• Elections

     Les dates des 2 tours des élections présidentielles et législatives en 2012 ont été annoncées après le Conseil des ministres (cf ci-dessous) Le premier tour des élections législatives à l'étranger aura donc lieu une semaine avant, soit le 3 juin 2012.


    Les dates de la présidentielle 2012 fixées

    Mots clés : Présidentielle

    AFP
    11/05/2011 | Le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant, a présenté aujourd'hui devant le Conseil des ministres le calendrier des élections nationales prévues en 2011 et 2012, qui confirme les dates des 22 avril et 6 mai pour les deux tours de la présidentielle de 2012. Les élections législatives auront lieu les 10 et 17 juin suivants, a précisé le porte-parole du gouvernement, François Baroin, en rendant compte à la presse des travaux du Conseil des ministres.

    Quant aux élections sénatoriales programmées en 2011, elles auront lieu le 25 septembre prochain, a annoncé M. Baroin.  

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    Quel crédit accorder aux sondages prédisant un 21-avril à l'envers ?

     LEMONDE.FR | 21.04.11 | 19h25  •  Mis à jour le 22.04.11 | 11h31

    Présidentielle : vers un nouveau 21 avril ?" Le titre du Parisien, en ce jour anniversaire de l'élimination de Lionel Jospin au premier tour en 2002, pose une question légitime. Et se fonde sur un sondage dans lequel Marine Le Pen montre une nouvelle fois qu'elle pourrait bousculer le face-à-face classique entre droite et gauche au second tour de la présidentielle.

    Comme toute enquête d'opinion réalisée à un an de la présidentielle, cette étude, qui prévoit une élimination possible de Nicolas Sarkozy dès le premier tour doit être prise avec recul. Ce dont conviennent Le Parisien et le sondeur lui-même, l'institut Harris Interactive. Les marges d'erreur, mais aussi l'incertitude quant à la participation de certaines personnalités, comme Jean-Louis Borloo ou Dominique de Villepin, imposent cette distance.

    Des écarts serrés. D'abord, les écarts entre les différents prétendants au second tour sont serrés : 2 points entre Marine Le Pen (21 %) et Nicolas Sarkozy (19 %) en cas de candidature de Dominique Strauss-Kahn (30 %) ; 1 point entre Martine Aubry (21 %) et Nicolas Sarkozy (20 %), à peine distancés par Marine Le Pen (23 %) ; 3 points entre François Hollande (22 %) et Nicolas Sarkozy (19 %), Marine Le Pen ne creusant l'écart que d'un point (23 %).

    Or, la marge d'erreur des sondages peut-être estimée à plus ou moins 2,5 points pour un score autour de 20 %... "Il y a une très grande incertitude sur l'ordre d'arrivée au premier tour, ce qui est assez inédit à un an d'une présidentielle", confirme Frédéric Dabi de l'IFOP.

    Les écarts les plus notables sont l'avance de Dominique Strauss-Kahn, "qui apparaît pour l'heure comme l'assurance tous risques pour éviter un nouveau 21-avril pour le PS", selon M. Dabi. On note aussi le retard relatif de Ségolène Royal, créditée de 15 % d'intentions de vote, derrière Marine Le Pen (22 %) et Nicolas Sarkozy (19 %).

    Il n'empêche, la percée de Marine Le Pen se confirme. "On aurait pu penser que le passage récent opéré par Nicolas Sarkozy vers des thèmes économiques et sociaux ferait baisser la présidente du FN." Ce n'est pas le cas, note Edouard Lecerf, de TNS-Sofres.

    L'incertitude sur "l'espace du centre". Harris Interactive a dans cette enquête choisi de tester un scénario de premier tour avec Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin. Le président du Parti radical y est crédité de 7 à 10 % des intentions de vote, l'ancien premier ministre 3 à 6 %. Soit un total de 10 % (en cas de candidature DSK) à 16 % (en cas de candidature Royal). Or, il n'est pas certain que l'un et l'autre soient finalement candidats et l'Elysée a l'intention de tenter de les rallier. Par ailleurs, Harris Interactive a également testé François Bayrou (4 à 7 %) et Nicolas Dupont-Aignan (1 %).

    "L'espace Bayrou-Villepin-Borloo pèse entre 15 et 20 %, résume Frédéric Dabi. Et cet espace du centre réagit en fonction des autres candidats alignés. L'espace dans lequel Bayrou s'était engouffré en 2007, réunissant des centristes historiques et mordant sur l'électorat de Sarkozy et Royal, existe toujours. C'est une des clés du scrutin et cet espace est devenu très concurrentiel." Nicolas Hulot (5 à 8 %) et Dominique Strauss-Kahn mordent également dessus, davantage qu'Eva Joly ou que les autres candidats PS.

    Si Nicolas Sarkozy arrivait à dissuader Villepin et Borloo de se présenter, bénéficierait-il pour autant de forts reports de voix ? Ce n'est pas certain. Des sondeurs sont en train de tester l'hypothèse. Frédéric Dabi note au passage que Nicolas Sarkozy a une popularité aussi basse chez les cadres supérieurs que dans le reste de la population et encore inférieure chez les sympathisants MoDem.

    L'indécision encore forte. La fragilité des choix des électeurs est naturellement forte à un an du scrutin, souligne Frédéric Dabi. "L'indécision est de plus plus en plus forte, d'année en année. Par exemple, en 2007, 22 % des gens ont déclaré avoir décidé de leur vote le dernier jour. A un an de la présidentielle, l'incertitude sur l'offre électorale n'a jamais été aussi forte. On est dans un meccano à plusieurs inconnues. Ce qui incite à la plus grande prudence."

    Le socialiste François Rebsamen, proche de François Hollande, a une analyse similaire : "Tant qu'on ne connaît pas la configuration des candidatures, les sondages restent à prendre avec des pincettes. Tout cela contient une bonne part d'intox, d'un côté comme de l'autre. Borloo sera-t-il candidat ? Nicolas Hulot investi ? On sait que Marine Le Pen est haut et Sarkozy dans le creux mais ne tirons pas de plans sur la comète."

