• Bouleversements régionaux au Proche-orient

    Analyse de Joseph Bahout

     

    «Il est fort à parier que la question de la paix soit remise au lendemain»

     

                «Ces mouvements populaires qui auraient pu être porteurs d’une aspiration à un mode plus pacifié, ne vont pas, dans le court terme imprimer une avancée au processus de paix. Je crois bien au contraire qu’ils figent ce processus dans une nouvelle période de refroidissement pour les années à venir». Cette analyse est livrée par Joseph Bahout, politologue et professeur à Sciences po Paris dans un entretien accordé à AlBalad.

                Les révolutions arabes ont-elles été manipulées de l’extérieur comme les observateurs politiques ont de plus en plus tendance à le dire ou sont-elles véritablement authentiques ?

     

     

                Au niveau de la réalité des faits, aucun observateur n’a les moyens de le vérifier. Ceci étant, dans toute action collective et dans tout mouvement social, il y a une part de spontanéité et de revendications réellement portées par des segments sociaux, mais il y a aussi des forces politiques locales et externes qui cherchent à s’engouffrer dans ces mouvements pour lui imprimer une direction ou une autre. Est-ce que l’on appelle cela manipulation ou non. Personnellement c’est un mot que je prendrai avec précaution. Ce qui est sûr, en revanche, c’est qu’à partir du moment où ces révolutions se sont installées dans les pays arabes que la surprise du moment tunisien est passé, les forces organisées, qu’elles soient politiques internes ou externes, sont beaucoup plus en éveil et essaient de capter ces mouvements sociaux dans un sens ou dans l’autre. Le tout est de savoir s’ils ont les moyens de canaliser les revendications ou si cela reste à l’état de tentatives. Dans le cas égyptien, il est vrai que dans un premier temps, les slogans étaient uniquement confinés à des thèmes de politique intérieure, la dignité, la démocratie, la liberté ou les revendications économiques... On a très peu entendu parler de thèmes relatifs à la cause palestinienne, au conflit israélo-arabe, à l’Occident et à l’impérialisme. Mais ce n’est pas parce que ces catégories ne sont pas immédiates qu’elles sont pour autant inexistantes. Aujourd’hui on se rend compte de plus en plus que ce genre de thématique va revenir au devant de la scène politique et probablement devenir l’objet d’un débat réel en politique intérieure égyptienne ou ailleurs. Je crois qu’il ne faut surtout pas oublier que ces révolutions ont trois mois d’âge et que l’on ne peut pas encore complètement se prononcer sur le contenu, d’autant plus que le moment révolutionnaire est à peine passé, et c’est maintenant que l’on va voir s’affronter les programmes, les discours politiques au sens réel du terme.

     

                L’intervention militaire en Libye a fait exploser les contradictions dans les rangs des puissances occidentales. Les buts de cette intervention sont très flous, et l’argument invoqué officiellement ne justifie pas que la coalition internationale ait pris cette décision pour la Libye mais pas pour le Bahreïn, la Côte d’Ivoire ou Gaza.

                Là encore, on peut supputer et voir des intentions cachées. Aujourd’hui, force est de constater que les Occidentaux sont allés dans cette question libyenne sans trop savoir quel était le but de l’opération.

                Dans tous les cas, lorsque l’on voit les contradictions dans lesquelles se trouvent les Etats européens d’un côté, les Etats-Unis de l’autre, la cacophonie au sein de l’OTAN, quand on constate que le but de la guerre n’est pas encore tout à fait clair, du moins officiellement pour nous observateurs, je crois que l’on est assez alarmés par le fait que cette affaire libyenne fut assez mal mise sur les rails.

                Maintenant, il est évident que lorsque des populations civiles sont menacées d’extermination comme l’ont dit les Etats occidentaux, il y avait peut être une urgence humanitaire. Mais la question demeure tout à fait réelle, pourquoi en Libye et pas ailleurs comme au Bahreïn, en Côte d’Ivoire ou à Gaza. Là, je crois que l’on touche les questions classiques des deux poids deux mesures, du cynisme en politique, des ressources, et au fond la question d’Israël qui est une sorte d’exception sur la scène internationale, il faut le dire et l’avouer c’est un pays qui fait exception au droit international.

