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    Les prétendues promesses de François Hollande

    Publié le 18/05/2012 | 06:38 , mis à jour le 18/05/2012 | 07:17

    François Hollande élu, partisans et adversaires du nouveau président de la République vont désormais être attentifs à ce qu'il applique scrupuleusement ses promesses de campagne. Mais quelques électeurs mal informés s'attendent également à certaines mesures que le candidat PS n'a pourtant jamais envisagées. Exercice de dégonflage des projets faussement prêtés au chef de l'Etat.

    • Le Smic va passer à 1 700 euros

    Ceux qui l'espèrent vont être déçus, ceux qui le craignent peuvent se rassurer. Il n'en a jamais été question dans le programme de François Hollande et pourtant de nombreux Français pensent que le niveau du salaire minimum va passer à 1 700 euros nets par mois.

    l s'agissait en fait d'une proposition de Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche, et non du candidat PS. Comme le rappelait L'Humanité en avril, François Hollande a déclaré à propos du salaire minimum : "Il faudra voir ce qu'il est possible de faire.". Seul un coup de pouce est en fait prévu, le Smic n’en ayant pas bénéficié depuis trois ans.

    • L'arabe sera enseigné en première langue dès le collège

    Cette fausse intention prêtée à François Hollande trouve sa source dans une polémique lilloise. Comme le relatait GrandLilleTV dans un reportage en janvier 2010, des membres du PS local s'étaient à l'époque interrogé sur l'opportunité d'introduire l'arabe comme langue à enseigner aux collégiens.

    Il n'en fallait pas moins à des militants du Front national et à des sites d'extrême droite pour présenter cette question comme un des projets éducatifs de François Hollande. Et certains électeurs FN y ont cru, ce que FTVi a pu constater sur le terrain.

    • Des horaires de piscine différents pour les hommes et les femmes

    C'est cette fois du côté de l'UMP que l'on a largement relayé ces prétendues intentions socialistes. Nicolas Sarkozy lui-même l'a évoqué en meeting le 24 avril à Longjumeau (Essonne).

    Là encore, c'est Lille qui était pointé du doigt. La maire de la ville, Martine Aubry, traîne comme un boulet la polémique du créneau horaire d'une piscine à l'origine réservé à des femmes en surpoids auxquelles sont venu s'adjoindre des musulmanes, comme l'explique L'Express.

    Mais comme pour le débat sur la viande halal, François Hollande a été clair sur sa vision de la laïcité, résumant le tout lors du débat d'entre-deux-tours, le 2 mai sur France 2 : "Il n'y aura aucun horaire de piscine qui sera toléré s'il fait la distinction entre les hommes et les femmes. (...) Que les Français sachent bien que, sous ma présidence, rien ne sera toléré en termes de présence de viande halal dans les cantines de nos écoles. Il n'y a pas nécessité de faire peur."

    • Le nucléaire va être abandonné

    C’est ce qu’a retenu le quotidien japonais Nihon Keizai de la victoire de François Hollande, qui va "détourner la France de sa dépendance au nucléaire", ajoute le quotidien, selon Le Monde. Un thème repris par l’UMP dans un tract de campagne brandi par Jean-François Copé, le 15 mars 2012, lors d’un débat avec François Hollande. Le secrétaire général de l'UMP accusait alors les socialistes de menacer 400 000 emplois. Le candidat PS avait alors tenu à rappeler ses engagements : seule une centrale fermera lors de son quinquennat, celle de Fessenheim.

    L’objectif de François Hollande est en fait de réduire de 75% à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. Pas de sortir totalement du nucléaire. Pour compenser la réduction de la part du nucléaire, le nouveau président prône "une montée en puissance" des énergies renouvelables.

    • Le nombre de fonctionnaires va exploser

    C’était deux des propositions phares de François Hollande : mettre fin au non-remplacement systématique d’un fonctionnaire sur deux et créer 60 000 postes en cinq ans dans l’éducation nationale. S’y ajoutent 1 000 postes supplémentaires chaque année dans la justice et les forces de l’ordre, soit 13 000 nouveaux fonctionnaires par an. Mais ces créations se feront "à périmètre constant de la fonction publique de l'Etat", selon Vincent Peillon, alors "monsieur éducation" du candidat Hollande, cité par Le Monde.

    En clair, il y aura un redéploiement. 13 000 autres postes devraient donc être supprimés chaque année dans la fonction publique d’Etat pour compenser les créations annoncées. Une position qui a provoqué des remous à la gauche du PS mais que Jérôme Cahuzac, chargé des finances au sein de l'équipe Hollande, et nouveau ministre du Budget, avait défendu bec et ongle sur Public Sénat.

    • On partira à nouveau à la retraite à 60 ans

    La révision de la réforme des retraites adoptée en 2011 avait bien été mise en avant par François Hollande pendant la campagne, provoquant une polémique sur les modalités de ce "retour en arrière". Au final, le candidat socialiste a bien précisé que seuls ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans et qui ont obtenu leurs 41 annuités pourront partir à 60 ans.

    Mais il a également annoncé qu’une nouvelle réforme des retraites serait nécessaire dans les années à venir. Rien ne dit que de fausses informations ne se glisseront pas au milieu des annonces présidentielles.

    Christophe Rauzy

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    FranceTV info

    Manuel Valls et Marisol Touraine déjà au travail

    Publié le 17/05/2012 | 23:38 , mis à jour le 18/05/2012 | 07:53

    Le gouvernement est déjà au travail. Désireux de faire passer ce message, les nouveaux ministres de l'Intérieur et des Affaires sociales se sont rendus hier en Seine-Saint-Denis pour leurs premiers déplacements ministériels. 

    Manuel Valls a "entendu" le malaise policier à Noisy-le-Sec

    "J'ai entendu et compris l'émotion qui traverse les rangs de la police". Manuel Valls a rendu une visite symbolique au commissariat de Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis)  pour répondre au récent malaise dans la police.