    "En avril 2006, Ségolène Royal était en tête au premier tour dans les enquêtes et plutôt gagnante au second", se rappelle Edouard Le Cerf, non pas pour contester la pertinence des sondages mais pour les remettre en perspective.

    Alexandre Piquard


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  • Citation du jour

     « Même 200€ par mois, par les temps qui courent, c’est mieux que rien », Xavier Bertrand, Ministre du travail, à propos des primes dividendes.

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     04/05/2011

    Jean-Claude Mailly

    “Sarkozy a l'air de découvrir les conséquences réelles de la RGPP”

    Dans un entretien à Acteurs publics, le leader de Force ouvrière dénonce avec virulence la Révision générale des politiques publiques et estime que le Président n'en a pas suffisamment suivi la mise en œuvre. Selon ses calculs, 10 % des directeurs départementaux interministériels nommés en janvier 2010 ont déjà changé.

    Vous venez d'actualiser le “livre noir de la RGPP”. Quelles sont vos principales critiques contre cette démarche de réforme de l'administration ?

    La RGPP a deux défauts principaux. Primo, elle procède d'une vision idéologico-budgétaire : il fallait réduire les dépenses publiques, donc le gouvernement a réformé l'État. Mais c'est la logique inverse qu'il aurait fallu suivre. Se poser d'abord la question des missions des services publics, puis en déduire les réorganisations à mener. Le second défaut majeur est que Nicolas Sarkozy et François Fillon se sont peu à peu désintéressés de la mise en œuvre de la RGPP dans les ministères. La preuve : en mars dernier, lorsque je leur ai remis une liste de 11 exemples de dérives, ils ont eu l'air de découvrir les conséquences de la RGPP sur le terrain.

    Quels exemples avez-vous détaillés au Président et au Premier ministre ?

    J'ai particulièrement insisté sur l'expérimentation en cours dans les abattoirs porcins de Bretagne. Elle vise à réduire, voire à supprimer, les recours aux services vétérinaires publics en les remplaçant par des normes préétablies et un système d'autocontrôle. Cela aboutit à un recul de la sécurité sanitaire, puisque les services vétérinaires ne réalisent plus l'inspection des animaux vivants avant l'abattage dans certains cas. L'autre exemple, sur lequel Nicolas Sarkozy et François Fillon ont tiqué, touche à la gestion des fleuves. L'État a fortement réduit ses effectifs dans la surveillance des berges et la gestion des crues. Ce qui signifie que les populations sont de moins en moins protégées contre les risques d'inondations liés à l'usure des digues.

    Les élus locaux souffrent-ils de ces réformes ?

    Ce sont surtout les petites communes qui pâtissent de la baisse des effectifs de l'État, puisqu'elles ne peuvent plus s'appuyer sur les services ministériels. Les communes doivent de plus en plus faire appel à des cabinets privés pour leurs chantiers d'aménagement, mais toutes n'en ont pas les moyens ! Cela a des effets très concrets pour la sécurité des populations. Exemple : après la collision du 2 juin 2008 entre un train et un bus scolaire, le secrétaire d'État aux Transports de l'époque, Dominique Bussereau, avait demandé aux préfets de coordonner des diagnostics sécurité de tous les passages à niveaux de France. Les conseils généraux les ont menés, mais pas les petites communes par manque de moyens financiers et humains. Et les directions départementales des territoires de l'État, réduites à la portion congrue, n'ont pas pu les épauler, ni contrôler les diagnostics.

    Comment ces transformations sont-elles ressenties par les fonctionnaires ?

    Les agents de l'État souffrent de la RGPP à tous les niveaux hiérarchiques. À FO, nous recevons de plus en plus d'informations de la part de hauts fonctionnaires qui ne sont pas militants chez nous, mais qui souhaitent dénoncer les effets des réorganisations en cours. Certains éminents serviteurs de l'État, habitués au devoir de réserve, ne supportent plus ces remises en cause du service public. Le malaise des cadres publics se traduit d'ailleurs par une instabilité aux plus hauts postes. Selon nos chiffres, environ 10 % des directeurs et directeurs adjoints nommés à la tête des nouvelles directions départementales interministérielles en janvier 2010 ont déjà changé. Certains ont été “démissionnés”, d'autres ont préféré rejoindre un autre poste dans leur ministère d'origine ou une collectivité locale. D'autres encore sont partis dans le privé. C'est bien le signe que la réforme de l'administration territoriale de l'État n'est pas soutenue par ceux qui sont censés la mettre en œuvre.

    Propos recueillis par Laurent Fargues

    Acteurs publics.com


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  • Retraites : le PS charge Fillon

    "Aveuglement", "malhonnêteté"... Les candidats à l'investiture socialiste ont fortement critiqué jeudi la proposition de François Fillon de s'aligner sur l'Allemagne, en repoussant l'âge légal de départ à la retraite de 65 à 67 ans.

    La proposition de François Fillon n'est pas restée sans suite. Alors que le ministre a estimé jeudi qu’il faudrait aller vers un âge de départ de 65 à 67 ans, comme Berlin s’apprête à le faire, le Parti socialiste a vite dégainé. "Il faut rappeler qu'en Allemagne les salariés peuvent prendre leur retraite dès 35 annuités de cotisation, et que l'âge de 67 ans marque celui auquel ils peuvent prétendre à une retraite à taux plein. Les prétendues divergences entre les deux pays ne sont donc pas ce que clame la droite!", écrit Marisol Touraine, secrétaire nationale à la santé et à la sécurité sociale, dans un communiqué publiée jeudi. "Faut-il également rappeler que le taux d'emploi des salariés allemands de plus de 55 ans est largement supérieur à ce qu'il est chez nous? Les salariés allemands qui partent en retraite sont en activité; en France, ils sont chômeurs!", ajoute-t-elle.

    Tour à tour, les candidats à l'investiture socialiste ont dénoncé jeudi l'ambition du Premier ministre. "La position de François Fillon est incompréhensible", a raillé François Hollande, lors d'un déplacement en Saône-et-Loire. "François Fillon a pris un exemple, l'Allemagne, qui n'est pas le bon et qui laisse penser aux Français que la réforme qui vient d'être votée, finalement, est déjà insuffisante. C'est un aveu terrible que vient de faire le Premier ministre", a encore jugé le favori des sondages. "La structure d'âge de l'Allemagne n'a rien à voir avec celle de la France", a encore fait valoir l'ancien numéro un du PS.

    "C'est inquiétant pour un Premier ministre"

    Martine Aubry s'est montrée encore plus offensive dans la critique. La candidate à la primaire socialiste a estimé jeudi que François Fillon "avait un problème avec la réalité des chiffres". "Une fois de plus François Fillon, ou parce qu'il ne connaît pas le sujet, et c'est inquiétant pour un Premier ministre, ou parce qu'il essaye une fois de plus de raconter des histoires aux Français, confond l'âge légal et l'âge de départ à la retraite", a lancé la maire de Lille, lors d'un déplacement à Grenoble. "Il dit que l'âge légal est passé de 65 à 67 ans en Allemagne. Non, c'est l'âge auquel on pourra partir sans avoir de décote à la retraite, ce qui n'est pas l'âge légal", a-t-elle argumenté.

    Ségolène Royal ne s'est pas non privée de commenter la proposition du chef du gouvernement. "En Allemagne, dès que vous avez votre durée de cotisation, quel que soit votre âge, vous pouvez prendre votre retraite. Donc ce n'est pas honnête ce qu'a dit François Fillon", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes, lors d'un point presse au siège du parti socialiste. En Allemagne, pour pouvoir prendre sa retraite, "c'est soit la durée de cotisation, soit l'âge. La France est le seul pays qui cumule les deux critères", a-t-elle souligné.

    De son côté, Arnaud Montebourg a dénoncé jeudi "l'aveuglement" du Premier ministre. "L'exemple allemand est un anti-modèle: ils ont cassé les salaires, démantelé une partie de la protection sociale et constitué des excédents qui ont déstabilisé toute la zone euro", a rétorqué celui qui se pose en chantre de la démondialisation, en marge d'une visite aux universitaires toulousains. Et le député de Saône-et-Loire de dénoncer "l'aveuglement et l'incompétence de notre gouvernement qui n'a pas su mettre au pas les marchés financiers qui mettent sous tutelle les Etats et les peuples".

    C.V. (avec AFP) - leJDD.fr, jeudi 22 septembre 2011

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     Guéant répond à «Libé», se plante, et mouille l’Insee

    DESINTOX

    Le ministre de l'Intérieur a envoyé un droit de réponse à «Libération» où il confirme mordicus ses statistiques (fausses) sur l'échec scolaire massif des immigrés. Une obstination qui tournerait au gag, si elle ne révélait pas au passage les pressions sur l'Insee.

    «L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Cette conclusion vient forcément soit de chiffres exhaustifs, soit d’un échantillon qui se divise en trois tiers. Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

    Claude Guéant ministre de l’Intérieur, dans sa lettre du 27 mai à Libération

    INTOX

    L’obstination de Claude Guéant est en train de le mener au ridicule. Dimanche 22 mai, sur Europe 1, puis trois jours plus tard, à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a livré des statistiques édifiantes, mais fausses, sur les ratés de l’intégration et sur l’échec scolaire massif des enfants d’immigrés. Les déclarations du ministre ont été dénoncées par nombre d’associations, de syndicats ou d’hommes politiques. Par deux fois (Désintox des 25 et 27 mai), Libération a écrit que ses propos n’avaient aucun fondement. Claude Guéant a envoyé un courrier à Libération en guise de droit de réponse. Il y montre une détermination sans faille à faire mentir les chiffres. Le ministre y confirme ses propos tenus, selon lesquels «deux tiers des enfants qui sortent du système scolaire sans qualification sont des enfants d’immigrés». Il confirme surtout qu’il compte de travers.

    DESINTOX

    Claude Guéant affirme de nouveau s’appuyer sur une étude de l’Insee datée de 2005. On y lit que «les enfants d’immigrés sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualification». Cette phrase se rapporte à deux chiffres, exposés dans un tableau : 10,7% des enfants d’immigrés sortent du système scolaire sans qualification. Contre 6,1% pour les autres. Presque deux fois plus, donc. Mais, évidemment, cela ne signifie en aucun cas que deux tiers des enfants qui sortent sans qualification du système scolaire sont des fils d’immigrés, pour la raison évidente que les enfants d’immigrés ne représentent que 10% du panel étudié (1 324 jeunes, sur les quelque 13 000 qui ont répondu à l’enquête). Dans son courrier, Guéant expose pourtant la méthode exotique par laquelle il parvient à la conclusion qu’il a «correctement cité l’étude» :

    «L’étude de l’Insee […] précise que les enfants de familles immigrées sortent presque deux fois plus souvent du système éducatif sans qualifications que les autres. […] Cette conclusion vient forcément soit de chiffres exhaustifs, soit d’un échantillon qui se divise en trois tiers. Par conséquent, j’ai correctement cité l’étude en déclarant que les 2/3 des enfants qui sortent de l’école sans qualification sont des enfants de familles immigrées.»

    «Ce raisonnement est une ânerie sans nom, cela montre que le ministre n’a pas du tout compris l’étude», juge un chercheur qui a travaillé sur le panel.

    Mais cet entêtement à faire dire aux données de l’Insee ce qu’elles ne disent pas n’est pas seulement risible. Il pose une autre question. Celle de l’instrumentalisation et du détournement de la statistique publique. Depuis le début de cette polémique, Claude Guéant cite à l’envi l’Insee, qui se trouve embringué comme caution de l’entreprise de désinformation du ministre de l’Intérieur. On peut s’étonner que l’institut, par respect pour le travail de ses chercheurs, n’ait pas rectifié la lecture grossièrement erronée qu’en fait Claude Guéant. Il faut croire que ce service public des statistiques, sous tutelle de Bercy, n’a pas cette liberté.

    Les journalistes qui ont demandé au service de presse de l’Insee des éclaircissements sur les propos de Guéant n’ont eu droit qu’à un silence embarrassé. Nos demandes pour s’entretenir avec les responsables de l’étude dont le ministre s’est emparé ont été vaines. Les coups de fils qui ont été échangés ces derniers jours entre le ministère de l’Intérieur et l’Insee n’y sont peut-être pas étrangers. Et cette situation, qui voit le service public des statistiques contraint de laisser libre cours aux élucubrations d’un ministre, est plus grave encore que le mensonge de Guéant.


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  • Spécial Nicolas Sarkozy, le bilan d’un échec.

     Sarkofrance, chez Marianne2.

    Sarkozy: l'heure du bilan de la précarité a-t-elle sonné ?

    Il s'abritera derrière les effets de la crise, qui l'aurait empêché de ramener le pays vers le plein emploi. Il se félicitera quand même d'avoir su protéger les Français pendant cette période tourmentée. Bref, Nicolas Sarkozy nous mentira. La précarité, sous son quinquennat, a fortement progressé, et ses efforts pour contrer cette dégradation de la situation du plus grand nombre ont été incroyablement modestes eu égard à la gravité de la situation.

    Les belles promesses...
    En 2007, pendant sa première campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy promettait de « vraiment réduire la pauvreté, l’exclusion et la précarité » grâce au retour du « plein emploi ». Il ajoutait, dans son catalogue de promesses (retirés du Web par l'UMP l'an dernier): « Comme souvent en France, en matière de chômage ou en matière de minima sociaux, on indemnise chichement, mais longtemps. Alors qu’il faudrait indemniser fortement, mais brièvement pour que chacun soit incité à reprendre rapidement un emploi. » 

    Autre promesse, liée à la précédente, la réduction d'un tiers en cinq ans le nombre de personnes en situation de pauvreté. L'horizon des cinq ans sera franchi sous peu, dans quelques mois. Et le bilan est détestable.


    1. Radier plus vite
    En mars 2008, le Président des Riches présentait le dispositif de l'offre raisonnable d'emploi, une mesure promulguée en août 2008 et qui entra en vigueur 6 mois plus tard, en octobre, au plus fort de la crise. Après deux refus d'offre d'emploi dit « raisonnable », le chômeur perdait pendant deux mois son indemnisation. En 2007, le candidat avait aussi promis que « que l’allocation chômage ne puisse pas être inférieure au salaire minimum, mais que nul ne puisse refuser plus de trois offres d’emploi correspondant à ses compétences ».

    2. Radier plus fort
    Quatre ans plus tard, la seule promesse tenue fut la radiation temporaire des demandeurs d'emplois en cas de refus d'offre. Et encore, le gouvernement avait quand même durci le dispositif par rapport à la proposition initiale du candidat (qui ne parlait que de trois offres « refusables », et non deux comme finalement retenu par son équipe). A l'automne 2007, on s'inquiétait déjà.

    Début juillet, le site Actuchômage avait révélé que Pôle Emploi avait dans ses projets de faciliter la radiation par courrier électronique. L'organisme incitait quelque 1,5 million d'allocataires de recourir exclusivement aux services proposés dans l'« espace personnel » de pole-emploi.fr afin de «contribuer au développement durable en limitant les envois de courriers papier». Chaque mois, entre 200 et 300.000 inscrits sont radiés des statistiques de pôle emploi pour « défaut d'actualisation» ou « radiations administratives» (227.000 en juillet dernier). Un chargé de communication de Pôle Emploi a expliqué à Rue89 que « les demandeurs (...) peuvent revenir sur cette décision d'un simple coup de fil » et « par courrier, non seulement ça prend plus de temps, mais en plus, on entend très souvent les demandeurs nous expliquer qu'ils n'ont pas reçu le pli. »

    3. Indemniser au minimum
    Côté indemnité minimum, on est bien loin du SMIC (qui par ailleurs n'a pas été augmenté l'été dernier): le montant minimum de l'Allocation d'aide au retour à l'Emploi est de à 27,66 € (juillet 2011), voire de 19,82 € par jour pour les demandeurs d'emploi qui suivent une formation.

    4. Surcharger Pôle emploi
    Fin 2008, le gouvernement précipitait la fusion de l'ANPE et des ASSEDIC, décidée en février, sans prévoir de renforts supplémentaires. En un semestre, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi progressait pourtant de plus de 500.000 personnes. Un rapport sénatorial de juillet dernier a déjà dénoncé la faiblesse des moyens accordés à l'organisme à sa création: « pendant les deux années qui ont suivi sa création, Pôle emploi a dû faire face à une augmentation d'environ 730 000 du nombre de demandeurs d'emploi inscrits en catégorie  A, B et C soit une augmentation de plus de 20 % par rapport au nombre de demandeurs d'emploi recensés en janvier 2009. Les effectifs de Pôle emploi ont augmenté en 2009 mais de manière modeste au regard de la hausse du nombre de demandeurs d'emploi. A partir de l'été, 1 840 agents supplémentaires ont été recrutés, 1 000 en CDI et 840 en CDD. »

    5. L'unique initiative de Sarkozy
    Cessons de réécrire l'histoire. Au plus fort de la crise, la seule mesure protectrice dont Nicolas Sarkozy a eu l'initiative vis-à-vis des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires fut de reporter d'un an la suppression de la dispense de recherche d'emploi des seniors de plus de 58 ans, une mesure qu'il avait lui-même décidée pour janvier 2009. Quel effort ! 

    6. Libéralisme contrarié
    La crise avait bloqué la tentative de « réforme », c'est-à-dire de casse sociale, promise par le candidat Sarkozy. La rupture tant attendue par quelques libéraux n'a pu avoir lieu.

    Il fallu attendre le printemps 2009, et d'immenses manifestations, pour Sarkozy lâche quelques abandons d'impôts et deux primes ponctuelles et symboliques (l'une de 150 euros au titre de l’allocation de rentrée scolaire (ARS) et l'autre de 200 euros, dite « prime de solidarité active », au titre du revenu minimum d’insertion (RMI), de l’allocation parent isolé (API) ou d’une aide au logement). 

    Figé par la crise dès l'automne 2008, Sarkozy n'a pu que s'accrocher à préserver les plus fortunés des efforts les plus rudes.

    Malgré tout, l'Elysée maintient sa défense. Sarkozy aurait « protéger ceux qui sont les plus fragilisés par la crise » et permis de « bâtir une France plus juste ». L'INSEE explique sobrement que « des mesures ponctuelles et la montée en charge progressive du revenu de solidarité active ont permis de limiter les effets de la crise ».

    Et le bilan ? Funeste !
    Un an de crise plus tard, les effets de la crise et de l'inaction gouvernementale se faisaient sentir. L'INSEE vient de publier sa dernière évaluation des « Niveaux de vie », qui porte effectivement sur l'année 2009. Les résultats sont, sans surprise, mauvais.

    1. La pauvreté s'est aggravée 
    En 2009, elle a battu tous les records depuis 2006 : le nombre de personnes pauvres en France a bondi de 337.000 en un an, pour atteindre 8,173 millions en 2009, contre 7,836 millions l'année précédente (et 8,0 millions en 2007). Leur proportion est également en hausse: 13,4% de la population en 2007; 13,0% en 2008; 13,5% en 2009

    Le seuil de pauvreté est défini, pour 2009, à moins 954 euros par mois. Rappelons que le RSA est plafonné à 455 euros par mois pour une personne seule.

    2. Le niveau de vie médian a quasiment stagné en 2009: à 19 080 euros annuels, il a cru de +0,4% par rapport à 2008, après une hausse de 1,4% l'année précédente.

    3. Davantage d'actifs (chômeurs inclus) sont devenus pauvres
    . Triste constat pour le chantre du Travailler plus pour gagner plus !  10,1% des actifs de plus de 18 ans, soit 2,8 millions de personnes, contre 9,5% en 2007. En particulier, les travailleurs pauvres non-salariés ont davantage été touchés par la hausse de la pauvreté : « leur taux de pauvreté passe de 15,3 % à 16,9 % entre 2008 et 2009 ».

    4. Davantage d'étudiants ont été précarisés. Parmi les inactifs de plus de 18 ans, la proportions d'étudiants pauvres a bondi de 18,1% à 20,3% en 2009 (soit une augmentation de 12%)

    5. Le « Président protecteur » a été inefficace pour les ménages les plus modestes. Ils se sont appauvris: « le niveau de vie des 10 % des personnes les plus modestes est inférieur à 10 410 euros annuels (D1), en baisse de 1,1 % par rapport à 2008 ». Pour ce dernier décile, les allocations chômage représentent 7,5 % de leur revenu disponible en 2009 contre 6,2 % en 2008. 

    6. Les inégalités se sont accrues. L'écart entre seuils de pauvreté et de richesse s'est accru. Présidence pour Riches ?


    7. L'inflation reste mal mesurée. Pour preuve, alors que le prix des matières premières (et donc des biens de premières nécessité) ou de l'énergie (vitale) ont flambé, l'inflation officielle, qui sert de baromètre honteux à la non-indexation des minima sociaux ou du SMIC reste excessivement modeste. Le directeur des études de la fondation Abbé Pierre s'est encore récemment énervé, à juste titre : « Ces dernières années, les dépenses obligatoires n'arrêtent pourtant pas d'augmenter. Regardez la flambée des loyers (+ 50% en dix ans). Sans parler des factures de gaz, d'électricité, d'eau... Les dégâts sociaux sont considérables. »


    Président inefficace, précarité accrue, qui dit mieux ?


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  • Spécial droite FN / droite populaire

    UMP-FN : pourquoi l'alliance n'aura pas lieu de sitôt

    Jérémy Collado - Tribune | Samedi 6 Août 2011 à 13:01 | Lu 4858 fois

    Depuis trente ans, l'alliance entre la droite et l'extrême-droite revient sur le tapis, entre marchandages politiques et tactique de division orchestrée par la gauche. Pourtant, la stratégie anti-néolibérale de Marine Le Pen, qui espère secrètement remplacer Nicolas Sarkozy, et la fusion idéologique menée par le conseiller Patrick Buisson, rendent quasiment impossible une telle entente... Les deux partis, qui se partagent parfois le même électorat, doivent résister à l'appel de certains qui militent pour un mariage après 2012.

     

    C'est le premier défilé du 1er mai sous sa présidence. Une tradition qui réunit fidèles, militants et notables du parti dans une ferveur nationaliste. Marine Le Pen, pantalon blanc seyant, affiche un large sourire. En tête du cortège, des jeunes femmes enceintes poussent des poussettes, épaulées par des hommes d'une trentaine d'années, en jean-baskets tout ce qu'il y a de plus banal. Pour les habitués du défilé, c'est peu commun. Les skins-heads, obligés de se faire discrets, sont visibles sur le côté. Il se murmure que le FN séduit au-delà de ses rangs traditionnels. De nouvelles têtes rejoignent le mouvement depuis la succession du vieux chef Jean-Marie Le Pen et la rénovation entamée par sa fille. Une rénovation qui ne se résume pas aux exclusions des néo-nazis ni aux purges successives ou aux mea-culpa sur la Shoah. La jeune femme va plus loin. L'heure est au rassemblement autour des valeurs de la République. Il ne suffit pas de virer les partisans du Maréchal Pétain de son parti pour espérer gouverner, pense-t-elle, il faut aussi attirer de nouveaux électeurs : les désespérés de la politique, les victimes de la mondialisation, les électeurs trahis par la gauche et la droite réunis. Et même, c'est nouveau, ceux qui jugent Nicolas Sarkozy trop timoré et qui votaient habituellement pour la droite modérée.


