• Hollande veut rendre vivant le "rêve de progrès, d'égalité, de justice"

    Dans "Le rêve français", qui sort le 25 août, François Hollande, candidat à la primaire PS, démontre comment il entend rendre vivant "le rêve de progrès, d'égalité, de justice, de partage, de force collective et de destins individuels".

    Cet ouvrage, dont l'AFP a eu un exemplaire, est composé de deux volets: un premier, sous forme d'un entretien avec les historiens Vincent Duclert et Denis Lefebvre et avec ses amis Bernard Poignant et Dominique Villemot.

    Le second volet compile ses discours depuis celui qu'il a prononcé à Lorient le 27 juin 2009, sept mois après avoir quitté ses fonctions de premier secrétaire du parti, jusqu'à son discours de dépôt de candidature le 12 juillet.

    Dans la première partie, l'élu corrézien explique le "long cheminement" qui l'a poussé à se lancer dans la course à l'Elysée.

    Il s'agit de "refuser cette fatigue sociale, cette fatalité économique, ce discrédit moral" pour "replacer le +rêve français+ au coeur de la société".

    Ce rêve, dit-il "c'est le récit national, celui qui s'invente avec le siècle des Lumières (...) et s'élargit en 1981", c'est "celui qui fait que chaque génération a la perspective de vivre mieux que la précédente". "Je veux le rendre à nouveau possible et vivant".

    Etat, sécurité, justice, pouvoir, école, université, rapport au monde, projet européen etc, il détaille ses convictions, insistant sur ses thèmes de prédilection - l'importance de la jeunesse, le nécessité d'une "révolution fiscale" - et promettant de réformer par la "démocratie sociale".

    Estimant n'avoir "pas à rougir" des 11 années passées à la tête du PS, il ajoute qu'"avoir été ministre ou ne pas l'avoir été n'offre aucune garantie pour une présidence efficace et réussie. La preuve par Sarkozy, s'il fallait en trouver une".

    M. Hollande, selon lequel les Français "s'indignent de la dérive des pratiques de la République, des conflits d'intérêts, des connivences et des passe-droits", y redit aussi sa conception d'un président "normal".

    Celui qui cultive une image de bon gestionnaire assure également qu'après "la victoire en 2012", "des efforts seront nécessaires", mais ajoute que "des contreparties seront proposées".

    Interrogé sur la mise hors course de Dominique Strauss-Kahn, il rappelle que sa candidature à lui n'était conditionnée par aucun pacte. "Aujourd'hui, des électeurs qui espéraient en Dominique se reportent sur moi. J'en suis heureux et les accueille avec chaleur", affirme-t-il.

    (Le rêve français, sortie le 25 août, Privat, 9,80 euros)

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     Avec François Hollande

    La France en avant 1ère partie

    Des Impôts Justes

    Une réforme fiscale qui consiste à taxer tous les revenus sans distinction d’origine, à rétablir la progressivité de l’impôt et la contribution à l'effort commun selon son revenu et son patrimoine.

    Nicolas Sarkozy a échoué dans sa stratégie fiscale. Il s’agissait pour lui de baisser les impôts des plus favorisés, de près de 40 milliards d’euros par an, en laissant imaginer aux plus modestes qu’ils auraient leur part. Mais cette stratégie n’a pas donné les résultats économiques promis : les avantages qui ont été donnés aux plus favorisés n’ont pas eu d’effets sur l’investissement, sur l’épargne, et pas davantage sur l’innovation et la croissance. Pire, elle a dangereusement accru le déficit budgétaire et creusé la dette. Cette situation crée aujourd’hui une pression sur les mécanismes de protection sociale, comme en témoigne l’indécente polémique récemment lancée sur le RSA au moment même où était voté un nouvel allègement de l’ISF. Le système en vient alors à redistribuer à l’envers, des plus modestes vers les plus favorisés et voit les plus hauts revenus payer moins d’impôts que les classes moyennes.

