• MADAGASCAR

     

     

    FEUILLE DE ROUTE

     

    La France s’implique dans le lobbying

     

    Le ministre français des Affaires étrangères donne un coup de pouce au processus de sortie de crise, débuchant sur la feuille de route avant le Sommet, en principe décisif, de la SADC.

    La France réaffirme au plus haut niveau son soutien à la feuille de route actuelle. Le ministre français des Affaires  étrangères, Alain Juppé promet « l’accompagnement » par son pays du processus de sortie de crise, lors de sa rencontre avec Andry  Rajoelina, président de la Transition.

    Selon des sources au courant du dossier, Alain Juppé aurait déjà eu des discussions avec Jacob Zuma, sans en préciser le contenu durant son entretien avec le président de la Transition, à Paris, hier, à 8H 15 au lieu de 10H 15, comme prévu initialement. Il aurait fait part à Andry Rajoelina son intention de revenir à la charge pour une nouvelle démarche auprès du président sud-africain. L’entrevue qui a duré près d’une demi-heure, et s’est déroulée en présence de Henri de Raincourt, ministre français de la Coopération, a permis de faire le tour des questions politiques et économiques.

    Selon certaines confidences, Alain Juppé a trouvé positif le lobbying effectué par l’homme fort de la Transition, auprès des dirigeants des pays membres de la communauté de développement de l’Afrique australe (SADC). Mais il ne se serait pas prononcé contre la tenue des élections avant la fin de l’année. On ignore également si certains sujets ont été abordés, notamment la candidature de Andry Rajoelina aux présidentielles et l’amnistie de l’ancien président Ravalomanana.

    Officiellement, le ministre français des Affaires étrangères préfère se cantonner à des déclarations laconiques, en évoquant la rencontre. « La France réitère son appui à ce schéma de sortie de crise sur lequel elle espère une décision des instances dirigeantes de la SADC » a rapporté Beernard Valéro, prote parole du quai d’Orsay, lors d’un point de presse électronique.

    Position nuancée

    La déclaration d’Alain Juppé est une confirmation de l’annonce faite par Bernard Valéro, le 9 mai. Ce dernier avait indiqué le « plein soutien au travail de la SADC qui a déjà abouti au paraphe, le 9 mars dernier, par un grand nombre de forces politiques malgaches, d’une feuille de route équilibrée et constructive pour une sortie de crise la plus consensuelle possible ».

    Et ce, au moment où, dans la même journée, Léonidas Tezapsidis, ambassadeur désigné, chef de la délégation de l’Union européenne, avait nuancé sa position sur le processus de sortie de crise en marge de la célébration de la Journée de l’Europe à Antananarivo

    Dans une certaine mesure, la promesse d’Alain Juppé confirme implicitement le fait que la partie n’est pas encore tout à fait gagnée, pour le régime de la Transition, avant le Sommet de la SADC. Elle met au révélateur le rôle clé joué par Jacob Zuma, qui est à la tête d’une puissance régionale, dans la résolution de la crise, d’où les propos d’Alain Juppé qui s’apparentent à un coup de pouce au processus en cours.

    Le président sud africain n’a pas encore répondu d’une manière favorable à la demande d’audience de Andry Rajoelina. Le Premier ministre Camille Vital a ensuite tenté une nouvelle approche en demandant à rencontrer Jacob Zuma. Mais la délégation qu’il a conduite a adopté un profil bas depuis son retour d’un déplacement en Afrique du Sud, restant discrète sur les résultats de sa mission.

    Lors de son passage au Conseil supérieur de la transition, mercredi, Yves Aimé Rakototarison, ministre d’Etat chargé des Relations avec les institutions, a seulement annoncé une rencontre prochaine entre l’homme fort de la Transition et le président sud africain, plus précisément avant le 20 mai. Un rendez-vous « arrangé par la mission » dont il faisait partie lors de son passage en Afrique du Sud

     

    Iloniaina Alain

    L’Express de Madagascar 13/05/2011

     

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    Andry Rajoelina chez Alain Juppé

     

    Ses partisans déçus, mais….

     

    Désappointement chez les partisans d’Andry Rajoelina en apprenant qu’à Paris, ce jour, le chef de la transition ne sera reçu « que » par le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé. Ils  estiment que l’entorse au parallélisme protocolaire « chef d’Etat à chef d’Etat » lèse les intérêts d’Andry Rajoelina et écorne son image. Ils auraient préféré que le chef de la transition fût accueilli par une  personnalité de même rang et de même qualité, c’est-à-dire par Nicolas Sarkozy à l’Elysée. Andry Rajoelina d’ailleurs a adressé une requête dans ce sens, mais l’Elysée en a donc décidé autrement…

    En fait, il convient de ne pas minimiser le niveau de l’entrevue avec le ministre français des Affaires étrangères. Notamment, car Alain Juppé s’est doté des prérogatives complètes de la fonction, même si les affaires étrangères figurent parmi les domaines réservés du chef de l’Etat. Auparavant, en effet, sous le « socialiste » Bernard Kouchner notamment, l’Elysée régentait en entier la politique extérieure de la France,  confinant la ministre des Affaires étrangère dans un simple rôle de représentation. Il y avait à la barre Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, qui dictait sa conduite au ministre des Affaires étrangères.

    Avant de prendre le poste en mars dernier, Alain Juppé a demandé à s’affranchir de la tutelle encombrante de Claude Guéant et a obtenu satisfaction. On sait que Nicolas Sarkozy a déplacé Claude Guéant au ministère de l’Intérieur et a restitué toutes les prérogatives du ministre des Affaires étrangères.  Alain Juppé jouit aujourd’hui d’une certaine autonomie à son poste et est le premier interlocuteur de Nicolas Sarkozy en matière de politique extérieure.