    Place des Pyramides, devant la statue dorée à l'effigie de Jeanne d'Arc et sous le regard attentif de son père, Marine Le Pen entame son discours, sans jamais citer le nom du président de la République. Radicale, elle n'oublie pas de ménager l'UMP, car elle sait qu'elle doit convaincre son électorat pour espérer rejoindre le deuxième tour en 2012. Un dilemme né bien avant 2007 mais réactivé à la faveur de la campagne sarkozyste sur des thèmes « lepénistes » : sécurité, immigration, travail, à droite toute. Un hold-up que veulent réitérer Nicolas Sarkozy et son conseiller Patrick Buisson, qui en est largement à l'origine, pour gagner en 2012. Droite et extrême-droite sont adversaires comme jamais. Et pourtant. D'aucuns ne cessent d'annoncer une alliance probable, estimant que les différences entre les deux partis se réduisent comment peau de chagrin. Le « FN light » serait très proche de la « droite hard » version Sarkozy. Une UMP en plus radical. Alors qu'une alliance n'est ni souhaitée, ni souhaitable pour les deux partis, certains politologues ne cessent d'annoncer un accord dans les prochaines années. Rien de nouveau sous le soleil puisque l'hypothèse en envisagée depuis trente ans. Successivement, c'est la droite qui s'est posée la question, pour conserver ses élus dans les années 80, puis la gauche qui a agité le « chiffon brun » d'une alliance large de la droite pour mieux être réélue. Cette fois, la situation est différente. Si FN et UMP paraissent si proches, c'est que Nicolas Sarkozy s'est lancé à la poursuite de Marine Le Pen et des électeurs des classes populaires. Car sur le fond, tout, ou presque, les oppose.

    Le discours anti-néolibérale de Marine Le Pen, qui défend la retraite à 60 ans, l'impôt sur la fortune, les 35 heures, la sortie de l'euro et le protectionnisme semble bien éloignée de celui de son père. Et, encore plus, de celui de Nicolas Sarkozy, qui milite pour un gouvernement économique européen pendant que la présidente du FN défend la préférence nationale et entend combattre le libre-échange. Sur certains sujets les deux partis sont proches. Immigration, sécurité, double-nationalité, Islam. Pas de quoi faire un programme commun ou un accord de gouvernement, comme jadis Mitterrand s'était allié au Parti Communiste. Certes, une partie de l'électorat de droite navigue entre les deux, séduit par une partie du discours de l'UMP en 2007, sans en juger la totalité. Une situation qui mène Marine Le Pen, concurrencée par l'UMP sur les thèses fétiches du mouvement d'extrême-droite, à mener le combat avec doigté. Il lui faut convaincre à la fois le peuple de droite, acquis à l'UMP, et les classes populaires, dont la sociologie électorale les mènerait logiquement à voter à gauche. C'est la raison pour laquelle elle dénonce le « double langage » et les « opérations de communication » du gouvernement : comment, déclare-t-elle, lutter contre la délinquance en érigeant comme règle d'or le non-remplacement d'un fonctionnaire (de police) sur deux ? Comment protéger les Français de la crise et défendre, dans le même temps, une politique néolibérale de privatisations défavorable aux plus petits salaires ou un maintien indéfectible de l'euro qui serait la source de la baisse du pouvoir d'achat ? Des contradictions dont se nourrit l'extrême-droite pour mieux doubler l'UMP sur son propre terrain.


    Personne, finalement, n'aurait intérêt à une alliance. Ni l'UMP, qui engage sous l'impulsion du très droitier conseiller Patrick Buisson une fusion idéologique, en absorbant les thématiques FN dans le giron de l'UMP. Ni le FN qui, après avoir reconquis les classes populaires espère convaincre la droite toute entière pour s'imposer comme le seul mouvement de droite en France après l'éventuelle défaite de Nicolas Sarkozy en 2012. Les socialistes ont beau crier au loup et affirmer que la Droite populaire est « un pont » entre la droite et l'extrême-droite, cette passerelle idéologique n'aboutira pas pour autant à une alliance de sitôt. Thierry Mariani, le sémillant ministre des transports est l'un des initiateurs du collectif. Il n'a jamais caché ses désaccords avec le FN et réfute toute alliance. Moralement, Nicolas Sarkozy lui aussi y est opposé. Le FN reste infréquentable, même débarrassé de ses dérapages antisémites. Mais entre perdre son âme et perdre les élections, le dilemme est épais. Car les députés UMP de la Droite populaire, notamment ceux élus dans le Sud, savent qu'ils ne garderont jamais leurs mandats sans les voix du Front National. Ils jouent un numéro d'équilibriste en dénonçant les incohérences de Marine Le Pen tout en lui piquant son fond de commerce. La logique arithmétique les pousse vers une alliance que la morale publique écarte. Ils ont besoin de l'appui des votes FN bien qu'ils condamnent le parti de Marine Le Pen publiquement. S'ils refusent l'alliance, ils s'enferment dans l'opposition. Pour longtemps.  


    Certains à l'UMP l'ont bien compris et sont tentés par ce mariage de raison. Malgré les discours officiels des deux mouvements, qui maintiennent qu'aucune alliance n'est possible, ils s'interrogent. Comme Christian Vanneste ou Xavier Lemoine. « Pas d'ennemis à droite ! », s'écrient-ils, inquiets pour leurs sièges et convaincus qu'on en arrivera un jour à une situation à l'italienne. De l'autre côté de la barricade, certains cadres FN sont d'accord pour sortir du bois. Après des années de diabolisation, nombreux sont ceux qui voient la lumière et veulent y rester... pour gouverner. Pour les tenants du FN canal historique, on y voit l'influence des anciens mégrétistes. Marine Le Pen partage avec Bruno Mégret, l'ancien cacique devenu traître, le pestiféré à l'origine de la scission de 1998, de nombreuses idées. Notamment sur la stratégie d'alliance. Il rêvait d'une « union patriotique », elle ne peut l'envisager tant que son père la surveille de près. Même si elle ne s'y résout pas encore, la nouvelle présidente lâche du lest en promettant de réserver un tiers des circonscriptions à des personnalités d'un futur « bloc patriotique républicain ». Alors que son père s'enfermait dans la contestation, sa fille, elle, n'a pas renoncé à accéder au pouvoir. Ni à négocier, un jour, avec la droite classique. Mais pas pour devenir sous-secrétaire d’État dans un gouvernement de droite élargi...