    Un des gardiens de la paix de ce commissariat a en effet été mis en examen pour homicide volontaire, le 25 avril, après avoir tué un malfaiteur en fuite. Cette affaire avait été le point de départ de manifestations de policiers inquiets du risque encouru par les agents de perdre leur salaire en cas d'interdiction d'exercer pendant une procédure judiciaire.

    Après s'être entretenu à huis clos avec des fonctionnaires et des syndicalistes policiers, le ministre a annoncé "une réflexion approfondie" sur "les mécanismes qui touchent à la protection fonctionnelle des policiers""Dans les prochaines heures, les prochains jours, je demanderai à des experts reconnus et incontestables et, pour certains d'entre eux indépendants vis-à-vis du ministère (...) de conduire une mission de réflexion pour formuler des propositions concrètes et réalistes sur ce sujet", a-t-il ajouté.

    Il a précisé que "cette réflexion doit porter sur les conséquences juridiques et matérielles des décisions judiciaires d'interdiction d'exercer et des décisions de suspension administratives conservatoires". Interrogé sur la présomption de légitime défense pour les policiers, proposée par Marine Le Pen, puis reprise par Nicolas Sarkozy lors de la campagne électorale, Valls a écarté cette solution.

    Marisol Touraine "rend hommage" à l'hôpital public à Saint-Denis

    La ministres des Affaires sociales et de la santé a réservé sa première visite au centre hospitalier de Saint-Denis. "Je voulais rendre hommage d'abord à celles et ceux qui travaillent dans le service public, s'engagent au service des autres", a déclaré Marisol Touraine.

    Après avoir visité les urgences et les urgences pédiatriques et salué quelques patients et personnels, en compagnie notamment du directeur de l'Agence régionale de santé Claude Evin et du député (ex-PCF) de Seine-Saint-Denis Patrick Braouzec, la nouvelle ministre n'a pas manqué de tacler le gouvernement sortant.

    "Pendant des années, on a voulu faire comme si le service public hospitalier, c'était la même chose que les établissement privés", a-t-elle affirmé, soulignant que le service public fonctionnait "24 heures sur 24, 365 jours par an".

    Interrogée sur ses premiers chantiers, Mme Touraine s'est contentée d'affirmer que le gouvernement prendrait "un certain nombre de mesures sur l'hôpital public, sur son financement, sur la manière de l'organiser qui montreront que nous reconnaissons pleinement le service public hospitalier".

    FTVi avec AFP


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  • Washington ne cache plus son soulagement après le départ de Sarkozy

     Rédigé par Stephane Trano le Jeudi 17 Mai 2012 à 15:00 |

     Les Etats-Unis accueillent à partir de demain le nouveau président François Hollande dans un climat très favorable et avec grande nouveauté: l'Allemagne n'est plus perçue comme la voix prépondérante de l'Europe et l'Amérique retrouve un partenaire plus indépendant. Les choses seront plus compliquées à Chicago, lors du Sommet de l'OTAN, qu'à Camp David, pour le Sommet du G8. Mais c'est lors de ce premier sommet que tout se mettra en place entre les deux pays.

    Que signifie, pour le Sommet du G8, la nouvelle présidence française? Questionné hier par téléphone, un conseiller de la Maison Blanche laisse échapper avec un brin de malice: « moins de spectacle, plus de travail ». Il se reprend: « Avec Sarkozy, on travaillait bien sûr, mais jamais sur les sujets prévus. » Exit « Sarko l'Américain », bienvenue à Hollande l'Européen. Et ce n'est pas pour déplaire à Barack Obama. Prise au dépourvu lors du week-end électoral du 6 mai, le staff rapproché du président américain à très vite corrigé sa trajectoire et pris la mesure de l'opportunité qui s'offre avec l'élection du Socialiste français. Aux Etats-Unis, les deux hommes sont perçus comme appartenant à la même nuance politique, en gros, le centre-gauche. Et ce n'est pas le moindre des atouts, pour Obama, que de voir arriver l'homme qui s'oppose enfin au rigorisme allemand lequel, depuis de longs mois, inquiétait beaucoup les Américains. 

    UN TRAITE EUROPEEN COUTEUX POUR LES ETATS-UNIS

    Car en pleine période électorale, Barack Obama dirige un pays dont la plupart des experts s'inquiètent de plus en plus des perspectives de l'entrée en vigueur du nouveau Traité européen le 1er Janvier 2013. Pour eux, c'est une corde passée au cou d'une Europe déjà très affaiblie, et un risque de cassure nette de toute chance de croissance pour le continent. Or, par ricochet, les économistes ont calculé que cela coûterait entre 1 à 2 points de croissance aux Etats-Unis, scénario qui n'est tout simplement pas envisageable pour l'Amérique après les quatre ans de ravages que la population vient de traverser. Obama et Hollande plaident en des termes suffisamment rapprochés pour se comprendre, en faveur d'une nouvelle orientation des politiques économiques tournée vers une recherche de croissance plutôt que la solution allemande. 

    DAVID CAMERON EN "FLINGUEUR" DE HOLLANDE

    Il existe donc une chance que lors de ce sommet du G8, un tandem franco-américain émerge sur des bases autrement plus solides que celles qui existaient avec le prédécesseur de François Hollande. Un tandem qui, assez curieusement, va devoir faire face au Premier ministre britannique David Cameron lequel, ces derniers temps, n'a pas hésité à se poser comme le "flingueur" d'Hollande et de sa politique, jusqu'à être prié par Washington de modérer ses ardeurs. David Cameron, qui n’en n'a pas arrêté pour autant de jouer les Cassandre et continue de prévoir l'effondrement de la zone Euro, avait entrainé dans son sillage le Japon, qui s'était prononcé à son tour de manière très critique vis à vis de la dérive européenne illustrée, selon ses dirigeants, par les résultats de l'élection française. Mais là encore, le Japon n'a fait qu'affaiblir sa position à la table du G8. Enfin, et c'est là le premier effet spectaculaire du changement de pouvoir en France, les Etats-Unis changent progressivement de position vis à vis de l'Allemagne et se montrent plus fermes, ce qui n'est pas pour rien dans l'assouplissement soudain de cette dernière vis à vis de la France et de son nouveau dirigeant. Car par ailleurs, les Américains ont un autre problème avec Berlin et le pose désormais clairement sur la table.