     

    Le printemps arabe aurait-il sonné la fin d’une vision stratégique occidentale axée uniquement sur le réalisme politique ?

     

                Le réalisme en politique, qui n’est pas seulement la marque de l’Occident et du XXe siècle puisqu’il est une des bases de la vie politique en matière de relations internationales, restera probablement de mise. Il est évident que certaines leçons, ne serait-ce qu’en termes d’intérêts bien compris, aient été tirées par certains Etats occidentaux. Ils ont sans doute compris l’intérêt de ménager tous les spectres de la société, de ne pas exclure certains segments lorsqu’ils ont des dialogues d’intérêts ou des pactes de complicité avec des régimes parfois inacceptables. Je crois qu’aujourd’hui les gouvernements occidentaux éviteront cet écueil et s’adresseront probablement à tout le monde y compris à ceux qui étaient dans l’opposition, ceux qui entreront demain dans l’opposition et les islamistes. Ce tabou est en passe de tomber. Mais je ne pense pas que cela signifie la fin du réalisme. D’autre part, il est normal que les Etats occidentaux comme d’autres Etats fassent leurs intérêts bien compris. Je ne vois pas très bien comment cet état de fait pourrait changer. On ne va pas passer, parce qu’il y a eu des révolutions dans le monde arabe, à un monde idéal et idéel.

     

                Justement, comment l’administration américaine pourrait-elle maintenir la même relation avec les Etats arabes que par le passé. Avec l’émergence des opinions publiques dans la donne politique, on voit mal comment ils sauvegarderaient une relation visant la sécurité exclusive d’Israël et l’exploitation des ressources pétrolières.

                Ils vont probablement continuer à maintenir un lien fort avec les Etats arabes alliés. Je ne vois pas les Etats-Unis abandonnant l’Arabie saoudite ou les Etats du Golfe demain. Mais je crois qu’ils auront tendance à ne pas se fermer au dialogue avec d’autres forces, ils risquent de formuler des critiques avec beaucoup plus de franchise contre leurs alliés qui adoptent parfois un comportement inacceptable et c’est ce que l’on entend depuis quelques semaines de la part de l’administration américaine sur la nécessité de réformer en profondeur. Aujourd’hui, il n’est plus secret que les relations entre Washington, Riyad et les Etats du Golfe se sont détériorées, ne serait-ce que parce que ces Etats reprochent aux Etats-Unis d’avoir laissé tomber un allié comme Hosni Moubarak. Les Américains ont aussi compris, et c’est une énorme leçon d’humilité qui a été assénée par les événements tunisiens et égyptiens, que finalement ils ne contrôlent pas la totalité des événements dans cette région du monde. Je crois qu’ils auraient souhaité garder Hosni Moubarak au pouvoir, mais à partir du moment où cela été devenu impossible cyniquement et réalistement, ils se sont accommodés de son départ. Je ne pense pas que les grandes puissances aient encore des projets bien pensés à l’avance mais ils ont au moins la faculté de s’adapter aux évolutions et de mettre en adéquation leur pragmatisme avec les changements. Donc, oui le réalisme persistera, oui il y aura toujours une dose de cynisme mais les grandes puissances auront probablement ne serait-ce que par intérêt, davantage tendance à ouvrir les portes du dialogue avec des forces sociales et politiques qui étaient exclues auparavant.

     

    Quelle est la position d’Israël vis-à-vis de ce printemps arabe ?

     

