    Il existe bien évidemment une corrélation évidente entre l’avènement d’une nouvelle gouvernance de l’actionnariat dans nos usines d’un côté et de l’autre, la précarisation des conditions de vie et de travail d’une classe laborieuse devenue armée des ombres.

    La faiblesse de nos politiques industrielles estompe évidemment le sentiment d’appartenance à un quelconque groupe constitué.

    Ce lien oublié conduit inévitablement à disculper le politique d’une quelconque responsabilité. Voici que s’impose à nous une nouvelle réalité sociologique imparable qui appelle une gauche dite moderne.

    Et pourtant, notre incapacité à réorienter profondément ce nouveau capitalisme depuis bientôt trente ans n’a-t-elle pas pesé dans cet effacement progressif de « l’identité ouvrière » ? Ne devons-nous pas prendre notre part de responsabilité ?

    Les travaux historiques les plus récents (sur la période mitterrandienne) soulignent déjà le décalage entre les dispositions économiques d’un programme commun élaboré dans les années 70 pour réformer un capitalisme monopolistique d’Etat et la réalité mondiale des années 83/84…

    Alors certes, la société de consommation élève le niveau de vie global de nos concitoyens, valorise l’individu et tente de l’enfermer dans un corpus de valeurs conduisant au repli.

    Mais le politique doit-il pour autant renoncer à changer le réel ? Oui selon Terra nova qui invite le politique à accompagner le mouvement.

    Dès lors, rien de surprenant à l’objet même de ce travail qui nous révèle le plan marketing nécessaire à la victoire électorale : cibler les jeunes, les diplômés, les minorités visibles et les femmes, acteurs nouveaux du modernisme sociétal version élites progressistes face une classe ouvrière accomplissant « un chemin inverse » à ces nouvelles tolérances dont nous (je suis jeune et diplômé ouf !) sommes les porteurs.

    Amusant de constater que pour illustrer son propos, Terra nova résume mai 68 à un mouvement entrainant « la gauche politique vers le libéralisme culturel ». Pas un mot sur les 10 millions d’ouvriers grévistes. Nécessité de la démonstration sans doute.

    Voilà qui nous amène au deuxième écueil de ce rapport, écueil fondamental, puisqu’il s’agit de son intitulé même.

    Je ne conteste bien évidemment pas l’idée d’une désaffection politique de l’électorat populaire à notre encontre mais celle-ci nous commande un nouvel impératif : faire la démonstration de l’utilité même de l’action publique.

    La question est donc la suivante « gauche, quel projet citoyen pour 2012 ? ». Autrement dit, la victoire pour faire quoi ?

    Plutôt que de proposer une attitude contemplative vis-à-vis d’un perçu sociologique hasardeux, rassemblons notre courage pour expérimenter une nouvelle voie.

    Du courage il en faudra. Cette bataille ne se gagnera pas sans combattre. Seule l’émergence de nouveaux outils de régulation permettra un nouveau partage des richesses et un réveil citoyen.

    Le « rétrécissement démographique de la classe ouvrière » n’est qu’un jeu sémantique qu’il convient de ne pas relayer.

    Comment confondre le sentiment d’appartenance à une classe sociale avec sa réalité même.

    C’est toute la force d’un système économique qui broie les individus, les place sous dépendance mais améliore, dans le même temps, leur confort matériel. Au détriment des pays du sud, naturellement

    La tertiarisation de l’économie véhicule également son cortège de maux tels la flexibilité, les temps partiels ou encore les risques psycho-sociaux qui finissent eux-mêmes par remettre en cause les valeurs républicaines du vivre ensemble.

    Alors oui, la notion de classe ouvrière ne renvoie plus exactement aux mêmes vécus qu’en 1936. Mais pourtant. La pression des centres d’appels, les troubles musculo-squelettiques provoqués par la répétition de gestes imposés sont-ils plus enviables ?

    Non, bien sûr. Sous le vocable plus feutré de salarié se cache parfois les mêmes souffrances que celles du siècle dernier.

    Terra nova décrit ensuite le mouvement « d’ouvriers [qui] votent de moins en moins à gauche » pour mieux justifier le néo-conservatisme attribué à ces mêmes ouvriers.

    Et pourtant, la construction d’une conscience de gauche n’est-elle pas un cheminement personnel et collectif qui ne doit rien à une prédétermination ?

    L’histoire est marquée en permanence du sceau de cette lutte, individuelle et collective. La classe ouvrière n’est pas plus abominable aujourd’hui qu’elle n’était vertueuse hier.