    "Les responsables chinois voyaient Sarkozy comme un clown"

    L'Allemagne est restée longtemps insensible aux appels répétés de Washington pour assouplir sa position en faveur d'une politique de croissance. Et dans sa course contre le candidat Hollande, Nicolas Sarkozy a, jusqu'au bout, fait bloc avec la Chancelière allemande. Ce n'est qu'à partir de l'entrée en campagne de l'ancien président français que l'état d'esprit a changé à la Maison Blanche, même si la victoire du candidat socialiste paraissait à la fois peu probable - il est dans la nature des Américains de croire aux happy ends - et risquée, en renforçant le sentiment que les leaders de ces temps de crise sont balayés les uns après les autres par des peuples effrayés. Le New York Times est probablement, de tous les grands quotidiens américains, celui qui reflète le plus ce moment d'incompréhension et de scepticisme vis à vis d'une éventuelle victoire des Socialistes en France et, depuis, n'a toujours pas changé de doctrine, affichant un mépris prononcé vis à vis du changement de pouvoir en France et, plus généralement, vis à vis de l'Europe.

    L'INQUIETUDE FACE AU TANDEM BERLIN-PEKIN

    Mais le New York Times qui, depuis longtemps, regarde les Français avec une forme de condescendance assez curieuse, a publié un long article, dans son édition d'hier, sur les relations entre l'Allemagne et la Chine. Un article qui s'attaque à la « relation spéciale » existant entre ces deux pays, et qui par ricochet, l'oblige à considérer l'importance de la France dans la nouvelle donne qui s'annonce. Didi Kirsten Tatlow écrit ainsi: « La croissance allemande est largement dépendante de la demande chinoise. (...) A présent, il y a une symbiose presque parfaite entre les économies chinoise et allemande: la Chine a besoin de technologie et l'Allemagne a besoin de marchés.  » Mais, et c'est là où le New York Times ramène la France dans le jeu, le quotidien cite le rapport que vient de publier Hans Kundnani, du think tank du Conseil Européen pour les Relations Extérieures, dans lequel celui-ci note: « La Chine sait qu'elle a besoin de plus que de la seule Allemagne en Europe; la France est aussi un partenaire fort. Il est difficile de prédire quel sera l'impact de l'élection de François Hollande. » Mais, souligne Kundnani, « les responsables chinois voyaient Nicolas Sarkozy, le précédent président, comme un clown.  »

     Obama et Hollande en situation de partenaires privilégiés

    Reste que, comme l'écrit le Washington Post ce matin, ce Sommet du G8 est le moment du « grand test pour l'Euro ». Le quotidien écrit: « L'impact d'une sortie de la Grèce de l'Euro serait grave non seulement pour l'Europe mais également pour les Etats-Unis. en affaiblissant brusquement les échanges commerciaux, ce qui heurterait de plein fouet les compagnies américaines, les marchés financiers et le crédit. » C'est pourquoi le Secrétaire d'Etat au Trésor américain, Timothy F. Geitner, déclare à la veille du sommet que les chefs d'Etats réunis « ont un long chemin à faire, un ensemble de défis à relever afin d'assurer au monde qu'ils sont en mesure de gérer ces enjeux. » Le danger pour François Hollande, souligne néanmoins le Washington Post, est de « susciter le scepticisme s'il défend la politique de croissance au prix d'une augmentation de la dette ».

    Toutefois, en programmant un tête à tête avec le Président français rapidement après son arrivée à Washington demain, Barack Obama a donné le ton: il a besoin de François Hollande pour rééquilibrer les forces du G8 et consolider sa propre politique à l'approche des élections de novembre, et de ce fait, il devrait faire aider celui-ci à se faire entendre si ce scepticisme devait être la carte jouée par Londres et Tokyo lors de discussions qui s'annoncent parmi les plus décisives jamais engagées par un G8.


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  • Premier Conseil des ministres autour de François Hollande et Jean-Marc Ayrault

    Tout juste nommés, les 34 membres du gouvernement Ayrault, autant de femmes que d'hommes, une première, sont attendus à l'Elysée jeudi à 15H00 pour un premier conseil des ministres au cours duquel seront adoptées des mesures symboliques comme la baisse du salaire des ministres.

    Autre situation inédite, il s'agira du premier Conseil pour les deux têtes de l'exécutif, le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui n'ont jamais été membres d'un gouvernement.

    Le nouveau chef du gouvernement, qui a succédé mercredi à François Fillon, au lendemain de la passation de pouvoir Sarkozy-Hollande à l'Elysée, proposera des premières mesures, comme la baisse de 30% du salaire des membres du gouvernement. Cette mesure, promise par François Hollande lors de sa campagne par souci d'"exemplarité", fera l'objet d'un décret.

    Les membres du gouvernement se verront également imposer une "charte de déontologie pour que les ministres, dans l'exercice de leur fonction, ne mélangent pas les genres et qu'ils soient exemplaires", a expliqué M. Ayrault mercredi soir sur France 2.

    La benjamine et porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, 34 ans animera dans la foulée son premier compte-rendu du Conseil.

    Selon M. Ayrault, ce gouvernement "profondément renouvelé" est "déjà au travail". "C'est le changement que les Français voulaient", a ajouté le Premier ministre mercredi soir, relevant que la stricte parité (17 femmes, 17 hommes) de son équipe était "une première dans l'histoire de la république".

    La diversité a aussi acquis une représentation inédite puisque quatre membres sont issus de l'immigration et trois de l'Outre-mer, soit 20% d'un ensemble de 34 ministres et ministres délégués.

    L'un des grands vainqueurs de ce gouvernement, dont il devient le numéro deux, est l'ancien Premier ministre Laurent Fabius, nommé ministre des Affaires étrangères.

    La présence en haut de l'affiche de M. Fabius tranche avec l'absence de la première secrétaire du PS, Martine Aubry, qui briguait Matignon et a jugé que sa présence au gouvernement n'avait "pas de sens" dès lors que M. Ayrault avait été choisi.

