• Soupçon de Campagne électorale aux frais de l'Etat / Le mensonge systématique : une philosophie déviante de N.Sarkozy.

    HUFFINGTON POST

    En association avec le journal Le Monde

    Première Publication: 28/03/2012 12h17 Mis à jour: 28/03/2012 18h35

    Soupçon de Campagne électorale aux frais de l'Etat

    Ce qui peut surprendre de la part de l’UMP, c'est le nombre de courriels adressés davantage que leur nature. "Nicolas Sarkozy a choisi d'inonder les électeurs de mails, ce qui est contre-productif. Nous nous apprêtons nous mêmes à en envoyer. Mais nous souhaitons le faire de manière ciblée", note Claudine Lepage, sénatrice PS des Français de l'étranger, en charge du dossier au Parti socialiste.

    Face à cette débauche de moyens aussi surprenante que légale, l'opposition accuse surtout le gouvernement de faire campagne aux frais de l'Etat. Car ces efforts -louables- d'information politique ont été précédés d'une série d'attention toutes particulières de la part de l'exécutif.

    Un secrétariat d'Etat spécialement dédié aux Français de l'étranger a vu le jour en juin 2011 pour être "au plus près des préoccupations" des expatriés, selon le ministre des Transports, Thierry Mariani, en charge du dossier à l'UMP, et lui-même candidat à la députation dans la 11e circonscription (Russie, Asie, Océanie). Confié à l'ancien judoka David Douillet, puis, lorsque celui-ci a été appelé au ministère des Sports, à un protégé de Brice Hortefeux, Edouard Courtial, le ministère est assimilé par le PS a une véritable entreprise de lobbying électoral.

    Pour Claudine Lepage, "M. Courtial est un agent électoral. Dans tous ses déplacements, payés par la République, il y a bien sûr des réunions UMP", nous a-t-elle confié. "Mon seul combat, c'est celui de la participation", esquive Edouard Courtial.

    Le découpage des circonscriptions législatives à l'étranger a, lui aussi, fait l'objet d'une attention toute particulière d'Alain Marleix, ancien ministre et M. Elections de l'UMP. "Le choix de regrouper le Portugal et l'Espagne avec Monaco, ou l'Italie avec Israël, avait évidemment vocation à compenser le vote gauche-droite en faveur du gouvernement", assure Claudine Lepage.

    Les détracteurs de l'UMP, tout comme la presse expatriée, n'ont d'ailleurs pas manqué de relever l'omniprésence des ministres candidats aux législatives dans leurs toutes nouvelles circonscriptions, et ce grâce aux moyens de la République. Thierry Mariani, ministre des Transports, s'est ainsi déplacé à 24 reprises en un an dans sa circonscription Asie-Océanie. Ainsi, le 15 mars dernier, le ministre était-il l'invité d'honneur de l'Union des français de l'étranger à Shenzen (Chine), relève non sans ironie lepetitjournal.com, évoquant "une nouvelle coïncidence de calendrier".

    Aux Etats-Unis, c'est un autre ministre UMP, Frédéric Lefebvre, candidat dans cette circonscription, qui a vu ses déplacements ministériels passés au peigne fin par ses adversaires politiques. Le ministre a lui-aussi été cité par l'opposition socialiste dans la lettre qu'elle a adressée à la Commission des comptes e campagne pour se plaindre de la confusion des genres pratiquée par les ministres-candidats.

    Une confusion des genres sur laquelle la Commission des comptes sera amenée à se prononcer, mais après les élections.

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     Blog du Parti Radical

    Le mensonge systématique : une philosophie déviante de N.Sarkozy.

    30 mars 2012

     

    Récession, pouvoir d’achat : Nicolas Sarkozy invente une exception française

    "La France est le seul pays à ne pas avoir connu la récession depuis 2009 et le seul pays qui a connu chaque année une hausse de pouvoir d'achat."

    Ce qu'il a dit : "Il y a un pays occidental, un seul, qui depuis le deuxième trimestre 2009 n'a pas connu la récession, c'est la France. Il y a un seul pays qui, depuis 2007, a connu chaque année une augmentation du pouvoir d'achat des Français, c'est la France." Nicolas Sarkozy, au micro d'Europe 1, vendredi 30 mars.

     

    Pourquoi c'est  faux ?

    La tentation de l'exception. A moins d'un mois du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy a profité de son passage sur Europe 1 pour annoncer des chiffres positifs sur la baisse du déficit, plus forte que prévu même si la dette, elle, se creuse de manière plus importante. Et le président-candidat en a profité pour vanter son bilan économique, quitte à l'enjoliver quelque peu.

    1/ Une dizaine de pays de l'OCDE n'ont pas non plus connu de récession depuis 2009

    M. Sarkozy a déjà par le passé cédé à cette tentation, qui consiste à assurer que la France est le "seul pays en Europe" à connaître une situation moins défavorable qu'ailleurs. Cette fois, l'adage s'applique à la récession.

    On définit la récession par deux trimestres consécutifs de croissance négative du produit intérieur brut (PIB). La France a connu un tel épisode en 2008, avec quatre trimestres négatifs d'affilée. Depuis, notre pays a connu quelques trimestres de croissance négative, mais jamais deux d'affilée, même si la chose a failli survenir fin 2011. Jusqu'ici, Nicolas Sarkozy a donc raison.

    Mais dire que la France est le seul pays occidental à être dans ce cas est tout bonnement faux. Le tableau ci-dessous, extrait de la base de données de l'OCDE, présente la croissance du PIB par trimestre dans un certain nombre de pays occidentaux.

    Et il est aisé de constater que l'Autriche, le Canada, le Danemark, la Finlande, l'Allemagne, la Pologne, la Slovaquie, la Suède, la Suisse, la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis n'ont pas non plus connu deux semestres d'affilée de croissance négative, donc de récession, depuis le deuxième semestre 2009.

    De même, la France n'est pas le seul pays à n'avoir connu qu'un seul trimestre de croissance négative depuis cette date, puisque c'est aussi le cas de l'Allemagne ou des Etats-Unis, tandis que la Pologne ou la Suisse n'en ont pas connu du tout.

     La France n'est donc pas seule. Et la chose s'applique également à la seconde affirmation de M. Sarkozy, sur le pouvoir d'achat.

    2/ Le pouvoir d'achat n'a augmenté "chaque année" depuis 2007 en France que globalement, pas par ménage

    M. Sarkozy assure par ailleurs que depuis 2007, le pouvoir d'achat est en hausse constante en France. Or, ce n'est vrai qu'en comptant d'une certaine manière.

    Comme nous l'avions déjà expliqué, le pouvoir d'achat est calculé par l'Insee "au sens du revenu brut disponible des ménages" (RBD). En clair, les revenus moins les prélèvements obligatoires. Ce qu'on mesure ensuite, c'est la variation de ce ratio. S'il augmente plus vite que l'inflation, il y a croissance du pouvoir d'achat.

    Si l'on s'en tient à ce chiffre, M. Sarkozy a raison : le pouvoir d'achat du RBD a augmenté de 3% en 2007, 0,4% en 2008, 1,3% en 2009 et de 0,8% en 2010, et 0,4% en 2011, selon l'Insee.

    Mais cet indicateur est quelque peu trompeur. Car il ne tient pas compte du facteur démographique : la population française croît (1,7 million de personnes depuis 2007, selon l'Insee), et avec elle le revenu des ménages. C'est pourquoi on tend à calculer le pouvoir d'achat en le ramenant à chaque ménage.

    Et si on fait ce calcul, les résultats sont différents : le pouvoir d'achat par ménage a reculé par deux fois, en 2008 (-0,6%) et en 2010 (-0,2%)

    . 3/ D'autres pays d'Europe ont connu une croissance continue de leur pouvoir d'achat

    Reste la comparaison européenne. Elle n'est pas évidente à établir car tous les pays ne comptabilisent pas le pouvoir d'achat de la même manière. On peut cependant se baser sur un indicateur de l'office européen de statistiques Eurostat : l'évolution du revenu disponible net des ménages et des associations (en euros), qui correspond aux revenus moins les prélèvements obligatoires.

     En prenant ces chiffres d'Eurostat sur le revenu disponible, il suffit de faire le calcul des variations d'une année sur l'autre pour obtenir un indicateur qui, sans être l'exact reflet du pouvoir d'achat, permet au moins de constater si d'autres pays que la France augmentent en continu durant ces années, en l'occurrence jusqu'en 2010, dernière date disponible auprès d'Eurostat. Et c'est le cas dans quatre pays autres que la France : Belgique, Danemark, Slovaquie et Finlande.

    On peut recouper ce raisonnement avec un autre indicateur : l'évolution du PIB par habitant en standard de pouvoir d'achat. Là aussi, si la France connaît une hausse, elle n'est pas seule. D'autres pays (Belgique, Slovaquie...) connaissent une hausse continue. Une fois encore, notre pays n'est pas donc pas seul au monde, contrairement à ce qu'aimerait faire croire Nicolas Sarkozy.

    Samuel Laurent

    source : http://decodeurs.blog.lemonde.fr/


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