    Un exemple simple et récent qu’il convient de ne pas balayer d’un revers de main : le mouvement social de novembre/décembre 95. Les ouvriers et le secteur privé étaient très présents dans les cortèges avec une double conséquence : le recul du FN dans des débats mettant en avant la question sociale et la victoire de Lionel Jospin en 1997.

    Sortir de notre raisonnement les personnes qui sont la raison même de notre engagement est suicidaire.

    Renoncer à cette bataille permettant la formation d’une conscience civique et citoyenne c’est battre retraite en rase campagne, avouer notre impuissance et renouer, justement, avec un pseudo nouveau logiciel en réalité déjà périmé ; celui d’une gauche dite sociétale. Cette stratégie c’est ce que Terra nova appelle « France de demain ; une stratégie centrée sur les valeurs ».

    Valeurs « d’avenir, d’émancipation et de diversité ». Mais émancipation de quoi ? Le rapport ne le précise pas.

    Cette carence est l’une des faiblesses de la gauche d’aujourd’hui. L’absence de courage politique. Ce courage qui permettrait à nos intellectuels de travailler à la mise en place de propositions favorisant l’alternative au-delà de l’alternance, la révolution écologique, la mise en place de dispositifs permettant de « dé-mondialiser » notre économie pour permettre l’égal développement de nos territoires, ceux d’une république décentralisée où des citoyens plus heureux pourraient alors faire vivre nos valeurs universalistes.

    Ce ciblage sur des catégories dites vertueuses constitue le troisième parti pris de ce rapport.

    La « France de demain », pour Terra nova, est constituée des jeunes, des diplômés, des minorités et des femmes qui « s’auto positionnent » à gauche. Trop beau ! Il suffit alors de se pencher pour les ramasser ? Malheureusement non, nous alertent les auteurs de ce rapport.

    Car cette coalition a trois limites selon eux. Une réalité démographique limitée, une absence d’homogénéité ainsi qu’une fâcheuse tendance à l’abstention.

    Dés lors une stratégie complémentaire nous est proposée. Cibler les classes moyennes et les classes populaires.

    Apparaît alors la nouvelle mystique Terranovienne. Autant la classe ouvrière n’existe plus, autant la classe moyenne semble pouvoir être touchée du doigt…

    Pour ce qui est de « la stratégie complémentaire avec les classes populaires », celle-ci n’est pas un choix du cœur puisqu’en fait « c’est la tentation naturelle de la gauche, qui ne peut se résoudre, pour des raisons historiques, à perdre les classes populaires ».

    Cette stratégie concernant les femmes, la jeunesse ou encore nos concitoyens issus de l’immigration véhicule, selon moi, un nombre important de préjugés qu’il conviendrait de déconstruire.

    La jeunesse pour exemple. Il ne s’agit plus d’une classe d’âge mais d’une période de vie qui s’allonge au même titre que la précarité. La jeunesse se traduit aujourd’hui par la multiplication de dépendances (logement, santé, travail etc.) empêchant une vraie liberté individuelle. Je pense qu’il n’y a pas une jeunesse mais des jeunesses.

    Ces jeunesses sont aussi celles d’Espagne ou de Nord-Afrique qui veulent s’émanciper de ce monde vieillissant pour construire la citoyenneté mondiale de demain bâtie sur des espaces de vie respectueux de nos environnements, tant sociaux qu’environnementaux.

    Un slogan qui en dit long a fait son apparition à Madrid. « Je ne suis pas antisystème, c’est le système qui est anti-moi ».

    C’est à cette question que la gauche doit maintenant répondre. Pour conquérir de nouveaux espaces démocratiques et non se replier en zones protégées…

    Julien Vaillant, Pont-à-Mousson.


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  • Projet du parti socialiste : démocratie, coopération et francophonie
    Intervention de Pouria Amirshahi à la convention nationale du projet du PS, à Paris, le 28 mai 2011.

    Je voudrais commencer par remercier Martine Aubry d’avoir, il y a un an exactement, proposé qu’on lie, au sein de la direction nationale du parti, la question des droits de l’Homme, la question démocratique et les questions de développement et de coopérations. C’était au mois de mai, à cette époque j’étais secrétaire national aux droits de l’Homme et j’ai évidemment accepté cette mission. On a vu combien il s’est passé de choses depuis et qui ont fait écho à cette formidable ambition. Ce n’est pas étonnant, pour les socialistes, de lier en permanence ces deux faces du progrès, ce que les tunisiens ont magnifiquement appelé l’alliance du pain et de la liberté. Ce n’est pas étonnant et, en même temps, cela nous a permis de revisiter un certain nombre de vérités établies par d’autres et d’ouvrir une nouvelle période de coopération, d’émancipation et de prospérité des deux côtés de la Méditerranée.

