• Vote hors de France : première analyse / La presse dans la Campagne autour du candidat PS aux élections législatives Jean-Daniel Chaoui ; Les élections présidentielles françaises s’invitent

    Vote hors de France : première analyse.

     Les Français de l'Etranger se distinguent des Français de France dans le sens ou l'on n'observe pas les mouvements et déplacements d'opinion remarquables en métropole, à la fois en terme de participation (elle est en baisse à l'étranger alors qu'elle dépasse 80% en France) et en rapport de force entre N. Sarkozy et F.Hollande (N Sarkozy maintient globalement ses positions en dehors des deux "bastions de gauche que sont la 7ème circonscription et la 9ème circonscription) .

     Pour notre circonscription, la 10ème des Français de l'Etranger, le rapport droite/ gauche reste très favorable à la droite, comme en 2007 / Sarkozy+Le Pen+Nicolas Dupont -Aignant = 50,75%, Hollande+Joly+Mélenchon+Arthaud+Poutou=40,01%. Le report des voix de Bayrou 8,89% ainsi que celui de Le Pen sur N. Sarkozy sera intéressant à observer pour le deuxième tour.

    Nos points forts demeurent les pays francophones où FH dépasse partout les 40% voir les 50% au premier tour (44% à Madagascar, plus de 50% au Togo... Nos points faibles sont aussi identifiés / Djibouti et le Gabon montre que le vote militaire reste un vote très à droite / Le moyen Orient avec particulièrement le Liban où même si FH progresse de 14,5% à plus de 20%, le différenciel est énorme car N. Sarkozy dépasse les 50% au premier tour.

    Ne gâchons cependant pas notre plaisir, nous aurons, nous l'espérons, plus, nous l'attendons, un Président de la république de gauche au soir du 6 mai. Rien n'est jamais acquis d'avance mais cela se présente bien. Nous en tirerons alors les conséquences pour la campagne des législatives qui entrera dans sa deuxième phase. La défaite de la droite ouvrirait une situation politique nouvelle et A.Marsaud n'est pas N.Sarkozy. Rendez-vous au lendemain du 6 mai.

    J'ai fait un débat en léger différé avec Alain Marsaud sur RFI Afrique avec le journaliste Philippe Boisbouvier le lundi 23 mai, diffusé à 7h 40 et 10h40, essentiellement sur l'analyse des résultats du premier tour des présidentielles. Certains l'ont peut-être entendu, il sera sur le site http//www.legislatives2012.jdchaoui.com

     8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

     La presse dans la Campagne autour du candidat PS aux élections législatives Jean-Daniel Chaoui

     Les élections présidentielles françaises s’invitent à Madagascar avec une démarche inédite : le porte à porte électoral !

     Les Français de Tananarive comme tous ceux de Madagascar, voteront dimanche prochain, 22 avril 2012, pour élire le Président de la République Française pour cinq ans. L’élection s’annonce serrée entre principalement le Président sortant, Nicolas Sarkozy, et le candidat du Parti Socialiste, François Hollande, ce dernier étant en tête dans les sondages pour la victoire finale. Le deuxième tour aura lieu le 6 mai.

     Les représentants de François Hollande et la section du Parti socialiste à Tananarive s’activent, sous la houlette de Jean-Daniel Chaoui, Conseiller à l’AFE (Assemblée des Français de l’Etranger) et candidat PS à l’élection législative, et de Jean-Paul Nicoli, Secrétaire de la Section PS, depuis des semaines pour informer l’électorat franco-malgache des enjeux de cette élection et pour les encourager à se déplacer pour aller voter.

     La démarche du porte à porte est inédite à Madagascar. Nous avons suivi une équipe en campagne vers Ivato puis à Tsaralalana (Photos jointes). L’accueil est réceptif. Les franco-malgaches sont d’abord surpris puis ravis que l’on s’intéresse à eux et que l’on prenne le soin de venir chez eux pour leur parler et les inviter à une réunion de quartier où Jean-Daniel Chaoui et Jean-Paul Nicoli présentent le programme socialiste pour les Français de l’étranger. Près de 3000 électeurs ont ainsi été contactés et leur première réunion a rassemblé plus de 150 personnes, « un vrai meeting de campagne » selon Jean-Daniel Chaoui.

     Deux questions aux organisateurs.

     Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre une telle démarche ?