    Parmi les principaux ministres, la députée guyanaise Christiane Taubira décroche la Justice. Manuel Valls, qui fut directeur de la communication du candidat Hollande, obtient sans surprise l'Intérieur. Pierre Moscovici décroche Bercy et Jean-Yves Le Drian, un proche du nouveau président, la Défense.

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    GOUVERNEMENT - Yamina Benguigui nommée ministre déléguée aux Français de l’étranger

    Écrit par REDACTION INTERNATIONALE

    La réalisatrice franco-algérienne Yamina Benguigui (photo AFP) vient d’être nommée ministre déléguée dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Elle sera en charge des Français de l'étranger et de la francophonie. Elle travaillera auprès de Laurent Fabius, qui prend la tête du Quai d’Orsay

    4 ministres, une parité strictement respectée,… et une ministre déléguée en charge des Français de l’étranger. Yamina Benguigui, personnalité du monde culturel, qui était jusqu’alors adjointe au maire de Paris chargée des Droits de l’Homme et de la lutte contre les discriminations s’occupera donc des Français établis hors de France. Le portefeuille de la ministre, 32ème au rang protocolaire, inclut également la Francophonie. Les expatriés continueront ainsi d’être représentés chaque semaine au Conseil des Ministres.

    Un signe envoyé avec la nomination d’une ministre binationale

    Productrice et réalisatrice de documentaires et de fictions, écrivain, Yamina Benguigui est également membre du Haut Conseil à l'intégration depuis 2006. Personnalité engagée du monde médiatique, elle a beaucoup travaillé sur les thèmes de l’immigration et de l’identité. Alors que le thème de la binationalité avait fait débat ces derniers mois après diverses propositions, la nomination d’une personnalité binationale semble marquer la volonté d’envoyer un message clair sur ce thème.

    Une prise de fonction cette semaine
    La passation de pouvoir avec Edouard Courtial, qui occupait les fonctions de secrétaire d’Etat aux Français de l’étranger depuis septembre 2011, devrait avoir lieu jeudi. Nous reviendrons dans les prochains jours sur les défis qui attendent la ministre déléguée et notamment le bon déroulement des premières législatives des Français de l’étranger qui approchent à grands pas. Les expatriés pourront en effet commencer à voter par internet pour les législatives dès ce mercredi 23 mai.
    T.D. – mercredi 16 mai 2012 – www.lepetitjournal.com

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    Ministres remerciés en cas de défaite aux législatives : qui est menacé ?

    Publié le 16/05/2012 | 23:35 , mis à jour le 16/05/2012 | 23:38

    Aussitôt la composition de son gouvernement annoncée, mercredi 16 mai, Jean-Marc Ayrault a indiqué sur France 2 qu'il appliquerait, comme François Fillon en 2007, "la jurisprudence Juppé" : à savoir que tout ministre qui serait battu aux législatives le mois prochain devra immédiatement quitter son poste.

    Une règle qui avait en effet obligé Alain Juppé - nommé le 18 mai 2007 à la tête d'un super ministère d'Etat en charge de l'Ecologie et du Développement durable, mais battu dans la foulée dans sa circonscription bordelaise - à démissionner un mois jour pour jour après son entrée au gouvernement.

    Cette fois, la nouvelle ministre des Droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, également porte-parole du gouvernement, semblait la plus menacée. A 34 ans, elle était candidate dans la quatrième circonscription du Rhône, historiquement ancrée à droite et où Nicolas Sarkozy a recueilli 53,88% des voix au second tour de la présidentielle. Face à cette situation trop risquée, elle a préféré renoncer à la bataille, selon LyonCapitale.fr, la fédération PS investissant sa suppléante, Anne Brugnera.

    La situation sera délicate pour Stéphane Le Foll. Très proche de François Hollande, dont il a été directeur de cabinet pendant de nombreuses années, le ministre de l'Agriculture se présentera pour la quatrième fois consécutive dans la quatrième circonscription de la Sarthe, mais n'affrontera plus François Fillon, parachuté à Paris. La circonscription tombera-t-elle dans l'escarcelle de la gauche ? Au deuxième tour de la présidentielle, François Hollande est en tout cas arrivé en tête avec 52,63% des voix.

    En Moselle, la nouvelle ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, change de circonscription en raison du redécoupage électoral. Elle atterrit dans la première circonscription, détenue jusqu'à présent par le député UMP François Grosdidier. Mais l'intéressé ne se représente pas, et François Hollande a obtenu 52,27% des voix.

    Après deux échecs aux législatives en 2002 et 2007, Marie-Arlette Carlotti, fraîchement nommée ministre déléguée en charge des Personnes handicapées, doit retenter sa chance dans la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône, face à l'UMP Renaud Muselier. Une circonscription où François Hollande a cependant devancé d'une courte tête Nicolas Sarkozy (50,22%), et où l'UMP pourrait être mis en difficulté par le probable maintien du FN au second tour.

    A Trappes, enfin, la mission ne sera pas de tout repos non plus pour Benoît Hamon, nommé ministre délégué en charge de l'Economie sociale et solidaire. Jusqu'à présent porte-parole du Parti socialiste, il affrontera dans la onzième circonscription des Yvelines le député UMP sortant Jean-Michel Fourgous, élu depuis 2002. Mais - source d'optimisme pour Hamon - Nicolas Sarkozy n'y a recueilli que 42,92% des suffrages au second tour de l'élection présidentielle.

    Verdict le 17 juin.

    Bastien Hugues


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  • Interview François Hollande : vision des relations franco-africaines

    Journal Le Messager 3 mai Togo

    Dimanche prochain à 20h, les Français auront reconduit leur chef de l’Etat actuel, Nicolas Sarkozy, dans ses fonctions pour cinq nouvelles années, ou se seront donné un nouveau président en la personne de François Hollande, ancien premier secrétaire du parti socialiste français.

    Dans la seconde hypothèse, l’Afrique entière se demande ce que le nouveau président apportera de nouveau dans le regard français sur l’Afrique.