    C’est dire qu’Andry Rajoelina rencontrera, ce jour à Paris, un ministre des Affaires étrangères aux pouvoirs renforcés et qui a voix au chapitre dans la conception des grandes orientations de la politique diplomatique de la France.

    On peut en tout cas, s’interroger sur les raisons pour lesquelles Andry Rajoelina ne sera pas reçu à l’Elysée, et devra se contenter du Quai d’Orsay. En fait, dans la conjoncture actuelle où sa cote de popularité est au plus bas, Nicolas Sarkozy s’attache à reconquérir les électeurs dans la persepective de l’élection présidentielle de l’an prochain. L’homme fait donc attention et se garde de toute bévue qui pourrait nuire davantage à son image. Il n’est donc pas disposé à recevoir le chef de la transition qui est considéré, à tort, comme un « putschiste », dont le titre de chef d’Etat n’est pas reconnu au plan international et qui est d’ailleurs sous le coup de sanctions internationales. Rencontrer Andry Rajoelina est donc risqué et pourrait provoquer une polémique, voir un scandale, susceptible de tirer encore vers le bas la cote de Sarkozy. Ensuite, puise la diaspora malgache de France est bien organisée et est prompte à défiler dans les  rues de Paris si Nicolas Sarkozy manifeste un favoritisme dans la crise malgache. Forte d’environ 30 000 membres dans l’Hexagone, dans l’île de la Réunion et à Madagascar, la communauté des Malgaches binationaux est surtout pro Ravalomanana et pourrait s’offusquer si le « putschiste » est reçu à l’Elysée. Nicolas Sarkozy, qui ne veut négliger aucun suffrage ne tient pas à se mettre à dos cet ensemble agissant…

    Bref, le président français ne voulant se mettre à dos personne, pour l’amener à une action qui pourrait lui coûter des voix, il faut lui passer sur le …ventre.

    Adelson Razafy

    La Gazette 12/05/2011


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  • Bonjour, Après avoir poursuivi ma mission à Majunga, je suis rentré hier à Tananarive et je reprends l'administration régulière de ce blog. Je difffuserai très prochainement un compte-rendu de mission.

    Très cordialement, Jean-Daniel Chaoui

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    Madagascar ; Sortie de crise.

     La France soutient la feuille de route

     La visite programmée de e Henri de Raincourt , affiche l’appui de la France à la feuille de route de Leonardo Simao. « La France affirme son soutien à la démarche de groupement de  pays comme la SADC », a d’emblée déclaré Henri de Raincourt. Après deux jours de séjour, une visite diplomatique officielle à en croire le déroulement, le ministre français chargé de la Coopération, Henri de Raincourt, a quitté la Grande Ile en laissant  au passage un goût de propagande pour la « feuille de route » élaborée par Leonardo Simao, émissaire de la Sadc pour la crise malgache partout où il est passé.

     En effet, lors de ses multiples déplacements de l’inauguration de l’Ecole de Formation professionnelle des Avocats à son point de presse à la Résidence de France en passant par sa visite chez Andry Rajoelina, président de la Haute autorité  de la transition (HAT), le ministre a, à chaque fois, vanté les mérites de cette feuille de route. « La France accueille favorablement la dernière mouture de la feuille de route. C’est un outil  précieux. La démarche de la SADC va dans le bon sens » et d’ajouter que « les Malgaches peuvent se retrouver autour de cette feuille de route ».

     A Iavoloha, lors de son entretien avec le président de la HAT Andry Rajoelina, Henri de Raincourt a insisté sur l’imminence de l’aboutissement de cette feuille de route, déclarant qu’elle est dans sa phase finale.

     « Pas d’ingérence »

     Le ministère attaché auprès de la ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères et européennes, a déclaré son espoir pour la signature de « cette feuille de route pour la semaine prochaine par le plus grand nombre des acteurs de la vie politique de façon à pouvoir aller de l’avant, notamment quant à la mise en place du Gouvernement d’union nationale ainsi que la préparation des élections ».

     Dans cette même lignée, le ministre souligne l’inclusivité qui devrait prévaloir dans la feuille de route, mais à sa façon. « Afin que les autorités  malgaches puissent, dans les mois à venir, se concentrer sur l’organisation et le développement de la vie sociale, économique, culturelle et  politique et ce, dans la perspective de trouver une solution acceptée par tout le monde, si possible, ou à défaut, par le plus grand nombre, marquant la volonté démocratique que nous avons en partage », avait-il  notamment déclaré, en présence de Jean Marc Chataignier, Ambassadeur de la France.

     Le ministre français, de Raincourt, a aussi tenu à apporter un surplus d’explications sur la position français par rapport à la situation politique malgache actuelle. C’est  dans ce sens qu’il a précisé que « la France n ‘a aucune ambition, ni volonté ni action qui s’apparente à de l’ingérence, mais ne fait pas non plus de l’indifférence », c'est-à-dire selon Henri de Raincourt,  « être à la disposition des autorités », et du peuple malgache ar extension. Henri de Raincourt n’a également touché mot, ni de la candidature d’Andry Rajoelina aux prochaines présidentielles, ni du cas de l’ancien président Marc Ravalomanana, « par respect de la liberté de l’indépendance et de la souveraineté de Madagascar au peuple malgache. »

     Misaina Rakotondratsima

    L’Express de Madagascar

    Lundi 21/02/2011


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