    Pendant très longtemps, on nous a expliqué que beaucoup de ces peuples du Moyen-Orient, du Maghreb, du Mashrek étaient otages de dictatures - ce qui était vrai, otages de régime corrompus mais voilà, ces peuples ont pris leurs responsabilités. Aujourd’hui en Tunisie, et dans bien d’autres pays, on a vu comment ces peuples en mouvement, ont mis à bas des certitudes et des régimes et ont ouvert, eux, la voie à une nouvelle possibilité de développement, à une nouvelle promesse démocratique.

    De ce point de vue, ce qui se passe a une importance historique majeure. Guillaume Bachelay parlait tout à l’heure de la grande crise de la révolution libérale commencée dans les années 70. Il y a trente ans commençait au même moment une autre révolution conservatrice, en Iran, incarnée par l’imam Khomeyni se répandant comme une traînée de poudre et qui a façonné, figé des relations internationales. Cette contre-révolution réactionnaire est-elle aussi aujourd’hui remise en cause, ce qui nous ouvre des perspectives neuves.

    Ces perspectives, nous les avons intégrées dans notre projet. Les peuples eux-mêmes commencent à lever une hypothèque, en ayant lutté contre la corruption, pour la dignité, pour la démocratie. C’est maintenant à l’Europe de jouer, c’est à la France de prendre ses responsabilités. Nous voyons ce qu’il se passe dans toute la Région, par des révolutions comme en Tunisie et en Egypte, mais aussi par des élections, comme au Niger, ce pays où se jouent tellement d’enjeux y compris pour notre sécurité collective. Dans les domaines du développement et de la coopération, il faudra évidemment mettre le paquet, car il ne s’agira pas seulement d’aider des peuples en difficulté - bien sûr que le cœur des socialistes penche naturellement vers cet altruisme - mais il s’agit aussi de nos sécurités collectives, il s’agit de comprendre que, là où il n’y a pas d’Etat, là où il y a une déségrégation du tissu social, là où il existe des boums démographiques que personne ne maîtrise, alors se développement toutes les peurs sur lesquelles prospèrent les pires obscurantismes, les pires hypocrisies. C’est aussi contre ces peurs qu’il faudra lutter.

    Nous agirons aussi dans le domaine ô combien stratégique de la francophonie. Pas au nom de je ne sais quelle nostalgie passéiste, mais parce que nous avons des liens historiques, fraternels et stratégiques à construire, avec les peuples d’Afrique de l’Ouest en particulier, ceux avec qui nous avons en partage les plus belles choses : une langue, des cultures et aussi, d’une certaine manière, une certaine vision du monde. C’est pourquoi nous avons commencé par dire que nous stopperons le démantèlement en cours des alliances françaises et des coopérations culturelles et que nous avancerons en bâtissant un vrai audiovisuel extérieur, un Erasmus francophone et aussi en inventant, pourquoi pas, à travers un passeport de la francophonie, quelque chose qui nous permette de cimenter ces identités communes et de construire ces ponts dont nous avons tant besoin entre les deux rives de la Méditerranée, plutôt que ces murs, ces grillages et ces bateaux du désespoir.

    Tous ces projets sont aussi une alternative à ce que Monsieur Sarkozy, avec l’aide Monsieur Guéant, instille en permanence : le rejet de l’autre, la négation des identités et la stigmatisation des étrangers. A tel point que, par je ne sais quelle confusion des esprits, il finit par s’en prendre à ses propres compatriotes, ces 8 millions de bi-nationaux qui sont français et viennent parfois d’ailleurs à qui les autorités demandent aujourd’hui de choisir entre ce qui fonde leur identité républicaine et ce qui serait à la source de leurs origines. Ces propos sont inacceptables pour tous, mais aussi pour ces deux millions de français qui travaillent à l’étranger et qui contribue au rayonnement de la France, qui contribuent au développement. A-t-on seulement une seule seconde osé affirmer que celles et ceux de nos compatriotes qui travaillent à New-York, à Dakar ou Bamako volent le pain de ceux qui vivent là-bas ? Non, bien sûr, car ce sont aussi par eux que passent les possibilités de coopérations, les échanges de culture. C’est aussi cela la promesse que nous portons dans le projet socialiste.

    http://www.dailymotion.com/video/xiz443_discours-de-pouria-amirshahi-a-la-convention-nationale-du-projet_news

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    Quel avenir pour le FMI ?