    Au cours des années 80 marquées par les gouvernements de gauche ou de cohabitation gauche-droite sous François Mitterrand, la France est apparue un moment comme le recours des peuples et opposants politiques africains contre les régimes dictatoriaux, notamment dans les pays francophones. Le fameux « discours de la Baule » de Mitterrand sur la démocratie, servant de référence majeure aux luttes pour la démocratie, avait miroité aux yeux des Africains la fin éminente ou progressive de la nébuleuse « Françafrique », cadre normatif de la néo colonisation pratiquée par les dirigeants africains mandataires des intérêts français. Au point que chaque peuple dont le vote était volé ou détourné par le régime en place, souhaitait que la France intervienne de manière ou d’autres, pour faciliter l’alternance au pouvoir. Mais, le proverbe « chassez le naturel et il revient au galop » est bien connu. De sorte que François Mitterrand lui-même n’a réussi qu’à donner des habits neufs à la Françafrique…

     La désillusion ne pouvait aller sans conséquence psychologique ravageuse sur la perception de la France, par une jeunesse africaine montante et désormais mieux avertie au plan politique. Les peuples africains se sont sentis abandonnés par la France dite « des libertés »,qui a choisi, à leur détriment, de soutenir les dictatures favorables à ses intérêts géostratégiques.

    Les réactions majoritairement violentes de la jeunesse africaine contre l’intervention de la France en Côte d’Ivoire et en Libye, fût-ce sur la demande du Conseil de sécurité, ont bien montré, non pas que Gbagbo ou Kadhafi avait raison contre leur peuple, mais que l’Afrique a désormais mal à la France. Ce mal doit être diagnostiqué et soigné avant qu’il ne soit trop tard.

    Le Messager ne croit pas que reconduit à la tête de la France, Nicolas Sarkozy pour qui « l’Afrique n’est pas entrée dans l’Histoire » alors qu’en réalité elle a fait une partie de l’Histoire de France, serait le médecin idoine. Mais, à l’écoute du peuple camerounais, il s’est demandé si François Hollande qui a si peu parlé de l’Afrique durant sa campagne électorale, devenant le nouveau président de la France, pourrait réussir ce chantier où François Mitterrand s’est cassé les dents.

    Et François Hollande a bien voulu répondre à quelques questions des Africains que votre Quotidien lui a adressées à travers une correspondance particulière du confrère français Christophe Courtin.

    Le futur nouveau président de la France, si les Français en décident ainsi dimanche prochain, nous promet que « le regard français sur l’Afrique doit changer » ; qu’il renforcera entre son pays et l’Afrique, « les liens de société à société » et non seulement d’Etat à Etats ; qu’il s’efforcera d’atteindre le taux de 0,7% du PNB français que ses prédécesseurs ont promis depuis 10 ans en matière d’Aide au développement ; qu’il rompra « définitivement avec les dérives de la Françafrique », etc. C’est tout cela et d’autres choses que vous trouverez dans l’interview ci-après, et qui vous permettront peut-être de juger le maçon au pied du mur d’une coopération rénovée. Certes, les promesses politiques engagent toujours davantage ceux qui y croient que ceux qui les tiennent. Mais, ne vaut-il pas toujours mieux de les écouter ?

    Jean Baptiste SIPA

     

     

    François Hollande

     

    « Le regard français sur l'Afrique doit changer »

     

    Merci Monsieur Hollande d’avoir bien voulu répondre à  notre demande d’interview et, par notre intermédiaire, de vous adresser directement à nos lecteurs au Cameroun et plus généralement aux citoyens africains francophones. Vous souhaitez incarner une présidence « normale » en opposition probablement avec votre principal concurrent. Qu’est-ce un président de la République française « normal » dans ses relations avec l’Afrique sub-saharienne ?

    Le regard français sur l'Afrique doit changer. La confiance et l'amitié qui nous lient aux pays de la rive Sud de la Méditerranée et de l'Afrique subsaharienne est une grande chance pour la France. Mais je veux changer le regard français sur l'Afrique et rompre avec l'arrogance, le paternalisme, les collusions douteuses ou les intermédiaires de l’ombre qui ont terni la relation entre la France et l’Afrique. Je veux aussi tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés. Dans mon esprit, l'essentiel n'est pas seulement de rénover les modalités du partenariat d’Etat à Etat mais, bien davantage, de renforcer les liens "de société à société". Les acteurs de la société civile auront un rôle essentiel à jouer dans cette nouvelle étape de la relation franco-africaine.

     Dans une interview récente sur Afrik.com, à propos de votre faible visibilité supposée sur les questions africaines, vous répondiez qu’en tant que premier secrétaire du parti et comme candidat, vous avez « toujours été engagé aux côtés de ceux qui se battent pour l’instauration de la démocratie et la défense des droits humains sur le continent » et que vous continuerez à le faire demain. Pouvez-vous citer des exemples précis ?

     Je vous renvoie par exemple à mes prises de positions sur la crise ivoirienne lorsque j'étais le premier secrétaire du Parti socialiste : je n’ai pas hésité à rompre avec certains de mes amis lorsque j’ai estimé qu’ils ne respectaient plus les normes démocratiques. Le PS a également soutenu le combat démocratique de Mahamadou Issoufou, lorsqu’il n’était pas encore président de la République du Niger, mais luttait pour que la Constitution du Niger soit respectée. Je l’ai félicité, lors de notre récent entretien, du succès qui a finalement été le sien. Plus récemment, j’ai exprimé mes doutes sur la validité de la candidature du président sénégalais Abdoulaye Wade. On ne peut que se réjouir de la victoire légitime de Macky Sall, avec lequel je me suis également entretenu avant sa venue à Paris. Le président de la République française a un devoir d’exemplarité : je m’y suis toujours tenu.

     La jeunesse tient une grande place dans votre programme. Vous vous êtes déclaré contre la dernière circulaire restrictive sur les étudiants étrangers en France et vous estimez que l’accueil de ces étudiants contribue au rayonnement de la France. Dont acte. Cependant, au quotidien dans les consulats en Afrique, la réalité est souvent vécue comme arbitraire et vexatoire par les demandeurs de visa. Les interprétations restrictives d’une réglementation déjà dure sont permanentes. Pour un étudiant, un chercheur, un entrepreneur ou un artiste camerounais, l’obtention du visa est une épreuve qui humilie et qui détériore l’image de la France. Il y a un manque de moyens humains criard dans vos consulats, et les agents sont apparemment mal formés. Que comptez-vous faire ?

