• Pourquoi le candidat socialiste reste aussi flegmatique / Les femmes au sein des parlements : de très faibles progrès

    29 mars 2012
    Pourquoi le candidat socialiste reste aussi flegmatique


    Le Blog de Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde


    Une enquête Ipsos/Logica Business Consulting réalisée avec le concours du géographe Christophe Giulluy pour le Nouvel Observateur n’est pas étrangère au flegme qu’affiche actuellement François Hollande.
    Bousculé par la double offensive de Nicolas Sarkozy qui le dépasse désormais au premier tour dans les enquêtes d’opinion de cinq instituts sur huit, fragilisé par la montée de Jean- Luc Mélenchon (13 à 14% des intentions de vote) , le candidat socialiste a décidé pour le moment de ne rien changer à sa campagne.
    Dans un entretien accordé ce jeudi 29 mars au Monde, il ne répond à aucune demande du candidat du Front de gauche qui le presse de s’engager sur une hausse du SMIC ou sur le retour de la retraite à 60 ans. Il ne participe pas davantage à la surenchère sécuritaire de Nicolas Sarkozy . Bref il reste zen.
    Si l’enquête Ipsos dit vrai, il a de quoi. Elle montre en effet que François Hollande  bénéficie d’une assise électorale très large alors que celle de son rival apparaît beaucoup plus rétrécie qu’en 2007.
    Combinant des indicateurs socio-économiques, démographiques mais aussi géographiques l’étude permet de distinguer quatre territoires géographiques et électoraux : la France métropolitaine aisée (25% de la population) qui est celle des grandes métropoles; la France périphérique intégrée (11%) qui regroupe les communes périurbaines ou rurales socialement intégrées ou aisées ; la France métropolitaine fragilisée (16%) qui s’apparente aux banlieues populaires ; La France périphérique fragilisée (48%) qui rassemble des communes périurbaines ou rurales fragiles ou populaires.
    Le candidat socialiste a la particularité d’afficher un niveau d’intentions de vote homogène  ( entre 28 et 28,5%) dans trois catégories : la France métropolitaine aisée , la France  périphérique fragilisée et la France métropolitaine fragilisée . Il est plus faible dans la France périphérique intégrée» (25,5%) qui reste dominée par la droite et l’extrême droite .
    Mais au second tour, il l’emporterait dans les quatre France avec un score record de 56,5% dans la France périphérique défavorisée mais pas  négligeable dans la France métropolitaine aisée ( 54,5%) .  En 2007,  Ségolène Royal  n'était majoritaire que dans les banlieues.
    La situation de Nicolas Sarkozy apparait  beaucoup plus fragile. Le candidat UMP avait emporté le match de 2007 en agglomérant trois France : la France aisée ou protégée, dans laquelle il dominait largement, la France des banlieues où il talonnait Ségolène Royal, la France périphérique fragile où il dépassait la candidate socialiste ainsi que le leader du Front national .
    Aujourd’hui , il ne l’emporte plus que dans deux catégories : la France métropolitaine aisée et les zones périphériques intégrées,, mais avec une avance moindre qu’en 2007.
    En revanche il a complétement perdu son qualificatif de "candidat du peuple". Il recule fortement dans les banlieues populaires des grandes agglomérations où le Front national est à son plus haut niveau ( 19%) et surtout dans la France périphérique fragile qui représente le principal vivier électoral ( 48% ) .
    Avec 25,5% des intentions de vote, il est pris en tenaille entre François Hollande ( 28,5% ) et le Front national (16%) lequel subit également la concurrence de Jean Luc Melenchon ( 14%).
    « Cette France qui a cru à Nicolas Sarkozy en 2007 est en 2012, particulièrement sévère avec lui : c’est là que son bilan est le plus massivement jugé négativement, » indique Brice Teinturier , directeur général délégué d’IPSOS .
    Le niveau de défiance atteint le record de 80% en matière de croissance et d’emploi qui sont les domaines dans lesquels se concentrent aujourd’hui les attentes les plus fortes.
    A trois semaines du premier tour , cette France périphérique fragile apparaît tout à fait stratégique car c’est elle qui concentre l’électorat le plus nombreux, le plus indécis et le plus susceptible de s'abstenir.