     

     

     

     

     

    Écrit par Richard Yung   

    Jeudi, 19 Mai 2011

     

    La démission de Dominique Strauss Kahn de la direction générale du FMI pose un problème politique difficile pour l’Europe. Il est de tradition, depuis Bretton Woods, que la direction de la Banque mondiale aille à un américain et celle du FMI à un européen. Mais ce qui était normal juste après la guerre ne l’est plus nécessairement aujourd’hui.

    Une des réformes récente du FMI a été d’accroitre la part des pays émergents (les grands pays comme la Chine, l’Inde, l’Afrique du Sud, le Brésil) dans le capital du FMI et donc leurs droits de vote. Ceci ne fait que traduire l’évolution de la puissance économique à travers le monde. Il a également été question de la possibilité de nommer un directeur général qui serait originaire d’un de ces pays. Mais après avoir été tentée par cette approche, l’Europe aujourd’hui hésite, pour ne pas dire plus. Elle a en effet un besoin fort de l’appui technique et financier du FMI qui est un partenaire important de l’Union et de la zone euro dans les plans de sauvetage de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande.

    DSK avait été très engagé dans ce rôle nouveau pour le FMI. Angla Merkel pense qu’il est important de continuer dans cette voie : on la comprend, elle ne veut pas que l’Allemagne porte le plus grand poids de ces plans de sauvetage. Quid de la France ? Je pense que, dans ces circonstances exceptionnelles, nous devons soutenir la même position mais en prenant un engagement clair d’ouvrir le poste d’ici 5 ans. La même chose devrait se faire pour la Banque mondiale sinon seuls les européens contribueraient à l’ouverture de la gouvernance. Nous sommes dans une phase financière délicate pour l’euro et pour nos pays et nous avons besoin de tous les concours, en particulier pour la dette grecque. Sa restructuration est en effet de plus en plus évoquée et nous aurons besoin de tout l’appui du FMI.

    La lettre de démission de DSK vient d’être publiée. Je note qu’il conteste avec force les faits et qu’il se proclame innocent. C’est donc sa parole (même si on ne l’a pas entendue) contre celle de la jeune femme. C’est un dilemme douloureux et l’on comprend que les sympathies de beaucoup de femmes aillent vers celle-ci. Dans les deux cas, nous sommes en face d’un drame humain particulièrement pénible.

    Sur le plan politique, il ne faut pas dramatiser la situation. Il y a bien sûr, le sentiment d’être « orphelins » pour tous ceux qui avaient mis leur espoir dans sa candidature à venir. De ce point de vue, la candidature de DSK avait le mérite de réaliser un début d’unité à gauche et dans le PS. Mais rappelons ces évidences : il n’avait rien annoncé et n’était candidat ni à la primaire ni à la présidentielle. Il est tout aussi faux de proclamer comme vient de le faire Nicolas Sarkozy que « le PS a perdu la bataille de la moralité ». L’opinion fait bien la différence entre un homme et l’ensemble du parti. Nous avons notre calendrier : adoptons le Projet qui reçoit un très bon accueil, préparons nos primaires : elles retrouvent tout leur sens.


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    10 mai 1981

    Héritages et espérances

     

     

     

    Se souvenir des belles choses, ne pas oublier les échecs

    (article paru dans la revue socialiste n°42,  2ème semestre 2011)

     

    Lorsqu’Alain Bergougnioux m’a demandé de rédiger cet article, j’ai ressenti fierté et gêne : je n’ai rencontré François Mitterrand qu’une fois, 6 mois avant la fin de son dernier mandat (c’était le 8 janvier 1995,  j’étais alors président de l’Unef et j’avais 22 ans), et si je vis aujourd’hui en Charente, à quelques minutes de Jarnac, sa terre natale,  je n’y ai pas la même ascendance familiale… De plus je n’ai jamais baigné dans le culte de la personnalité ; aussi, pour honorer et critiquer une œuvre, un parcours et discuter d'un certain héritage, encore faut-il avoir un but. Je me suis donc assigné celui-ci : en puisant dans l’expérience politique des années Mitterrand, poser des balises sur le chemin de la reconquête politique où a tâtonné le parti socialiste – et plus largement la gauche européenne – pendant trop longtemps.

     

    Sous et depuis la présidence de François Mitterrand, alors même que la gauche avait engagé de grandes réformes progressistes et pris des mesures sociales, les inégalités de toutes sortes n’ont cessé de croître. A gauche,  deux interprétations de l’héritage se souvent affrontées, qui insistent sur l’un ou l’autre terme de la contradiction. Pour les uns,  la gauche socialiste,  faisant sa mue sociale-démocrate, a baissé les armes face au capitalisme et ainsi laissé faire l’extension du domaine de l’argent ; pour les autres,  l’expérience socialiste française était trop isolée pour pouvoir tenir tête. Il y a à vrai dire deux vérités égales, mais je préfère retenir une hypothèse plus optimiste, en tout cas plus porteuse d’espoir pour l’avenir. Quelles qu’aient été les erreurs politiques commises, j’y reviendrai, François Mitterrand a fait plus que résister à la pression naissante de la mondialisation libérale. Souvenons-nous que l’accession au pouvoir de la gauche correspond au début de la grande réaction conservatrice et ultralibérale conduite par Ronald Reagan et Margareth Thatcher. Alors que le « consensus de Washington[1] » tisse sa toile,  la gauche s’engage pour la retraite à 60 ans, la 5ème semaine de congés payés, les libertés publiques, des grands travaux, une ambition culturelle inégalée depuis, la priorité à l'éducation et à la recherche... Ce n’est donc pas dans le procès en trahison qu’il faut rechercher les causes des reculs progressifs entamés par la gauche – car je reste persuadé que la volonté de défaire les chaînes de l’aliénation de classe était présente – mais par la force de l’adversaire autant que par des erreurs politiques de nos aînés.

     

    La gauche gagne donc politiquement une élection majeure en 1981 alors que dans le même moment sont en germe les termes de sa défaite culturelle : le FMI et la banque mondiale sont alors les véritables chevaux de Troie de la grande régression qui veut sécuriser les droits de propriété privée parmi les principaux préceptes de l'économie libérale et l’imposent aux Etats. Dans ce contexte, François Mitterrand voit sans doute dans l’intégration européenne la réponse à cette nouvelle confrontation : les entrées de la Grèce, de l’Espagne, du Portugal – adossées à des politiques publiques structurelles – ainsi que la création de la monnaie unique (prévue dans le Traité de Maastricht ratifié en 1991) qui met fin aux guerres spéculatives entre monnaies européennes en sont les deux principaux moteurs. Pourtant nul ou presque en Europe n'a résisté aux vagues de privatisations, c'est-à-dire de transferts de ressources collectives au bénéfice de quelques uns. Et la France socialiste a elle-même a commis dans ce moment deux fautes dont il faut se rappeler :

    -         la première est de ne pas avoir voulu la confrontation avec Margareth Thatcher, alors que la France avait encore un poids politique lourd qui lui aurait permis de contraindre la Grande Bretagne à choisir clairement entre l’Europe et l’alliance transatlantique; je suis certain que nous devrons user demain, pour imposer un droit social européen et une nouvelle politique industrielle et monétaire, de la même fermeté que Thatcher lorsqu’il s’était agi pour elle d’extraire la Grande Bretagne des efforts de solidarité communautaire.

    -         la seconde est de ne pas avoir cherché, particulièrement dans les deux premières années du septennat, à prendre appui sur le peuple, qui venait de lui confier le pouvoir, pour isoler le patronat qui organise alors méthodiquement la fuite des capitaux vers l’étranger et la mise à mal de l’économie.

     

    Ce dernier point est d’importance et fait apparaître une deuxième réflexion: sans dialectique orchestrée entre la gauche politique et la société mobilisée,  la gauche ne tient pas la distance. Il ne faut jamais oublier que la gauche est un ensemble de forces (associatives, syndicales,  mutualiste,  politique) et que les avancées de ses thèses dépendent de la cohérence générale. Tout déléguer au parti au pouvoir ou à l’inverse instaurer une étanchéité absolue en son sein (gouvernement/syndicats) ne peut que l’affaiblir. Les grandes lois sociales du début du XXème siècle s’appuient sur des grèves massives et nombreuses ; le Front populaire lui-même ne décrète les congés payés et la semaine de 40 heures que sous la contrainte du mouvement ouvrier ; et il suffit de regarder comment, au Brésil, Lula a su contenir de légitimes impatiences en donnant publiquement à chaque étape les arguments justifiant ses choix et, surtout, son rythme,  sans jamais omettre de rappeler quels sont les buts et qui sont les adversaires… Il faut inventer cette nouvelle stratégie globale de la gauche, avant et pendant une expérience gouvernementale, sans forcément passer par des questions d’ordre organiques : après tout, les partis de la gauche anglaise et allemande, qui ont des liens plus étroits avec les syndicats (en France, nous avons la Charte d’Amiens), n’ont pas mieux réussi.