    Les services de visas à l’étranger sont des services publics qui doivent être irréprochables. Les agents consulaires ne sont pas en cause, même s'il est possible qu'il existe des dysfonctionnements çà et là. Ils exercent un métier extrêmement difficile et ne font qu'appliquer les instructions qui leur sont données par le gouvernement. La droite a, depuis dix ans comme vous le soulignez, considérablement complexifié les conditions d'octroi des visas. Elle a d'ailleurs totalement échoué à atteindre les objectifs de réduction des flux d'immigration qu'elle s'était elle-même fixés. Dans ce domaine comme dans les autres, mon action sera guidée par un souci de justice et de clarté. Les critères seront connus. Les décisions de refus seront mieux motivées. J'ai également proposé que, s'agissant de l'immigration économique, le Parlement français définisse chaque année les conditions de délivrance des visas et un objectif quantitatif. De cette façon, les choses seront totalement transparentes.

     Sur la jeunesse encore. Les nombreux jeunes qui quittent Douala, Yaoundé, Bafoussam, pour franchir le désert, tenter de traverser la méditerranée et venir en Europe, ne sont pas des pauvres hères en guenilles. Ce sont des jeunes, formés, instruits. Ils ont un projet de vie qu’ils ne peuvent réaliser chez eux au Cameroun. Parvenus en Europe, ils sont refoulés comme des chiens ; beaucoup y laissent leur vie. Frontex, le dispositif européen de refoulement des migrants, sous-traité aux pays du Maghreb, sonne comme le nom d’un préservatif. On observe en Europe la pénalisation des migrants. Qu’est-ce que cela vous inspire ? Que comptez-vous faire pour contribuer à l’arrêt de ce drame humain ?

     La France et l'Europe traversent une crise considérable, avec un taux de chômage et une situation sociale très préoccupants. Chacun comprendra que l'accueil des étrangers en Europe doit s'y faire dans le respect des règles. La France restera engagée, au côté de ses partenaires européens, pour lutter avec fermeté contre les filières organisées d'immigration irrégulière. C'est le corollaire indispensable d'une politique plus juste et sécurisante pour les demandeurs de visas et l'exercice du droit d'asile.

    En Afrique, au Cameroun notamment, il existe un potentiel de développement considérable. Il est dramatique que, malgré la richesse potentielle du continent et la croissance économique robuste qu'il connaît, les jeunes africains les mieux formés ne trouvent pas d'emploi dans leurs pays. Le développement économique constituera une priorité centrale de l'effort de coopération de la France, notamment pour encourager l'initiative privée, qui se heurte trop souvent au mauvais fonctionnement des infrastructures publiques et à la corruption.

     La coopération française de proximité a disparu des écrans radars des Ong et associations africaines. L’aide publique au développement (Apd) française transite via le multilatéral et l’Agence Française de Développement (Afd) dont l’ancien directeur appartient à vos équipes. Depuis la réforme de la coopération française mise en œuvre sous Jospin (1997-2002), les associations de terrain ont le sentiment que la France, dont nous partageons la langue et une grande proximité intellectuelle, s’éloigne de l’Afrique des citoyens. Changerez-vous cette évolution dénoncée d’ailleurs par les associations de solidarité internationale en France regroupées au sein du Crid ? Augmenterez-vous l’Apd ?

    La France a, depuis une dizaine d'année, négligé sa politique de coopération bilatérale. Si les français m'en donnent mandat, mon gouvernement engagera  un processus de large consultation, pour préparer un projet de loi d'orientation et de programmation sur la coopération internationale, qui sera soumis au Parlement. Je souhaite notamment que la France relève le défi de porter à 0,7% du revenu national brut son aide publique au développement. Les gouvernements successifs ont beaucoup trop tergiversé : nous en sommes encore loin et reculons même de ce point de vue, comme l’ont démontré les dernières statistiques de l’Ocde. Nous définirons, ce qui n'a encore jamais été fait, une trajectoire ambitieuse mais réaliste pour y parvenir. J'ai également annoncé que je souhaite accentuer le rôle des organisations de la société civile dans notre coopération. C'est pourquoi j'ai proposé de doubler la part de notre aide qui transite par les Ong.

     Vous souhaitez remettre l’Europe dans une perspective de croissance et vous proposez de revoir le récent pacte de stabilité tel qu’il est en cours de ratification dans plusieurs pays européens. Allez-vous proposer à vos collègues européens de revoir les accords de partenariat économique avec les pays africains et contre lesquels les organisations de solidarité internationale en France se sont mobilisées ?

    Les Accords de Partenariat Economique ne fonctionnent toujours pas. Les négociations sont au point mort, certains pays qui ont signé des accords intérimaires souhaitent les renégocier. Il faudra sans doute envisager un changement radical de méthode.

     Vous avez déclaré que vous alliez faire disparaître les « officines » de la Françafrique. Comment vous y prendrez-vous ? Est-ce possible sans s’attaquer aux paradis fiscaux, aux marchés publics truqués en Afrique, aux connivences politiques, à la faillite des administrations publiques africaines ? Aurez-vous une cellule africaine à l’Elysée ? Arriverez-vous, à faire disparaître le mot Françafrique et ses pratiques ?

    J’ai annoncé que je voulais définitivement rompre avec les dérives de la Françafrique. Il ne s'agit pas seulement de faire disparaître la cellule africaine de l'Élysée, nous le ferons, mais d'ériger la transparence en principe cardinal de toute notre diplomatie africaine. Je veillerai tout particulièrement à ce que l'action des acteurs publics soit  irréprochable en la matière. La justice française fera son travail sans entrave sur les affaires dont elle sera saisie. Je souhaite que cet effort de transparence concerne également les grandes entreprises privées, comme le recommande l'initiative « publiez ce que vous payez ». Vous le voyez, nous ferons notre part du chemin. Mais des efforts décisifs en matière de transparence et de bonne gouvernance doivent également être faits par les pays africains eux-mêmes. Ces réformes indispensables ne viendront pas de l'extérieur.