    Marine Le Pen ne veut pas gouverner avec la droite, elle veut être la droite, seule. Sa stratégie repose sur un pari : Sarkozy ne peut pas gagner en bernant une deuxième fois les électeurs de droite. Il a promis de faire baisser la délinquance, elle a augmenté. Il a promis d'être le président du pouvoir d'achat, il l'a plombé. Il promettait de protéger les Français, il n'ont jamais été autant à pointer au Pôle Emploi. La fusion initiée par Buisson a toutes les apparences de l'échec. En reprenant les thématiques du Front National, le gouvernement fait son propre procès. Et Jean-Marie Le Pen en est convaincu : les électeurs préfèrent « l'original à la copie ». Nicolas Sarkozy était fier d'avoir « tué le Pen ». En réalité, il a fait ressusciter la fille. Sous ses nouveaux airs républicains et sociaux, elle peut espérer un score proche des 20 ou 25% et doubler ainsi le président sortant. Elle n'a aucun intérêt à s'allier à lui, puisqu'elle veut prendre sa place. Aujourd'hui, Nicolas Sarkozy prend de la hauteur. Il se présidentialise. D'ici quelques mois, il aura le temps d'enfiler de nouveau le costume de candidat qui lui sied si bien dans les campagnes. Et il n'hésitera pas, cette fois, à radicaliser son discours pour contrer la énième résurrection du Front National.

     

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    Droite populaire: Harlem Désir a perdu une occasion de se taire

    Lait d'Beu - Blogueuse associée | Dimanche 7 Août 2011 à 05:01 | Lu 2325 fois

    Harlem Désir, premier secrétaire du PS par intérim, aurait-il perdu une bonne occasion de se taire en demandant à Jean-François Copé de dissoudre la Droite populaire ? Pour Lait d'Beu, la Sarkozie - Copé en tête - ne s'attaquera pas à ce groupe qui leur sert « d'idiots utiles ».

     

    Incontestablement, le 1er secrétaire du PS par intérim a perdu une bonne occasion de se taire. C’est pourtant un garçon fort intelligent et sympathique. Quelle mouche l’a piqué ? J’avais vu passer l’info sans avoir le temps de m’y arrêter Harlem Désir demande la dissolution de la Droite populaire(Le Monde du 28 juil. 2011). Il demanderait donc à Jean-François Copé de la dissoudre.

    Comme si celui-ci avait le pouvoir – et même l’envie : il partage exactement leurs idées réactionnaires et ce groupe joue les «idiots utiles» de la Sarkozie en exprimant très fort ce que Sarkozy, Copé, Fillon & consorts ne peuvent dire sur force sujets de société – de dissoudre une association légalement déclarée, fût-elle composée de parlementaires UMP ! Il paraîtrait que l’UMP s’en gausse. Pour une fois, non sans raisons.


    Le terme de «dissolution» d’un mouvement politique prête d’ailleurs à confusion puisqu’il s’agit en règle générale d’une procédure – relativement rare au demeurant – par laquelle le pouvoir prononce par décret en Conseil d’Etat l’interdiction de partis et associations provoquant des « troubles graves à l’ordre public » – lesquels doivent être suffisamment caractérisés pour que le décret soit inattaquable devant le même Conseil d’Etat dans sa fonction de juge suprême de la légalité des actes administratifs. Vous pensez bien par ailleurs que quand bien même la Droite populaire embarrasserait-elle parfois l’UMP, ni Nicolas Sarkozy ni François Fillon n’envisagent même une minute de l’interdire. L’on sait au demeurant que tous les mouvements politiques ainsi dissous renaissent de leurs cendres sous une autre dénomination : les appellations changent, les idées demeurent.


    Sur le plan plus général de la liberté d’expression, c’est encore plus inepte. D’abord, s’il suffisait de casser le thermomètre pour que la fièvre tombât, nous le saurions. Or, la Droite populaire de même que Sarkozy et toute sa clique surfent – sans grand succès depuis 2009 - sur les propositions du Front national, surtout s’agissant des étrangers. Nicolas Sarkozy essaie désespérément de se refaire la cerise - malmenée par les sondages et autres intentions de vote - en essayant de rapter l’électorat FN comme en 2007.


    Ensuite, je me situerais plutôt dans la lignée de Voltaire : je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites mais je me battrais afin que vous puissiez l’exposer. D’autant que cela ne servirait à rien d’interdire un discours qui fait plus de 20 % dans l’opinion publique si l’on ne tient compte que des scores atteints par le FN. Le combattre, oui ! L’interdire, certainement non.

    J’ai aussi le droit de me gausser de Nicolas Sarkozy. Je tombe en effet à la r’bidaine en lisant un article du Monde La nouvelle stratégie de Nicolas Sarkozy pour contrer le FN (29 juil. 2011). Ne pensez surtout pas que ce fût sur les idées délétères de Marine Le Pen au sujet des étrangers. Nicolas Sarkozy, ses sbires et la Droite populaire qui les expriment pareillement en sont bien trop proches… Le chef de l’Etat – aspirant candidat à sa réélection en 2012 – en est réduit à attaquer le programme économique de Marine Le Pen. Quand bien même saurais-je - grâce à Marianne – que c’est un domaine où elle ne connaissait pas grand chose, force est de reconnaître qu’elle apprend très vite… Elle a choisi de très bons mentors es critiques de l’ultralibéralisme

    Il l’attaque ainsi sur sa proposition de sortir de la zone euro. Il eût fallu déjà n’y point entrer… Quant à en sortir, je ne demanderais pas mieux mais je redoute que déjà plumés au tirage – les prix ont grimpé de 40 % en 2002 – nous ne le soyons à nouveau au grattage. Plus vraisemblablement la zone euro implosera un jour ou l’autre sans que nous eussions à intervenir. De même que cette funeste Europe de m… qui nous pousse vers toujours plus d’ultralibéralisme.