     

    Cette relation au mouvement social, François Mitterrand et le parti socialiste l’avaient pourtant particulièrement entretenu dans le domaine des libertés publiques, de la lutte antiraciste, de la jeunesse et de l’immigration. Toujours attentif aux mouvements de défense des droits de l’Homme, qu’il s’agisse des professionnels de justice ou des associations, François Mitterrand avait aussi résolument fait le choix de la jeunesse,  qu’elle soit laborieuse ou scolarisée. Une jeunesse dont il avait pour principe de ne jamais se méfier a priori,  qu’il cherchait à comprendre, dont il voulait connaître les responsables, et sous le signe de laquelle il avait placé ses deux mandats. Rien de surprenant qu’il puisa en elle les ressorts de son rebond politique, en 1986 après le mouvement lycéen et étudiant contre le projet Devaquet, et en fit le cœur de la remobilisation de la gauche lors de l’élection présidentielle de 1988. Et c’est sans doute ce qu’il manque encore aujourd’hui à la gauche européenne (qui se retrouve globalement confrontée aux mêmes défis) : puiser dans la jeunesse la force d’incarnation d’un nouvel espoir. Un continent comme l’Europe, un pays comme la France, bien que vieillissants, ne renoueront avec la marche du progrès qu’à la condition d’entraîner avec eux celles et ceux à qui, justement, ce progrès est destiné.

     

    Enfin, dans un monde dont les bouleversements s’accélèrent en même temps que nos Etats s’affaiblissent, la gauche doit à nouveau inscrire son projet dans une perspective internationale : pourquoi et comment la France doit participer activement à la construction d’un nouvel ordre mondial ? C’est parce qu’il avait conscience de cette responsabilité de la France, quand le monde était encore marqué par le poids de Yalta, que François Mitterrand a duré dans le temps : il incarnait la gauche bien sûr, mais aussi une vision pour le pays dont il préservait farouchement l’indépendance géostratégique. François Mitterrand nous laisse cependant un échec majeur en matière de politique de co-développement, ainsi qu’une question toujours entière, et mise en lumière par les révolutions actuelles au Moyen-Orient: quelle diplomatie des droits de l’Homme, quelle diplomatie de la démocratie ? Certes François Mitterrand avait engagé publiquement la bataille sur ces deux fronts : en étant le premier avocat de l’annulation de la dette des pays du Tiers-Monde et en défendant la nouvelle thèse dite de la Baule, qui lie aide et progrès démocratique. Mais la première solution s’est rapidement confondue en tonneau des Danaïdes tandis que la seconde a vu par la suite des dictateurs accepter formellement des élections … pourvu qu’ils soient élus et réélus à plus de 80 %.

    Aujourd’hui les règles commerciales,  les normes sociales et environnementales, les exigences démocratiques,  toutes doivent être revues ou énoncées à l’aune du seul objectif de développement humain universel et partagé. Le monde ne sera plus sûr que lorsque la moitié de l’humanité sera moins pauvre,  aura voix au chapitre et que partout existeront les possibilités de développement et les instruments de la redistribution. Faire de lutte contre la pauvreté dans le monde un des axes majeurs de la diplomatie constitue un véritable enjeu politique pour la gauche. La gauche est en train de le comprendre et reconstruit cette vision et ses alliances, en Europe et ailleurs…

     

    A l’heure où les citoyens se mettent en mouvement de l’autre côté de la Méditerranée, une phrase de François Mitterrand résonne encore : « un dictateur n'a pas de concurrent à sa taille tant que le peuple ne relève pas le défi ». Je relis mon article et je me dis que finalement, s’appuyer sur les peuples et les sociétés mobilisées, chez soi comme ailleurs,  est une bien belle boussole pour la gauche, 30 ans après sa dernière grande conquête politique, que François Mitterrand avait rendu possible car elle nous laissait espérer ceci : le plus beau est à venir…

     

     

    Pouria Amirshahi est secrétaire national à la coopération, à la francophonie et aux droits de l’Homme, Il est également premier secrétaire du parti socialiste en Charente


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  • Le Parti Socialiste et la FNESR prépare 2012 et une modification de la loi de décentralisation votée fin 2010 par la majorité actuelle.  Voici  l'exposé des motifs du projet d'acte III pour 2012 de la décentralisation arrêté par le bureau national du 30 mars. Les amendements envoyés par les UDESR ont tous été pris en compte, et ceux qui ne posaient pas de problème constitutionnel ont été retenus. Nous passons maintenant à la discussion sur le pré-projet de loi lui- même. Le prochain bureau national de la FNESR examinera les dispositions plus précises que la FNESR souhaite porter, pour l'Acte III en 2012, notamment sur les modes de scrutin, sur les compétences, ou sur le statut de l'élu.

     

    PROJET DE LOI-CADRE PORTANT ORGANISATION TERRITORIALE DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE – JUILLET 2012-- EXPOSÉ DES MOTIFS.

     

    L’unité de la République renforcée par la reconnaissance des capacités multiples et diversifiées de nos territoires.