     La diaspora malienne est importante en France. Des grandes villes (Lille, Montreuil, Anger) ont des coopérations décentralisées anciennes et actives au Mali. La démocratie malienne était citée en exemple par les partenaires au développement. Le pays est sous perfusion financière des bailleurs depuis des années. La société civile malienne semble, sinon soutenir, au moins partager beaucoup d’arguments émis par les putschistes qui viennent d’y remettre les institutions en cause. Au-delà de l’effet direct Libyen et djihadiste sur les évènements, comment analysez-vous l’implosion si soudaine de ce pays modèle ?

    Le Mali traverse une crise sérieuse. Elle résulte notamment de l'installation au Sahara d'un véritable sanctuaire pour le mouvement terrorisme international. Aqmi et ses démembrements y prospèrent notamment grâce à toutes sortes de trafics qui traversent cette immensité désertique. Manifestement, les conséquences à long terme de l’intervention en Libye n’ont pas été toutes bien appréhendées. J'ai cependant confiance dans la mobilisation de la Cedeao dont nous coopérons activement avec les pays membres dans la communauté internationale, pour s'attaquer à cette question. J’ai déjà eu l’occasion d’exprimer ma condamnation du putsch, tout comme des déclarations unilatérales d’indépendance du Mnla. L’ordre constitutionnel doit être rétabli pleinement et sans délai, et l’intégrité du territoire garantie dans ce pays.

     Une bonne nouvelle est arrivée du Sénégal voisin. Elle montre que la transition à la tête de l’Etat par des élections est encore possible en Afrique francophone. Pourtant la tentation dynastique, les tripatouillages constitutionnels qui font le quotidien de nos Etats africains, étaient bien présents. Qu’est ce qui a fait renoncer Abdoulaye Wade au coup de force selon vous ?

    L'élection au Sénégal est venue montrer aux sceptiques et aux pessimistes que la démocratie s'enracine en Afrique, que des élections à fort enjeu peuvent s'y dérouler dans des conditions exemplaires. Ce résultat a été permis grâce à la vigilance du peuple sénégalais et à la transparence des procédures de votes. Je souhaite au peuple sénégalais que les élections législatives prévues dans quelques semaines soient marquées par le même esprit. Je forme également le vœu que cette démonstration de démocratie soit entendue sur tout le continent et même au delà.

     Il y a un peu plus d’une année, la France intervenait militairement en Côte d’Ivoire et en Libye, en même temps. Une bonne partie de la société civile et des intellectuels camerounais, à tort ou à raison, y voyaient une résurgence de l’arrogance et de l’esprit colonial français. Au Cameroun, la rue africaine était pro Gbagbo. Qu’en pensez-vous ?

    Dans les deux cas, la France est intervenue dans le cadre d'un mandat défini par le conseil de sécurité des Nations-Unies, pour protéger les populations civiles, ainsi que les ressortissants français, dans le cadre de la Côte d'Ivoire. Je suis favorable à ce que les Nations-Unis fassent prévaloir, chaque fois que cela est possible et nécessaire, le principe de "responsabilité de protéger". Ce principe doit toutefois être appliqué avec discernement, l'ingérence n'étant pas toujours le meilleur chemin de la stabilisation, pensons à l'Irak par exemple. Sur le fond du dossier ivoirien, je rappelle que l’ensemble des partis ivoiriens s’étaient mis d’accord, à Pretoria en 2005, pour que l’Onu accompagne le processus électoral puis, en 2007, en certifie les résultats. Les Nations unies ont rempli cette mission, au premier tour, sans que personne y trouve à redire. Je regrette que les résultats certifiés par les Nations Unies au second tour n’aient pas été acceptés par Laurent Gbagbo. Le respect du vote est un principe fondamental, sans lequel il ne peut y avoir de démocratie. Je sais que le travail des Nations Unies a été contesté, mais pour ma part je reste convaincu de l’utilité et de la légitimité de cette organisation essentielle.

     Une élection présidentielle s’est déroulée au Cameroun en septembre 2011. Deux dispositifs de suivi du scrutin portés par les acteurs de la société civile (Transparency international sur financement de l’Ue, et Un Monde Avenir pilotant un ensemble d’Osc sur financement de l’Onu), ont clairement documenté que le scrutin était entaché de telles irrégularités qu’il ne pouvait asseoir la légitimité du vainqueur. Après une courte prise de distance diplomatique, les chancelleries, notamment la France et l’UE, ont vite tourné la page. La nouvelle aristocratie politico-administrative du système Biya peut continuer tranquillement le pillage des ressources du pays (forêts, mines, productions agricoles) et étrangler le processus démocratique. Les intérêts français sont puissants au Cameroun (Bouygues, France Télécom, Bolloré, Pmu). La diplomatie de votre pays semble très indulgente pour le régime. Pourquoi ?

    Il y a effectivement encore des progrès importants à réaliser pour améliorer la gouvernance démocratique au Cameroun, comme dans d’autres pays. Mais ce n'est pas à la France de porter, seule, un jugement unilatéral sur tel ou tel processus électoral. C'est, comme je l’évoquais plus haut, le rôle des institutions régionales, de l'Union africaine et des Nations-Unies.

    J'ai la conviction que le décollage de l'Afrique ne pourra pas faire l'impasse sur une amélioration de sa gouvernance. La France apportera tout son concours aux pays désireux de progresser dans ce domaine. Nous apporterons également, dans tous les pays où notre coopération sera présente, un appui plus important qu'il ne l'est actuellement à la société civile, et nous serons attentifs à la liberté d'expression de toutes les sensibilités.

     Un dernier mot, un bon mot. Vous les aimez, dit-on : la Corrèze ou le Zambèze ?