    Ceci dit, outre le sempiternel discours : il faut être au cœur de l’Europe pour être entendu (je n’ai l’impression ni que Nicolas Sarkozy y soit très audible et écouté ni qu’il pèse de quelque poids véritable) l’argument massue de Nicolas Sarkozy pour repousser cette idée vaut son pesant de cacahuètes : « La belle affaire ! En une seule décision, on doublerait la dette de la France »… Ah, bon ! Il parle en fin connaisseur, le drôle : c’est exactement ce qu’il a réussi à faire en 4 ans d’exercice du pouvoir. Sacrément fortiche, le mec. Encore 5 ans de sarkozysme réel et nous ne vaudrions guère mieux que le Zimbaboué. Tyranneau compris.


    Pour en terminer avec la Droite populaire vous trouverez un bon portrait de groupe dans l’article que Carole Barjon et Estelle Gross ont consacré à ces braillards de la droite dure (Nouvel Obs, 28 juil. 2011) qui «s’ils se disent "populaires" forment surtout une bande de députés incontrôlables qui, en attendant mieux – ils entendent peser sur la campagne.php(article de Judith Waintraub, le Figaro du 29 juil. 2011) s’attaquent aux "invertébrés" et aux "asexués" de la politique»… Autrement dit, les couillus - à ma connaissance le mot est rentré dans le Petit Robert - et les autres. Sauf que jusqu'à présent ce n'est point encore le siège de l'entendement.



    Des gens tout à fait charmants : leur ramage est toujours aussi choisi que leur plumage. Pour mémoire, Jacques Myard n’avait pas hésité à traiter ses collègues de l’UMP - qui avaient fort prudemment reculé sur l’amendement permettant qu’un jugement en Cour d’assises pût retirer la nationalité française d’un étranger naturalisé auteur d’un crime : le Conseil constitutionnel l’eût tout bonnement retoqué ! – de «bobos salopards»… à lire sur le Monde du 9 mars 2011 Le recul sur la déchéance de la nationalité suscite la colère à droite.


    Harlem Désir a raison sur le fond : le collectif de la Droite populaire « instaure un pont permanent entre l’UMP et l’extrême droite et joue avec les thèmes les pires, la peur de l’étranger, la peur de l’islam, en organisant jusqu’à cette opération saucisson-vin rouge dans l’enceinte même de l’Assemblée nationale – du Front national tout craché ! – et qu’il faut arrêter la banalisation des idées de l’extrême droite au sein de la droite républicaine ».

    De même quand il accuse le jeu trouble de Jean-François Copé – qui imite parfaitement en cela Nicolas Sarkozy ! - « double jeu, double langage, où d’un côté on prétend continuer à représenter les valeurs de la République et, de l’autre côté, on joue avec le feu ». Fort bien. Cela doit être mis en exergue toutes tendances confondues non seulement par la gauche mais par toutes les personnalités politiques qui partagent les mêmes convictions républicaines. « No pasaran » !

     

    Je ne saurais dire de quoi demain sera fait mais l’essentiel à mon avis consiste aujourd’hui à tout mettre en œuvre pour barrer la route de 2012 à Sarkozy. Contre le « Plus grand commun diviseur »(PGCE) qui n’hésite pas mettre la France à feu et à sang après l’avoir mise à genoux sur les plans économique et social, sans même parler de la débâcle des finances publiques. Cela sera très certainement le plus difficile à redresser. N’attendons pas des « lendemains qui chantent » !

    Mais sans sacrifier la saine et nécessaire rigueur budgétaire, il importera de reconstruire une France ouverte, généreuse et fraternelle. Mobilisons les énergies – sans exclusive. Les efforts consentis en commun et pour le bien public, n’en seront que plus légers si riches – à leur corps défendant ! - comme pauvres et classes moyennes y participent «selon leurs moyens» comme le veut la Déclaration des droits de 1789.


    Henri Guaino – inventeur de la « fracture sociale » quand il planchait pour Jacques Chirac - nous prend à l’évidence pour de parfaits cons quand il ose prétendre qu’à l’avenir «Chaque fois qu'un effort supplémentaire sera demandé aux Français, les plus riches n'en seront plus exonérés» (E24, supplément Eco de 20 minutes le 9 juil 2011). « Estimant que le plus important était désormais de «rétablir l'équité fiscale entre revenus du travail et revenus financiers »... C’est la « Bête en cour » qui va être ravie !


    Ils feraient demain ce qu’ils n’ont pas réalisé en plus de 4 ans d’exercice du pouvoir ? A d’autres !

    Demain on rase gratis ! Mais s’attendre à être vilainement écorchés par le « fratès » (barbier en solognot). Les pauvres et les classes moyennes de plus en plus pauvres, les nantis toujours plus riches, des écarts de revenus abyssaux. Ils feraient pire, oui ! Il suffit de constater qu’aujourd’hui, ils rognent les moyens du Samu social lors même que le nombre d’exclus explose. Ils ont une pleine besace de propositions pour nous plumer davantage encore après 2012.

    Non, Harlem Desir, n’épuise pas tes forces dans un combat d’arrière-garde : la Droite populaire n’est qu’un épiphénomène du sarkozysme et de l’UMP aux abois. Pensez donc ! perdre tous leurs avantages sonnants et trébuchants (la France et les Français, ils n’en n’ont rien à cirer). J’ai toujours pensé que l’UMP était uniquement une machine à gagner les élections qui volerait en éclats – façon puzzle ! :) – dès qu’elle les perdrait.


    Jusqu’à présent toutes les élections locales ont été des échecs en rase campagne pour l'UMP. En conséquence de quoi une belle morflée s’annonce mathématiquement en septembre 2011 (élections sénatoriales). Il nous restera à transformer l’essai en 2012. Présidentielle et législative. Avec un seul mot d’ordre : D E G A G E   !


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