                Il y a plusieurs points au niveau israélien. Israël est très gêné par ces évolutions d’abord au niveau discursif et idéologique. Il a toujours voulu vivre sur l’idée présentée au monde occidental qu’il était la seule démocratie dans cette région d’autoritarisme, d’obscurantisme et de violences politiques. Cette image aujourd’hui est en passe d’être ébréchée et maintenant, le monde voit que les sociétés arabes ne sont pas génétiquement ou culturellement imperméables à la démocratie. Cette situation dérange considérablement Israël, bien entendu avec le nota bene que ce qui se passe en Libye et ce qui peut mal se passer ailleurs risque de faire réagir Tel-Aviv qui confortera sa position de dire les pays arabes ne sont pas faits pour la démocratie. Le deuxième point qui gêne Israël dans cette affaire c’est que les Etats qui sont mis à mal par la contestation sont ses alliés, on peut même le dire pour la Syrie qui n’est pas un allié de Tel-Aviv mais un Etat avec lequel elle s’est habituée à vivre. Israël, comme beaucoup d’Etats qui vivent dans la crainte et une psychologie d’enfermement sécuritaire, a peur du changement parce qu’il a peur de la nouveauté. Pour Israël, c’est une porte ouverte à de nombreux risques et vous entendrez beaucoup de responsables israéliens dire qu’aujourd’hui, la classe politique est bunkerisée, c'est-à-dire qu’ils sont dans un état d’esprit où le monde qui les entoure est un monde hostile, ils ne le comprennent pas, ils ne savent pas dans quelle direction ils s’orientent, ils le craignent et donc ils ont tendance à un immobilisme très fort. Le troisième point, c’est que dans le contexte actuel, il est fort à parier que la question de la paix et la question des négociations, soient remises au lendemain sous prétexte justement que le monde bouge et qu’ils ne peuvent pas prendre de risques supplémentaires. Je pense que cela signifie paradoxalement, que ces mouvements populaires (dans les pays où ils ont réussi car il ne faut pas oublier que par endroits ils ont mené au chaos comme en Libye) qui auraient pu être porteurs d’une aspiration à un mode plus pacifié ne vont pas dans le court terme imprimer une avancée au processus de paix. Je crois même bien au contraire qu’ils figent ce processus dans une nouvelle période de refroidissement pour les années à venir.

     

    Justement Julien Salingue met en avant l’idée que les évolutions régionales sont en faveur non plus seulement de la création d’un Etat palestinien qu’il explique être une revendication pragmatique d’un autre temps, mais pour une solution qui satisfasse l’ensemble des droits nationaux palestiniens, notamment le droit au retour et à l’autodétermination. Vous semblez en total désaccord avec lui ?

     

                Je ne pense pas qu’Israël est dans un état psychologique qui lui permet d’être généreux. Déjà en temps normal il est très loin de l’être en termes de conditions d’avancées vers une paix réelle et aujourd’hui il va l’être encore moins. Donc je ne vois vraiment pas comment à l’heure actuelle cet Etat palestinien pourrait exister au sens propre du terme. Il y aura peut-être une proclamation unilatérale, une reconnaissance de nombreux Etats dans le monde mais je ne vois pas un Etat achevé dans le sens d’un processus d’entente avec Israël qui est sûrement dans une politique où toute avancée pour lui est très coûteuse et donc il ne la fera pas. Le droit au retour et à l’autodétermination ne sont plus aujourd’hui des questions qui sont posées pour le leadership israélien. Il ne faut pas non plus oublier un détail important c’est que la coalition actuelle au pouvoir en Israël est historiquement la coalition la plus à droite et la plus intransigeante en terme de conditions de paix. Je vois mal comment cela pourrait changer avec en plus ce climat d’incertitude qui entoure Israël.

     

     


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  • Point de vue 

     

    Palestine : Salam Fayyad, l’optimisme du désespoir.

     Premier ministre de l’Autorité Palestinienne, Salam Fayyad a substitué la construction des bases d’un Etat à ce « processus de paix » qui a longtemps donné l’illusion du mouvement dans les négociations israélo-palestiniennes.

    Tout un vocabulaire y était associé : « la relance », « la feuille de route »… instaurant une routine stérile dans la communauté internationale, une tranquille bonne conscience en Israël, une insécurité croissante en Palestine. En témoigne 15 morts en Cisjordanie et 1150 blessés imputables à l’armée ou aux colons en 2010 (Source OCHA, OMS, FAO, UNRWA, PAM).

     A y regarder de plus près en effet, à Jérusalem-Est comme je l’ai fait avec trois autres sénatrices, Mmes Demontès, Labarre et Voynet, au cœur d’Hébron ou sur les collines de Cisjordanie, le seul mouvement perceptible est celui continu, méthodique, de la colonisation : Aucun colon en 1966, à peine 10 000 en 1972, 200 000 en 1993, plus de 500 000 aujourd’hui.

