• Dix ans après le débat sur le pacs, la droite n'a pas perdu ses réflexes homophobes

    Alors que l'Assemblée nationale examinait mercredi en commission la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe, la députée UMP Brigitte Barèges s'est exclamée : "et pourquoi pas des unions avec des animaux ?". Dans la soirée, elle a expliqué avoir voulu "poser la question de la pertinence d'adapter systématiquement la loi et les institutions à l'évolution des moeurs" et avoir "poursuivi son raisonnement par l'absurde en se demandant s'il faudrait aussi institutionnaliser un jour le mariage avec les animaux".

    Ces propos, assimilant l'homosexualité à la zoophilie, rappellent les nombreuses vociférations homophobes auxquelles se sont livrés les députés de droite il y a dix ans, alors qu'ils examinaient la proposition de loi sur le pacs. Ce sont ces débordements qui instituent, légitiment et renforcent toutes les violences et toutes les discriminations subies au quotidien par les lesbiennes, les gays, les bis et les trans (LGBT).

    HES (Homosexualités et Socialisme) souhaite que le débat que l'Assemblée nationale consacrera le 9 juin prochain à la proposition de loi socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe soit à la hauteur des attentes de nos concitoyens pour faire progresser l'égalité des droits, en panne depuis si longtemps en France. HES attend une dénonciation claire et précise de ces propos inacceptables par les responsables de son groupe politique.


    Contact : Gilles Bon-Maury, président d'HES, tél. +33 6 61 53 19 39, gilles.bon-maury@hes-france.org.

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     Claude Guéant défend la RGPP

     S'exprimant le 25 mai devant la mission sénatoriale sur les conséquences de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), l'ancien secrétaire général de l'Élysée a assuré que le réseau des sous-préfectures serait maintenu. La RGPP a permis de supprimer un peu plus de 9 000 postes au ministère de l'Intérieur.

     

    Hasard de la vie gouvernementale, celui qui pilotait à l'Élysée la Révision générale des politiques publiques (RGPP) depuis 2007 est aujourd'hui le locataire de la Place Beauvau. C'est donc comme ministre de l'Intérieur que Claude Guéant a répondu le 25 mai aux questions de la mission des sénateurs sur les conséquences de la RGPP pour les collectivités et les services publics locaux. Il a néanmoins assumé sa casquette d'ancien secrétaire général de l'Élysée en soulignant que la démarche était “nécessaire pour dynamiser les services publics” et maîtriser les dépenses publiques. “Le service de la dette se monte annuellement à 45 milliards d'euros, a-t-il rappelé, soit deux fois le budget du ministère de l'Intérieur.”

    Claude Guéant a salué au passage “l'investissement dont font preuve les agents de l'État dans cette réforme qui pour leur vie professionnelle et même personnelle est tout à fait importante”. Tout en reconnaissant dans une forme de mea culpa que la concertation n'avait pas toujours été au rendez-vous, tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'administration. “Nous aurions dû davantage expliquer la démarche aux fonctionnaires afin que ceux-ci se l'approprient et en deviennent les porte-parole”, a déclaré le ministre. Cela étant, rien n'a été fait au hasard. Les mesures de la RGPP ont toutes été précédées d'une “analyse en profondeur du fonctionnement et des évolutions possibles de l'administration”.

    Fonctions à repenser

    Concernant le ministère de l'Intérieur, Claude Guéant a rassuré les sénateurs sur le sort des sous-préfectures. Celles-ci seront maintenues, sauf dans les cas très particuliers où un consensus local aboutirait à une suppression de la sous-préfecture et à son remplacement par une “maison des services publics”, comme à Boulogne-Billancourt. Les sous-préfectures doivent toutefois “réinventer leurs fonctions”, puisque le contrôle de la légalité et le conseil aux collectivités ont migré vers les préfectures et qu'elles n'ont plus les mêmes attributions en matière de titres. Le ministre s'est également interrogé sur la tradition française d'ingénierie publique et sur le fait qu'elle pouvait constituer un frein à l'émergence d'une ingénierie privée qui pourrait servir les collectivités et le développement économique des territoires.

    Plus globalement, Claude Guéant a assuré que la RGPP avait permis de supprimer un peu plus de 9 000 postes au ministère de l'Intérieur entre 2009 et 2011, ainsi qu'une centaine de postes à l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII). Il s'est félicité du rattachement de la gendarmerie à son ministère et des complémentarités nouvelles entre policiers et gendarmes sous un commandement unique. Il a souligné que l'absorption des Renseignements généraux dans la nouvelle direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avait mis fin aux “derniers vestiges d'une police politique”.

    Claude Guéant a enfin annoncé la création à l'automne d'une direction générale de la sécurité civile et des crises, issue de la fusion de la direction de la sécurité civile et de la direction de la prospective et de la planification de sécurité nationale. Les différentes inspections générales du ministère – les inspections générales de l'administration, de la police, de la gendarmerie et de la sécurité civile – vont également faire l'objet d'un rapprochement.

    26/05/2011, Intérieur

    Laurent Fargues, Acteur public.com


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