    Notre République, c’est une population, un territoire, des institutions.

    Notre République est laïque, indivisible, son organisation est décentralisée.

     

    L’exercice des prérogatives de puissance publique peut être partagé ou réparti entre plusieurs personnes publiques. L’action publique peut être exercée par plusieurs acteurs de la puissance publique. Comme le rappelle l’article L. 110 du Code de l’urbanisme, le territoire est le patrimoine

    commun de la nation. C’est le même territoire et ce sont les mêmes citoyens qui sont concernés par les choix politiques de toutes les collectivités publiques, de l’État à la commune.

     

    La Constitution définit les collectivités territoriales qui sont les communes, les départements et les régions. La Constitution arrête également les principes du fonctionnement des collectivités territoriales.

     

    L’égalité territoriale est un objectif de la République. L’égalité des droits des citoyens et des citoyennes doit se développer dans la diversité des situations géographiques. L’efficacité de l’action publique, comme la solidarité nationale, doivent tenir compte de la diversité des collectivités publiques. Le territoire ne peut pas être source d’une inégalité de plus entre les habitants.

     

    Depuis trente ans, face aux crises et aux mutations, les collectivités territoriales ont su proposer des réponses, suppléant même parfois les carences de l’État. Les différentes « réformes » portant sur les collectivités territoriales et l’organisation de l’État dans les territoires, ont dessiné par accumulation une organisation territoriale de la République qui ne répond plus clairement à ces objectifs d’égalité, d’efficacité et de solidarité. Après l’illusion d’un « Acte II » de la loi Raffarin, la loi de décembre 2010 et la réforme de la fiscalité locale de 2010 constituent à cet égard une véritable régression par rapport à l’esprit et au souffle portés par « l’acte premier » de la décentralisation que fut la loi Defferre de mars 1982.

     

    Au regard des grandes mutations qui traversent notre société, notre économie, notre environnement, l’égalité des citoyens doit être recherchée en tenant compte de la diversité des situations locales et des initiatives citoyennes. Garantir l’égalité réelle de droit, de traitement, de l’implication démocratique, aux habitants de notre territoire, où qu’ils résident, réclame le réexamen de l’organisation territoriale des prérogatives publiques, un véritable « acte III » de la décentralisation. Cette ambition doit se fonder sur la diversité des territoires de notre pays.

     

    Les trois principes de l’organisation territoriale de la République

    Trois principes guident l’organisation territoriale de la République française.

     

    1. la justice sociale, notamment dans ses dimensions d’accès à l’emploi, d’accès au logement et d’égalité devant les services publics où que l’on habite sur le territoire national, que ces services publics soient de la responsabilité des collectivités territoriales ou de l’État. La réforme proposée conduit à reconnaître l’initiative locale – c’est ce que l’on appelle le principe de subsidiarité – pour lutter contre les inégalités sociales et territoriales, mais aussi pour le développement local. La justice sociale doit également guider la réforme de la fiscalité locale. En particulier, une péréquation viendra réduire les écarts de ressources entre collectivités, dans la mesure où ils sont dus à un écart de richesse et de charges entre territoires. Cette péréquation devra être verticale et

    horizontale.

     

    2. l’efficacité de l’action publique, qui repose sur la lisibilité de la répartition des compétences et sur l’adéquation des missions et des moyens des collectivités publiques. La loi précise les compétences que l’État assume exclusivement et celles qu’ils partage ou délègue, en partie ou totalement. Pour certaines compétences partagées, la loi définira a priori la collectivité qui en sera chef-de-file. Une « conférence régionale des compétences », rassemblant l’État et les collectivités territoriales, a pour mission de décrire, dans chaque région, la répartition des compétences publiques non exclusivement exercées par l’État. Cette répartition prendra la forme de transferts, de délégation, ou de partage entre les collectivités publiques, sur la base des compétences exercées avant la loi de décembre 2010. Dans le cas d’un partage, elle désignera une collectivité « chef de file », dont les responsabilités sont définies dans la loi-cadre. Cette répartition a valeur d’expérimentation sur une durée donnée. Une loi de validation interviendra à l’issue de la période. Cette méthode repose sur la clause de compétence générale des collectivités.

    D’autres expérimentations seront également lancées pour le transfert partiel d’un pouvoir réglementaire à certaines collectivités, dans des cadres spécifiques comme la gestion de l’eau, les transports, ou tout autre domaine où l’efficacité de l’action publique s’en trouverait renforcée.