    En dépit de quelques de pauses, lorsque la pression américaine a bien voulu s’exercer ou que le calendrier était par trop défavorable, la colonisation n’a pas seulement déchiqueté la terre palestinienne mais elle a gangréné les esprits, s’insinuant au cœur même du gouvernement israélien dont le parti d’Avigdor Lieberman est aujourd’hui l’arbitre. Elle a métamorphosé le Likoud en un parti du centre et, de la société israélienne, l’otage des colons ultra-religieux les plus violents et extrémistes.

     Le processus de paix israélo-palestinien, fondé sur le principe cardinal de la terre contre la paix, en est mort, tué par la disparition de son objet : le territoire palestinien.

    Rongés, morcelés, fragmentés par la colonisation, le mur, les routes de contournement, les territoires palestiniens ont rétréci.

    On peut blâmer la puissance occupante mais ne doit-on pas accuser les Etats-Unis et l’Union Européenne qui lui ont laissé le champ libre ? Déboucher sur un État palestinien viable ?

    La lutte optimiste et désespérée de Salam Fayyad cherche à impulser une autre dynamique : répondre au fait accompli colonial en créant le fait accompli de cet Etat sur le peu de surface sur laquelle il a autorité. L’Autorité Palestinienne a-telle une solution de rechange ? Non car elle fait face à l’ensemble des partis israéliens d’autant plus ralliés à la solution des deux États qu’il n’en reste presque rien sur le terrain. Elle fait face à la communauté internationale satisfaite de la moindre apparence de mouvement et ayant renoncé à obtenir tout résultat au moins conforme à la simple justice puisqu’elle passe la légalité internationale par perte et profit.

    Aujourd’hui pourtant, le vertige du vide menace : il n’y a plus de négociations. Leur existence même est devenue la seule chose qui reste à négocier.

    C’est que le processus est vide de sens. Il faut en sortir et revenir aux fondements de la légalité internationale.

    L’action de Salam Fayyad ne trouvera pas le débouché de la reconnaissance internationale vers laquelle tend toute son action s’il n’est pas soutenu par une condamnation ferme et sans équivoque de la colonisation et sans une pression concertée, volontaire et opiniâtre sur Israël pour préserver les droits des Palestiniens qui résident à Jérusalem et dans les zones B et C. C’est l’enjeu de la demande de reconnaissance d’un État palestinien dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale. Et cette reconnaissance n’est pas une fin mais bien le début d’une véritable réappropriation de la Cisjordanie et de Gaza par son peuple.

     

    Monique CERISIER ben GUIGA
    Sénatrice représentant les Français établis hors de France
    Présidente du groupe d’information internationale France-Territoires palestiniens

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  • Flash-info

    VENDREDI 28 JANVIER


    Michèle Alliot-Marie sur I télé / radio classique


    La France privilégie les sanctions financières, plutôt qu'une intervention militaire africaine, pour forcer le président sortant de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir, a déclaré Michèle Alliot-Marie...."Il y aura probablement des mesures supplémentaires qui vont être prises à cette occasion". Selon elle, une opération militaire de la Communauté des Etats indépendant d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour chasser Laurent Gbagbo "ne peut être qu'un dernier recours que nous voulons absolument éviter"..."C'est la raison pour laquelle nous essayons d'agir par le biais des pressions sur tous ceux qui refusent autour de M. Gbagbo --et sur M. Gbagbo lui-même-- d'accepter les résultats des élections où les Ivoiriens se sont très clairement prononcés". La France compte sur les sanctions financières pour faire partir Laurent Gbabgo. "Ce que nous essayons de faire, c'est de le couper de ses sources financières, qui permettent notamment de payer l'armée", a expliqué Mme Alliot-Marie. Dans quels délais, une telle démarche est-elle susceptible de produire ses effets ? "Je ne peux pas le dire au jour près".

     

    Hubert Vedrine sur Europe 1

    "Dans les polémiques franco-françaises sur la Tunisie, il y a l’idée que nous décidons encore. Mais ce n’est pas vrai. On n’est pas au centre des choses !"... "Toutefois, il faut être à accompagner en étant disponible, intelligent, fin et non pas paternaliste".

    Jacques Attali sur RFI

    « Pour que ce qui s'est passé en Tunisie se reproduise ailleurs, il faut qu'un certain nombre de conditions soient réunies. Quand il y'a une économie de marché il y'a une bourgeoisie, et la bourgeoisie peut finir par créer les conditions de changement d'un régime ».