     Les deux! Nos destins sont tellement liés. L'Afrique a besoin que l'Europe se redresse, sorte de cette crise économique qui tient l'économie mondiale au bord du gouffre : nous somme vos premiers clients. Mais la France a également besoin de l'Afrique, de son inventivité, de sa croissance. L'Afrique est un marché important pour nos entreprises. Je souhaite construire, avec les pays africains, notamment francophones, un partenariat plus fort, rénové et équilibré. C'est notre intérêt mutuel.

     Nous vous remercions, Monsieur Hollande, pour votre disponibilité, et vous souhaitons bon vent.

    Propos recueillis pour Le Messager par Christophe Courtin

    (Ndlr : les passages soulignés le sont de la Rédaction).


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  • Elections européennes pour les Français de l’étranger,

      Selon les engagements de François Hollande, il est prévu que les Français à l'étranger puissent voter aux élections européennes mais aussi qu'ils aient des sièges réservés au Parlement Européen. Je cite l'extrait du projet de la FFE qui y en traite, page 39 :
    "A l'instar de leurs concitoyens de métropole et d'outre-mer, ils participent à la vie politique française. Ils élisent les 155 Conseillers à l'AFE et sont représentés au Sénat par 12 Sénateurs. L'élection de 11 députés par les Français de l'étranger va parfaire notre démocratie en complétant la représentation parlementaire des Français de l'étranger. Il conviendra aussi de modifier la loi relative aux élections des Députés européens français afin de réserver un des 74 sièges aux Français établis hors de France et  d'Europe. La législation et la règlementation relatives au Conseil économique, social et environnemental seront révisées en sorte que les Français établis durablement hors de France et les étrangers y soient représentés par trois membres élus par l'AFE pour les premiers et cinq membres élus par leurs associations représentatives pour les seconds".

     Une bonne raison de voter Jean-Daniel Chaoui, candidat du Président Hollande aux élections législatives du 3 et 17 juin 2012


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     Le vote utile pour le changement

     Ëtre parmi les 11 premiers députés représentants les Français de l’étranger à sièger à l’Assemblée nationale sera une perspective passionnante.  J’ai une expérience d’élu comme Conseiller des Français de l’étranger depuis 2009, j’ai travaillé dans 5 pays de la circonscription , et je vis depuis plus de 25 ans dans cette région. Je suis donc, parmi les 19 candidats, l’un de ceux sinon celui qui connaît le mieux nos problèmes, que l’on soit expatriés, résidents ou double-nationaux. Je représente non seulement un parti politique majeur, le Parti Socialiste, mais je suis aussi le candidat du changement pour donner une majorité au Président François Hollande.

     Mon programme est édité dans un document intitulé « Mes 45 propositions pour la 10ème circonscription ». Je vous invite à le découvrir en allant sur mon site http//legislatives2012.jdchaoui.com/ 

    Il repose sur 5 idées fortes :

    Pour une administration consulaire pour tous, rénovée et accueillante.

    Pour une école ouverte et accessible à tous, pour un enseignement de proximité.

    Pour une protection sociale renforcée et un accès à la santé pour tous.

    Pour le développement d’un enseignement professionnel à l’étranger.

    Pour que la bi-nationalité soit une chance.

     

    Les Français seront cohérents avec eux-mêmes. Le vote utile sera important, dès le premier tour, pour apporter au Président Hollande la majorité dont il a besoin pour mettre en place le changement. Vous y veillerez en portant à l’assemblée nationale l’un des vôtres.

     Jean-Daniel Chaoui

    Candidat du Parti Socialiste pour la 10ème circonscription.

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    Najat Vallaud-Belkacem attaquée par une candidate FN sur sa double nationalité

    Najat Vallaud-Belkacem, candidate PS aux élections législatives dans le Rhône et pressentie pour entrer au gouvernement, a été attaquée samedi sur sa double nationalité française et marocaine par une opposante FN.
    Nicole Hugon, candidate FN dans la 4e circonscription du Rhône où se présente également Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré que celle-ci était "contre la nationalité française et la préférence nationale chez nous", en dénonçant son "double langage", dans l'émission "La voix est libre" sur France 3 Rhône-Alpes, en partenariat avec le quotidien régional Le Progrès et l'AFP.


    Mme Vallaud-Belkacem lui a rétorqué que "la double nationalité non seulement est permise" mais "fait partie des plus belles valeurs" de la République.
    La porte-parole de François Hollande pendant la présidentielle a souligné que le nouveau président de la République allait rendre hommage mardi à Marie Curie, prix Nobel de physique et chimie, d'origine polonaise.
    "Je ne suis élue que dans la République française. Les seuls à qui je doive rendre des comptes aujourd'hui ce sont les Français, le peuple français, auquel j'ai décidé de me consacrer", a ajouté l'adjointe au maire de Lyon et conseillère générale du Rhône.
    Interrogée sur son appartenance jusqu'en décembre dernier au Conseil de la communauté marocaine de l'étranger (CCME), elle a expliqué qu'il s'agissait d'une "participation bénévole à un organisme consultatif".
    "Lorsque vous êtes d'une nationalité étrangère mais installé en France, vous pouvez aussi constituer une sorte de passerelle entre votre pays d'origine et votre pays de citoyenneté", a-t-elle ajouté, relevant l'intérêt de "développer de meilleures relations culturelles" et "même économiques" avec "les pays qui nous entourent".
    Entre les deux tours de l'élection présidentielle, une responsable UMP, Valérie Rosso-Debord, avait accusé à tort Najat Vallaud-Belkacem d'appartenir à ce CCME, estimant qu'elle était "prête à défendre l'identité marocaine".
    Au sujet de sa possible entrée dans le prochain gouvernement et du maintien par conséquent de sa candidature pour les législatives, dans une circonscription conservatrice, Mme Vallaud-Belkacem a affirmé être "bel et bien aujourd'hui candidate".
    "J'y vais avec un véritable enthousiasme car j'estime qu'il n'y a aucun territoire qui soit promis ad vitam aeternam à un camp plutôt qu'à un autre. Cette circonscription qui a toujours été de droite peut très bien basculer parce que là aussi les habitants aspirent au changement", d'après elle.

     

    Le Parisien du 13 mai 2012.


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