     

    3. la haute qualité démocratique, qui exige de lever plusieurs obstacles à une plus juste représentation de la population résidant sur le territoire national. Suite à l’abrogation du conseiller territorial, de nouveaux modes de scrutin sont mis en place pour les Départements et les Régions. En ce qui concerne la clarté des choix politiques des projets des EPCI, des innovations sont aussi proposées pour permettre aux EPCI d’assumer leurs choix politiques devant leurs électeurs. [Le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales et la gestion des instruments de la démocratie participative sont d’ores et déjà actés par le parti socialiste]. Pour faciliter l’accès de tous à la fonction élective, la loi-cadre modifie également le statut des élus.


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  • Federation des français a l'etranger

    Sam 29 janvier 2011

    Le séminaire annuel des Premiers Secrétaires Fédéraux sera suivi demain à la Mutualité du rassemblement national des secrétaires de section, auquel se joindront plusieurs secrétaires des sections de la FFE.

    Voilà les éléments essentiels du séminaire des Premiers Secrétaires Fédéraux.

    1.     Etat de l’opinion (ressenti des Fédérations + études d’opinion) :

     Le rejet de Nicolas Sarkozy et de l’UMP est fort. Nicolas Sarkozy n’obtiendrait que 26% des suffrages au 1er tour, soit plus de 5 % au-dessous de son résultat de 2007. Ce rejet est renforcé par le durcissement de la crise dans les dernières semaines de 2010 et le début de cette année avec une forte hausse du chômage. Pour autant, ceci n’entraîne pas de réelle appétence pour le Parti Socialiste. Le travail réalisé sur la préparation du Projet ne porte pas encore. Surtout, les récentes déclarations de certains candidats aux primaires présidentielles ont fait renaître la crainte du bal des égos et associent de nouveau le PS dans l’opinion publique à l’idée de division. L’on remarque d’ailleurs depuis le mois de novembre une érosion des souhaits de victoire de la gauche en 2012 (55% en janvier 2011 contre 59% en novembre 2010).

     Il existe une montée des populismes ressentie sur le terrain et dans les courbes d’opinion, qu’expriment à la fois Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Toutes les enquêtes d’opinion montrent que les intentions de vote en faveur de Marine Le Pen ont grimpé d’environ 5% depuis le mois d’octobre 2010 et s’élèvent désormais à 17-18%, soit seulement 4-5% au-dessous du score moyen mesuré du/de la candidat(e) PS. Une étude ciblée du vote des électeurs de plus de 50 ans (ceux qui votent traditionnellement le plus) donne même 20% à Marine Le Pen et 11-12% à Jean-Luc Mélenchon (qui se situe entre 5-7% en moyenne). Les études d’opinion montrent une grande porosité entre les électorats de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon à ce stade (vote protestataire et sensibilité aux arguments protectionnistes).

     Le vote écologiste se situe autour de 11-12 % (sur Eva Joly seule ou par addition des scores d’Eva Joly et de Nicolas Hulot). La « gauche de la gauche », si l’on y adjoint Jean-Luc Mélenchon à Olivier Besancenot et Nathalie Arthaud, est aussi autour de 11-12%. C’est également le cas des candidats centristes par addition des votes Bayrou, Morin et éventuellement Borloo.

     Plusieurs Premiers Secrétaires Fédéraux ont fait remonter la préoccupation exprimée par de nombreux électeurs, sensibles à l’action sociale des Conseils Généraux, mais hostiles à la solidarité sans contrepartie. Les études d’opinion confirment cette évolution, 80% des Français exprimant la crainte que les politiques de solidarité conduisent à l’assistanat. La campagne des élections cantonales présentera le bilan des politiques sociales des Conseils Généraux dirigés par le Parti Socialiste, soulignant leur succès dans la lutte contre les injustices pour bien mettre en valeur que ces réalisations ne relèvent pas de l’assistanat. Le coût de ces mesures sera également bien expliqué, les électeurs s’inquiétant de leurs conséquences en termes d’imposition locale et la droite en faisant son cheval de bataille.

     

     

     

    2.     Calendrier prévisionnel pour l’année 2011 :

     ·         20 mars : premier tour des élections cantonales

    ·         27 mars : second tour des élections cantonales

    ·         9 avril : approbation du Projet par le Conseil National

    ·         19 mai : vote en section sur le Projet

    ·         28 mai : Convention Nationale sur le Projet

    ·         28 juin : ouverture du dépôt des candidatures aux primaires présidentielles

    ·         13 juillet : clôture des candidatures aux primaires présidentielles

    ·         25 septembre (probablement) : élections sénatoriales

    ·         9 octobre : premier tour des primaires présidentielles

    ·         16 octobre : second tour des primaires présidentielles

    ·         5 ou 6 novembre : Convention Nationale d’investiture présidentielle


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