     

     

     

     

     

    Flash-info

     

    VENDREDI 28 JANVIER


    Jean Marie Bockel sur Europe 1

    Nicolas Sarkozy a finalement renoncé à une nouvelle loi contre la récidive et il a remis jeudi à Eric Ciotti son ordre de mission sur l’exécution des peine avec un certain nombre de pistes. Invité d'Europe 1 vendredi matin, Jean-Marie Bockel, ancien secrétaire d'Etat à la Justice a jugé qu'il n'y avait "pas forcément besoin d'une loi" sur cette question de la récidive. D'autres dispositifs existent, tels que le "bracelet électronique pour maintenir la pression en permanence sur ces personnes".  "10.000 personnes sont dehors et posent problème" a dit Jean-Marie Bockel qui a stigmatisé le manque de suivi et le manque de place pour les condamnés français. "La saturation des prisons est un problème régulièrement dénoncé en France". Pour y remédier, le fondateur de la Gauche moderne a défendu bracelet électronique et les prisons ouvertes, sans barreau, où les condamnés s'engagent à ne pas s'évader. "Cela coûte moins cher", a indiqué Jean-Marie Bockel, ajoutant que dispositif pourrait concerner "5 à 6.000 personnes sur les 60.000 détenus français".



    Hervé Morin sur RMC

    Hervé Morin et Jean Arthuis ont lancé jeudi la Confédération centriste, première étape dans la reconstruction de cette mouvance. "Cette confédération est la première brique de la maison que nous voulons construire"..."Ce que nous voulons faire n'est absolument pas exclusif des autres formations politiques qui portent les mêmes valeurs et nous aspirons à ce que d'autres viennent nous rejoindre"..."On y discutera projet politique et on pourra y aborder les questions d'investiture mais elle ne remettra pas en cause l'autonomie et la stratégie que pourrait avoir chaque parti politique",

     

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    Paris, le 26 janvier 2011

    Territoires palestiniens : la colonisation a eu raison du processus de paix

    Une délégation du groupe d’information internationale sur les Territoires palestiniens du Sénat conduite par Mme Monique Cerisier ben Guiga, présidente, et composée de Mmes Christiane Demontès, Dominique Voynet et Marie-Agnès Labarre s’est rendue en Israël et dans les Territoires palestiniens du 16 au 21 janvier 2011 pour un point de situation. Elle a tenu à rencontrer, pour chacune des parties, des représentants de différentes tendances politiques.

     La délégation déplore le refus qui lui a été opposé par les autorités israéliennes d’accéder à la bande de Gaza où elle projetait de prendre la mesure des conditions de vie de la population. Toujours sous contrôle israélien, ce territoire reste sous le coup d’un embargo rigoureux, à peine desserré par des mesures symboliques sur les fleurs et les fruits, qui ne permet ni la reconstruction, ni la reprise de l’activité économique.

     Elle a constaté l’impasse totale du processus de paix malgré la sécurité en Israël et le ralliement proclamé de l’ensemble des responsables politiques israéliens à la solution des deux États. Les palestiniens ont pris acte de l’impossibilité de négocier en tête à tête avec la puissante occupante et de l’inefficacité de la communauté internationale à faire respecter les engagements pris.

     A Jérusalem- Est, la colonisation cantonne les palestiniens dans des territoires de plus en plus réduits. En Cisjordanie, elle gangrène irrésistiblement les Territoires détruisant dans la réalité du terrain, dans les campagnes comme au cœur des villes, toute perspective sérieuse d’un État palestinien viable.

    Les obstacles aux mouvements des personnes, le mur de séparation, le harcèlement opéré par les colons et l’impunité dont ils jouissent génèrent une situation d’insécurité permanente pour les palestiniens ainsi qu’un recul du développement.

     Face à cette situation, l’Autorité palestinienne poursuit ses efforts de mise en place des infrastructures d’un État avec pour objectif le retour à la légalité internationale avec la reconnaissance d’un État palestinien à l’été 2011. Il reviendra alors à chaque État, notamment à la France, de prendre ses responsabilités.

     Monique CERISIER ben GUIGA, Sénatrice représentant les Français établis hors de France

     

     

     


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