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    Les femmes au sein des parlements : de très faibles progrès

    Entre 2010 et 2011, la représentation des femmes dans les parlements nationaux n'a progressé que d'un demi point, selon l'Union interparlementaire qui a présenté son rapport annuel à New York, vendredi 2 mars 2012. Au Moyen Orient et au Maghreb, le Printemps arabe n'a pas eu les effets escomptés : dans cette région du monde, les femmes restent sous-représentées en politique. Détails du rapport.
    Par Camille Sarret (avec l'AFP)19,5% de femmes dans les parlements nationaux en 2011 contre 19% en 2010… A l'échelle mondiale, la représentation féminine en politique n'a progressé que très légèrement. C'est le constat qu'a dressé l'Union  interparlementaire (UIP organisation internationale des parlements) dans son rapport annuel présenté à New York vendredi 2 mars par Michelle Bachelet, devenue présidente d'ONU-femmes après avoir été celle du Chili, première cheffe d'État du continent sud américain.  

    Avec 42% d'élues en moyenne, les pays de l'Europe du Nord se maintiennent en tête du classement. Mais c'est au Nicaragua que les femmes ont fait la percée la plus spectaculaire, passant de 18,5% en 2006 à 40% aujourd'hui. Les femmes ont aussi réalisé de belles progressions aux Seychelles (43,8 %, soit une augmentation de 20 points de pourcentage), en Slovénie (32,2 %, soit une augmentation de près de 19 points) et en Andorre (50 %, soit une augmentation de près de 18 points).

    Quant au nouveau pays qui a vu le jour en 2011, le Sud-Soudan, son assemblée constituante compte 26,5% de femmes : « un bon début », souligne le rapport.

    Néanmoins, la situation globale est jugée préoccupante  : « Aujourd’hui, moins d'un parlementaire sur cinq dans le monde est une femme. Ce chiffre, qui est inquiétant à ce stade du développement humain, est injustifiable. Dans la plupart des cas, la volonté politique de faire évoluer la situation est tout simplement absente », a expliqué le Secrétaire général de l’UIP, Anders Johnsson.
    Les promesses non tenues du Printemps arabe

    Malgré les promesses du Printemps arabe, « la région arabe reste la seule au monde dont aucun parlement ne comporte un minimum de 30% de femmes », constate  l'Union  inter-parlementaire. La moyenne régionale de 10,7% reste bien inférieure à la moyenne mondiale.  

    En Egypte, le renouvellement du parlement en janvier 2012 a fait s'effondrer le pourcentage d'élues (2% contre 12% auparavant). En Tunisie, après les élections d'octobre 2011, le parlement compte deux élues de moins et ce malgré l'application du principe de parité sur les listes électorales.  

    « Pourtant, les chances que plus de femmes soient élues au Parlement sont bien réelles. Il faut simplement s’en saisir. Plus d'un tiers des pays où la proportion de femmes parlementaires est égale ou supérieure à 30% sont des pays qui sont au sortir d'un conflit et sont en transition. Il y a des précédents incontestables », a déclaré le président de l'UIP, Abdelwahad Radi. Les femmes étaient à l'avant-garde des soulèvements au Moyen-Orient. Elles doivent aussi être à l'avant-garde de la démocratie parlementaire.»

    Effets de la crise sur les parlementaires européens
       
    Au niveau de l'Union européenne, les remaniements électoraux consécutifs à la crise économique, note le rapport, ont fait perdre des sièges aux femmes en Espagne, en Estonie et au Portugal.

    En revanche, en Irlande, l’alternance (entre partis du centre) s’est traduite par une augmentation du nombre d’élues. Les femmes sont passées de 20% à 30% dans la chambre haute et de 13 à 15% dans la chambre basse. Un succès qui a permis de faire naître un projet plus coercitif en matière de représentation féminine : les partis qui ne présenteraient pas, au minimum, 30 % de candidates aux prochaines élections et, au moins, 40 % de candidates au scrutin suivant, perdraient 50 % de leurs financements.

    Autre exemple à suivre la Finlande : ce pays d’Europe du Nord a enregistré un pourcentage record d'élues (43%).

    Les quotas : un outil efficace

    Dans son rapport, l'UIP souligne l'influence positive des quotas : en 2011, sur 57 pays ayant tenu des élections, 17 avaient imposé des quotas. Dans ces pays, les femmes ont obtenu 27,4% des sièges, contre 15,7% dans les pays sans quota. De même la proportionnelle dope les chances des femmes d'être élues.

    Mais l'étude met aussi en relief les handicaps des candidates. « Avec ou sans quotas, il n'y a pas assez de candidates aux législatives dans le monde », souligne l'UIP, qui invoque le manque de financement des campagnes, le peu d'expérience du jeu politique ou le manque de soutien du conjoint et de la famille. Et quand elles se portent candidates, le succès des femmes dépend largement de la place sur la liste ou de la circonscription, gagnable ou pas, que les partis politiques daignent leur attribuer. « Les partis politiques sont encore dominés par les hommes », est forcée de constater Michelle Bachelet.
     


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