    L’ajustement est donc nécessaire afin de remettre notre économie et nos finances publiques sur leurs pieds. Mais il n’est pas possible de demander quelque effort que ce soit à nos concitoyens si ils n’ont pas la certitude que cet effort est juste, partagé, équitable et tient compte du niveau des revenus et des patrimoines.

    Je propose donc une réforme fiscale qui consiste à taxer tous les revenus sans distinction d’origine et de rétablir la progressivité de l’impôt et la contribution selon son revenu et ses patrimoines à l’effort commun, seules règles qui vaillent. Les revenus du patrimoine seront donc imposés selon le même régime et le même barème que les revenus du travail. Cela suppose de supprimer toutes les niches et tous les avantages fiscaux qui n’ont aucun sens. Il n’y aura plus qu’une seule imposition : CSG et impôt sur le revenu seront fusionnés pour devenir un seul impôt citoyen, payé par tous ; la taxe d’habitation, particulièrement injuste, sera supprimée et remplacée par un impôt calculé selon les mêmes règles que l’impôt citoyen.

    La réforme fiscale c’est la condition même de la vie en commun, de la cohésion sociale et de la capacité à faire d’autres réformes pour les retraites ou l’éducation. Voilà pourquoi la réforme fiscale doit être la première de toutes, parce que c’est aussi la plus difficile.

    Priorité Jeunesse

    A travers le nouveau pacte éducatif, le contrat d’autonomie et le contrat de génération, je propose d’aborder l’avenir de nos jeunes dans une perspective résolument humaine et bienveillante à leur égard, en retrouvant une solidarité entre nos générations, en mobilisant la société des adultes à leur service.

     A chaque fois que la France a su se sortir des crises, ce fut grâce à sa jeunesse. C’est pour elle que nous devons changer notre société, en la respectant, en l’encourageant. C’est donc à l’Etat de lui donner une vraie place, à travers une grande loi de programme pour l’école qui aura pour première mesure de stopper les suppressions de postes du corps enseignant et de réinvestir dans leur formation. C’est un investissement d’avenir et non une charge. 

    Pour la petite enfance et l’école, je propose un nouveau pacte éducatif

    Nos enfants doivent absolument acquérir les bases. Cela signifie plus de moyens, plus d’instituteurs, avec un renforcement de l’encadrement dans les écoles, notamment celles qui sont surchargées, dans nos quartiers populaires et nos zones dites sensibles. Je veux donc ouvrir 500 000 places pour accueillir les jeunes enfants. L’État et les collectivités doivent coopérer avec les associations pour que l’enfant à partir de deux ans puisse être pris en charge, si les parents en font le choix. Pour les 2,7 millions d’élèves les plus démunis, il faut aussi donner à leur famille un droit prioritaire pour la garde de leurs enfants. 

    Pour les études et la formation, je propose le contrat d’autonomie.

    Un contrat qui leur assure des conditions de vie dignes, à travers des systèmes d’allocations d’étude ou de prêt pour financer leurs études. Je propose aussi quelques pistes de débat avec les enseignants sur le nombre de jours de classes dans l’année, le renforcement de l’encadrement des exercices par petits groupes ou encore la généralisation des nouvelles technologies, comme je l’ai fait en Corrèze en distribuant des tablettes tactiles. Plus aucun jeune ne doit sortir du système scolaire sans une vraie qualification. Et pour bien les orienter, je veux mettre en place un référent dans les écoles, qui suivra l’élève tout au long de ses choix. 

    Pour l’emploi des jeunes, je propose le contrat de génération.

    C’est une démarche globale qui implique l’ensemble de la société et de l’économie, pour inverser la tendance du chômage de masse chez les jeunes. Dans ce contrat, l’employeur s’engage à garder un senior, le temps qu’il parte à la retraite à taux plein. Dans le même temps, il embauche un jeune de moins de 25 ans pour acquérir l’expérience du senior. En contrepartie, l’employeur est dispensé pendant 3 ans de cotisation sociale sur les deux emplois. Ce compagnonnage entre jeunes et senior rassurera l’employeur sur le profil opérationnel du jeune, l’incitant donc à l’embaucher en CDI. Nous pouvons créer 200 000 contrats de génération par an.

    Pour les jeunes sans qualification, il n’y a pas d’autres solutions que de mettre en place des contrats d’avenir, sur le modèle des emplois jeunes. En dix ans, nous pouvons éradiquer ce fléau. Pour ceux qui sont entrés tôt dans l’emploi, qui n’ont pour seul CV que quelques petits boulots, je propose de supprimer la discrimination par l’âge qui les exclut du RSA, et de renforcer là encore le dispositif de formation professionnelle en leur dédiant des formations qualifiantes, si possible en alternance. Pour les jeunes diplômés, je propose de leur offrir des formations plus professionnalisantes, sur des secteurs et des métiers d’avenir. 

    A travers le nouveau pacte éducatif, le contrat d’autonomie et le contrat de génération, je propose d’aborder l’avenir de nos jeunes dans une perspective résolument humaine et bienveillante à leur égard, en retrouvant une solidarité entre nos générations, en mobilisant pour eux la société des adultes.

     

    Mieux au Travail

    Favoriser en France les conditions d’un bien-être au travail.  Je propose une grande conférence sociale au lendemain des scrutins de 2012. Elle serait saisie des priorités du quinquennat : l'emploi des jeunes à travers le contrat de génération, la mise en place d'un système de sécurisation des parcours professionnels national et territorial, la lutte contre la précarité, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, la souffrance au travail, la lutte contre toutes les discriminations, la nouvelle gouvernance des entreprises et le changement du financement de la protection sociale.

     Le travail est en crise. Le travail qui crée de la valeur, des biens et des services utiles s’est vu dévalorisé à la fois par la financiarisation et par une compétition mondiale faussée. C’est valable pour le monde entier, mais cela prend une tournure plus violente dans notre pays qui a osé mettre le travail comme valeur cardinale de sa Constitution. 

    Crise de quantité : un actif sur 10 est au chômage et près d’un jeune sur 4. Crise de qualité, pour ceux qui ont un contrat : le stress augmente, jusqu’à l’impensable parfois, le suicide ; les exigences managériales sont intenables ; l’emploi précaire se généralise de manière lancinante. Crise de valorisation : l’évolution des salaires est sans commune mesure avec celle des revenus du capital. Et puis, crise de représentation : le dialogue social paraît dorénavant dépassé. 

    Bien sûr, la revalorisation du travail passera par le retour de la croissance et celle-ci dépendra d’un nouvel ordre économique mondial. Mais là n’est pas mon propos.

    Je veux d’abord favoriser en France les conditions d’un bien-être au travail. « Mieux au travail » signifie de nouvelles règles permettant des relations plus équilibrées et plus responsables. Et dans un pays qui se méfie de ses corps intermédiaires, ce sera déjà une grande avancée qui nous rapprochera des grandes démocraties européennes en matière sociale.

    Je propose que la Constitution garantisse une véritable autonomie aux partenaires sociaux, un domaine de négociation collective précisant son périmètre comme son champ d'intervention et conditionnant la conclusion d'accords au respect des règles majoritaires. Le Gouvernement et le Parlement seraient juridiquement liés par le contenu de conventions signées entre partenaires sociaux sur des sujets bien précis et avec la vérification des mécanismes de représentativité. 

    Je propose qu'après le vote des lois confortant la place des syndicats dans le secteur privé et public, soit abordée aussi la représentativité patronale, et notamment celle de l'économie sociale et solidaire.

    Pour ce faire, j’appelle de mes vœux une grande conférence sociale au lendemain des scrutins de 2012. Elle serait saisie des priorités du quinquennat : l'emploi des jeunes à travers le contrat de génération, la mise en place d'un système de sécurisation des parcours professionnels national et territorial, la lutte contre la précarité, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, la souffrance au travail, la lutte contre toutes les discriminations, la nouvelle gouvernance des entreprises et le changement du financement de la protection sociale, qui pèse injustement sur les salaires. Sur chaque thème seraient identifiés ce qui relève de la négociation et ce qui revient au Parlement ainsi que le calendrier de ces rendez-vous.

    L'Etat lui-même doit montrer l'exemple. Je souhaite que s'engage avec les fédérations de fonctionnaires une négociation globale qui toucherait aux questions d'effectifs, de précarité et de pouvoir d'achat afin de mesurer les conséquences en termes budgétaires, là encore avec un calendrier et des contreparties sur toute la durée du quinquennat.

    Ma conviction, c'est que nous avons besoin d'un pays en mouvement et en confiance, rassemblé. Nous devons lui parler franchement, en force politique libre de ses conclusions, pas en autorité froide et encore moins en interlocuteur complaisant. 


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  • Les lignes de force du Programme

     

     

     

    -Parachever la représentation politique des Français à l’étranger : cela passe par la transformation de l’Assemblée des Français de l’étranger en « Collectivité des Français de l’Etranger »  responsable du dispositif de scolarisation, de l’aide sociale, de l’emploi et la formation pour les Français à l’étranger, disposant de financement ; création de délégués consulaires élus sur les listes des Conseillers AFE permettant une vraie représentation de proximité dans chaque pays et élargissant le corps électoral des élections sénatoriales ; permettre la participation à l’étranger aux élections des euro-députés.

    - Exiger un réseau consulaire de « service public » dont « l’évolution » s’étudie en concertation avec les élus. Chacun doit être « relié » à une « mairie-consulat » accessible, disponible, et opérationnelle.

      Redonner au MAE (Ministère des Affaires Etrangères) les moyens financiers et en personnel pour répondre à cette exigence.

    - Maintenir et développer un réseau d’établissements scolaires français de qualité (avec 50% d’enseignants titulaires), ouvert à l’enseignement professionnel, avec un dispositif de bourses bénéficiant à un plus grand nombre, sur des critères sociaux, en reversant le montant des sommes allouées à la  PEC sur les bourses. Sur la durée de la législature, se fixer un seuil de 70% des enfants français éligibles aux bourses.

    - Développer une vraie politique sociale dans le domaine de la santé, de la couverture maladie, des secours d’urgence, des allocations vieillesse et handicapé, des rapatriements. Repositionner le dispositif des CMS (Centre Médicaux Sociaux)

    - Développer une politique de formation professionnelle et d’aide à l’emploi, auprès de nos jeunes compatriotes sortant précocement des établissements du réseau AEFE.

     

    A l’international responsabilité et équité

     

     

    - Renforcer la représentation des pays du Sud et de l’Afrique  dans les organismes internationaux : Conseil de sécurité ONU, FMI, Banque Mondiale, OMC…

    - Défendre une Aide Publique au Développement fondée sur de véritables partenariats équilibrés, négociés et décentralisés respectant les engagements de 0,7% du PIB.

    - Favoriser la diffusion de la démocratie, de la bonne gouvernance et des droits de l’homme. Notamment, exiger la création de CNIPE (Commission Nationale Indépendante et Permanente des élections) avec plusieurs  membres de droits permanents représentant la communauté internationale.

    - Encourager les intégrations régionales sur le plan des échanges économiques en finançant en priorité les constructions d’infrastructures (routes, ports et aéroport) et de communication (lutter contre la fracture numérique) et la préservation des écosystèmes.

    - Participer à la mise en place de politiques agricoles et commerciales équitables qui favorisent la sécurité alimentaire dans les pays du Sud et plus généralement leur développement durable.

    - Redonner à la politique  africaine de la France une place de première importance.

     

     

     

     

     

     

     


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