     Jean-Daniel Chaoui : D’abord, l’exemple de la France. Le PS est un parti populaire, proche des gens et le porte à porte est un moyen irremplaçable pour rencontrer nos compatriotes et pour leur exposer les enjeux de cette élection. Mais aussi et surtout à cause de la situation particulière créée en France par les remises en cause de la binationalité, la stigmatisation des étrangers à chaque détour de phrase de la part du Président Sarkozy comme de Marine Le Pen. Cette dérive droitière de l’UMP est insupportable et fragilise la situation des Franco-malgaches qui doivent réagir avec leurs bulletins de vote. Nous sommes venus leur dire qu’ils devaient se mobiliser pour défendre leur situation.

     Que pensez-vous du scrutin de dimanche prochain ?

     Jean-Paul Nicoli : Ce sera un premier tour très serré entre Nicolas Sarkozy et François Hollande. Rien n’est jamais gagné d’avance et j’invite tous les électeurs qui souhaitent un changement à se rassembler sur le vote François Hollande. Rappelons-nous le 21 avril 2002. Chaque vote compte pour tourner la page du sarkozysme qui restera une page peu glorieuse de notre histoire.

     Midi Madagascar

     8888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888888

     L’interview

     Jean Daniel Chaoui

     « Bientôt, un député pour les Français de l’étranger »

     En cette période d’élections présidentielles, la préparation de l’élection pour un représentant des Français de l’étranger à l’Assemblée nationale passe presque inaperçue. C’est pourtant une première dans l’Histoire de la République qui verra l’élection de 11 députés, soit un par circonscription (lire l’encadré). Notre équipe a rencontré Jean Daniel Chaoui, résident à Madagascar, qui se présente sous la bannière du Parti Socialiste pour la dixième circonscription. Le Conseiller élu pour l’Océan Indien à l’Assemblée des Français de l’étranger nous éclaire sur le profil de ces Français, dresse un bilan des problématiques rencontrées et explique le bien-fondé de ces élections.

     Le Memento : Pouvez-vous résumer la genèse de ces élections à venir le mois prochain. Pourquoi et comment ces nouveaux députés vont représenter les Français de l’étranger ?

     Jean Daniel Chaoui : Ces élections sont issues d’un projet porté à la fois par le PS et l’UMP, et par les associations Français du Monde-ADFE et l’UFE (Union des Français de l’Etranger). Ce projet a abouti à une révision de la Constitution en 2008 afin de permettre ces élections qui intéressent plus de deux millions de Français qui n’étaient pas représentés à l’Assemblée Nationale. Toutefois, je tiens à souligner qu’il n’y aura pas d’augmentation du nombre de députés à l’Assemblée Nationale Française. Ces élections se feront au détriment d’autres candidats en Métropole où seront supprimé onze postes de députés.

     Le Memento : Les Français de l’étranger se distinguent à chaque élection par leur faible taux de participation. Quelle est votre analyse sur ce point et qu’en est-il à Madagascar ?

     Jean Daniel Chaoui : Il y a deux raisons à ce que l’on prend à tord pour un désintérêt.

    La première est le manque de proximité des bureaux de vote. A Madagascar par exemple, qui a voté au second tour en 2007 à hauteur de 47,5% des votants, nos compatriotes ne peuvent pas faire des centaines de kilomètres pour trouver un bureau de vote. Ceux-ci ont souvent de surcroît peu de ressources financières. Nous pensons qu’avec plus de bureaux de vote, le taux de participation doit évoluer. Aussi cette année, l’administration a fait un gros effort et nous aurons 17 bureaux de vote dans le pays, au lieu de 10 les autres années.

    La seconde est le « décrochage culturel et citoyen », le manque d’information et le désintérêt qui s’installe pour la vie citoyenne. D’où l’importance d’avoir des élus actifs et une administration très ouverte. La mise en place du vote par Internet et du vote par correspondance va aussi dans le sens de facilité la participation au vote.

     Le Memento : Vous soulevez le problème des ressources plutôt faibles de ces Français loin de l’Hexagone. Pourtant ils sont souvent perçus à tort comme de riches rentiers hérités de la colonisation. D’après vous, même si certaines familles ont fait fortune,  pourquoi autant de nos compatriotes sont aussi démunis ? A Madagascar, nous sommes classés au bas du tableau dans ce domaine…

    Jean Daniel Chaoui : Les anciennes colonies ont généré des populations qui ont fait souche et se sont mêlées aux populations locales avec des riches et des pauvres. Mais aussi, à l’indépendance, la population résidente à Madagascar pouvait choisir de rester française en faisant une déclaration auprès de l’administration française. Certains l’ont fait et ils sont demeurés français, aujourd’hui double-nationaux. Ici à Madagascar le profil majoritaire typique est celui d’un Français assez modeste financièrement avec une tendance à voter à gauche. Cette situation est une raison de plus pour les aider davantage avec des représentations à l’Assemblée Nationale.

     Le Memento : Sans entrer dans le programme du PS, quel est votre constat ? Quelles sont les urgences ?

    Jean Daniel Chaoui : Le premier constat que nous faisons, c’est que la politique d’austérité mise en place par le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux avec les départs à la retraite, a vraiment mis les consulats en difficulté. Les fonctionnaires sont débordés et les dossiers ne sont plus traiter en temps raisonnable. Il n’est pas normal qu’il faille attendre 2 ou 3 ans pour un certificat de nationalité par exemple.

    L’autre urgence tient dans la scolarité. Depuis que le gouvernement a instauré un « plafond d’emplois », le recrutement des enseignants est bloqué au niveau mondial, et les établissements sont obligés de recruter localement des enseignants sur leurs fonds propres. C’est pénalisant, cela met en danger des écoles et entraîne la fermeture d’autres. Ainsi, à Madagascar, Anthala, Mananakara, Fort-Dauphin se sont vus retirer leurs enseignants Français titulaires et leur situation est devenue forcément précaire.  A Fianarantsoa, la section lycée a été fermée. Cette politique de centralisation de l’enseignement sur Tananarive abandonne nos compatriotes de province. Je ne peux qu’exprimer mon total désaccord.

     Le Memento : Il y a aussi le problème des fermetures de classes, de la gratuité des frais de scolarité remise en cause…

    Jean Daniel Chaoui : En effet, la gratuité des frais de scolarité a commencé par les classes de Terminale, puis les Première et les Seconde, et tout s’est arrêté pour des raisons de restrictions budgétaires. Sur le sujet je suis en accord avec le Conseiller Xavier Desplanques de l’UFE. Cette gratuité a été financée par des restrictions au niveau des bourses dont les critères d’attribution ont été durcis, les frais d’écolage ont été augmentés ce qui a pénalisé surtout les non-Français

    Nous pensons qu’il fallait faire l’inverse en commençant par les classes Maternelle et aller vers les Terminale progressivement. Cela aurait été déjà plus égalitaire car  en finançant les lycéens uniquement, on n’aide que ceux qui ont déjà en partie réussi et non ceux qui en ont besoin plus tôt dans leur scolarité.

     Le Memento : C’est assez rare pour être souligné : les relations que les Conseillers entretiennent sont plutôt bonnes. Vous venez de citer Xavier Desplanques avec qui vous menez des combats communs, partagez-vous le même combat sur la Sécurité Sociale par exemple ?

     Jean Daniel Chaoui : Il est vrai que nos avis sont souvent proches. Mais ce n’est pas le cas avec tous. Par exemple, Patrick Martin, représentant le Candidat UMP Alain Marsaud aux législatives, s’était prononcé favorablement pour le projet de fermeture des écoles contre l’avis de Xavier Desplanques et de moi-même.

    Sur le plan social, il n’est pas normal que les Français de l’Etranger, souvent modestes comme nous venons d’en parler, soient exclus du système. Il y avait eu une petite avancée sous le gouvernement Jospin en accordant 1/3 de financement de la CFE* aux personnes en difficulté mais c’est insuffisant. Même remarque avec l’allocation vieillesse, équivalent de la retraite, de l’ordre de 140 euros par mois… D’une manière générale, les fonds sont sous-estimés. Comment voulez-vous protéger plus de 2 millions de personnes avec seulement 16 millions € annuels ? Un autre exemple est significatif avec seulement 8 assistantes sociales qui nous sont dédiées à travers le monde (dont deux sont à Madagascar, preuve que les besoins sont importants dans le domaine NDLR).

     En bref, pour nous, l’élection de députés pour la défense des Français de l’Etranger n’est qu’une étape. Nous défendons l’idée d’une vingt quatrième région française qui engloberait tous ces Français du monde. Ils auraient du coup les mêmes droits que les autres régions françaises.

     

    *Caisse des Français de l’Etranger, la Sécurité Sociale pour les Français de l’Etranger, qu’il faut payer chaque mois.

     Propos recueillis par J. Rombi

     *Caisse des Français de l’Etranger, l’équivalent de la Sécurité Sociale pour les Français de l’Etranger (à payer chaque mois).

     Le Mémento


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :